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Adriana.





Je crois que je vais devenir folle.


Ça fait plus d'une semaine maintenant.

Plus d'une putain de semaine que je supporte Imad, jour et nuit.


Et par "supporter", j'entends devoir le voir traîner constamment dans mon espace vital, squatter le canapé, laisser traîner ses vêtements partout et surtout... parler.


Tout le temps.

Sérieux, ce mec est une machine à conneries.


La nuit est tombée depuis un moment déjà, et nous sommes tous les deux dans le salon. Lui, affalé sur le canapé, moi, jambes repliées sur un fauteuil. L'ambiance est calme, pour une fois. Presque agréable.

Jusqu'à ce qu'il ouvre la bouche.

— Bon, moi, je suis crevé. Je vais me coucher.

Je lève un sourcil, perplexe.

— À cette heure-ci ?

Il hausse les épaules, l'air détaché.

— Bah ouais. Passer une journée avec toi, ça use. Bonne nuit, choupette.

Je le fixe, incrédule. 


Imad ? 

Fatigué à 22 h ?


 Ce mec qui, il y a moins de vingt-quatre heures, a regardé une saison entière de Peaky Blinders en une nuit en hurlant à quel point il voulait devenir Thomas Shelby ? 


Lui qui passe sa vie à traîner sur son téléphone jusqu'à pas d'heure ?


Je le regarde se lever et s'étirer exagérément avant de disparaître dans le couloir. Je me contente de hocher la tête.


Ouais, c'est ça. 

Bonne nuit, mon cul.


Je commence à le connaitre, et je SAIS qu'il ne dort pas maintenant.


Mais après tout, qu'est-ce que j'en ai à foutre ?


Los Maestros.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant