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Adriana.


Je suis seule dans une pièce étrangement vide, plongée dans une obscurité oppressante. L'air semble lourd, comme si chaque respiration était un effort surhumain. J'avance à petits pas, mes mains tendues devant moi pour tenter de me repérer, mais tout ce que je touche, c'est le vide. Une sueur froide dévale ma nuque, et mon cœur tambourine dans ma poitrine.

— Encore un coup merdique de Miguel, je marmonne pour moi-même, dans une tentative pathétique de me rassurer. 


Oui, ça doit être ça. 

Enfin j'espère.


Je prends une profonde inspiration, fermant les yeux pour réguler ma respiration. Il ne faut pas paniquer. Il ne faut surtout pas paniquer. Ça doit être une illusion, un connerie quelconque. Si je garde mon calme, je trouverai une issue.

Mais soudain, un bruit étrange brise le silence absolu. Une voix douce, grave, familière...

— Adriana...

Mon souffle se coupe net, et mes paupières s'ouvrent brutalement. Mon cœur s'arrête presque.


Je reconnais cette voix. 

Entre mille. 


— Alexander ? dis-je, ma voix tremblante, à peine plus forte qu'un murmure.

Je me retourne d'un geste brusque, et là, dans l'obscurité, une silhouette se détache lentement.

C'est lui. 


Ses traits sont nets, ses cheveux désordonnés comme je les ai toujours connus, et son regard est fixé sur moi. 


Mais... il reste immobile, le visage neutre, presque figé.


Sans réfléchir, je me jette à corps perdu vers lui, mes pieds martelant le sol invisible sous moi. Lorsque mes bras l'enlacent enfin, une vague de soulagement m'envahit. 


Il est là. 

Il est réel.

Il est vivant, avec moi.


— Alexander... je suis tellement désolée, je murmure en sanglotant contre son épaule. Je... je te pardonne pour tout, tout ce qui s'est passé. On va réparer les choses, d'accord ? On doit retrouver Julian, on...

— Adriana.

Sa voix calme m'interrompt. Il me repousse doucement mais fermement, s'éloignant juste assez pour plonger son regard dans le mien. Une étrange expression traverse son visage, mélange de douleur et de résignation.

— Ce n'est pas possible.

Je fronce les sourcils, confuse.

— Quoi... ? Pourquoi ? Alexander, qu'est-ce que tu...

Los Maestros.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant