Adriana.
Quand je reprends conscience, tout mon corps proteste. Ma tête tourne, ma gorge est sèche, et une douleur sourde tambourine dans mes poignets. J'ouvre les yeux, clignant pour ajuster ma vision floue, et je comprends que je suis dans une voiture. Le moteur ronronne doucement, et la nuit défile par les fenêtres.
À mes côtés, Miguel est assis, calme, comme si de rien n'était.
— Tu sais ce que ça fait ? demande-t-il soudain, sa voix coupant le silence comme une lame.
Je tourne la tête vers lui, confuse, encore engourdie par la drogue ou l'épuisement.
— Quoi ?
— De voir une personne que tu aimes plus que tout s'éteindre devant tes yeux, reprend-il sans attendre ma réponse, son regard perdu dans l'obscurité devant nous. De voir la vie quitter son corps, la froideur prendre place.
Il marque une pause, ses doigts tapotant le rebord de la portière.
— Une douleur si atroce que tu préférerais qu'on t'arrache le cœur pour que ça s'arrête.
Je ne peux que le fixer, incapable de répondre, mais avant que je n'aie le temps d'articuler un mot, la voiture s'arrête brusquement. La portière s'ouvre de mon côté et un homme me tire violemment dehors.
— Hé ! Où vous m'emmenez ?
Il ne répond pas.
Ses mains me serrent le bras avec une telle force que je suis sûre d'avoir des bleus. Miguel descend à son tour, ajustant sa veste avec sa nonchalance habituelle.
Devant moi, une grande maison se dresse dans la nuit, elle est imposante, presque intimidante, avec une architecture ancienne et majestueuse. Les fenêtres, hautes et étroites, reflètent la lumière blafarde des lampadaires et une lourde porte en bois sombre se dresse au centre de la façade. Un portail en fer forgé, à moitié ouvert, est encadré par deux gardes... enfin, il en reste un.
L'un des hommes est étendu au sol, immobile, une flaque de sang s'étendant sous lui. L'autre est appuyé contre le mur, blessé, sa main pressant une plaie à son genou.
— Dépêchez-vous, ordonne Miguel en avançant d'un pas décidé.
L'homme qui me tient me pousse brutalement, m'obligeant à suivre. À peine franchi le seuil, une odeur familière me frappe de plein fouet.
Le sang.
C'est une odeur métallique, lourde, insupportable, qui me donne instantanément la nausée. Je détourne le visage, inspirant par à-coups pour ne pas vomir, mais cette odeur me ramène des souvenirs que je croyais enfouis. Trop loin. Trop douloureux.
Et puis, je le vois.
Au centre de la pièce, un corps gît, face contre terre. Mon cœur rate un battement.
Non. Non, ça ne peut pas être...
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Los Maestros.
Storie d'amoreDans les coulisses du pouvoir et de la manipulation, trois figures se détachent dans un monde où les émotions sont des outils et la compassion, une monnaie d'échange. Plongée dans un univers où la soif de pouvoir écrase l'humanité et où chaque geste...
