Adriana.
Je suis assise sur le bord du lit, le regard fixé sur la fenêtre, observant l'extérieur comme si la vue pourrait m'offrir une échappatoire. Les marques sur mon corps me lancent à chaque mouvement, un rappel cruel de mon dernier affrontement .
Ils ne m'ont pas ménagée.
Mon corps est couvert de souvenirs laissés par leurs coups : des ecchymoses violacées qui strient ma peau et une douleur sourde dans mes côtes qui refuse de s'atténuer.
Une semaine...
Une semaine à revivre chaque mot qu'ils m'ont dit. Une semaine à me demander si cette vie vaut encore la peine d'être vécue.
J'ai essayé de fuir.
Une fois.
Deux fois.
Peut-être même trois.
Chaque tentative s'est soldée par un échec. Les murs de cette prison sont bien plus hauts que ceux que je peux franchir, et leur emprise bien plus étouffante que je ne l'avais imaginé. La porte s'ouvre soudainement, me tirant de mes pensées. Mes muscles se tendent instantanément.
Miguel.
L'oncle de Nassir.
L'homme qui as provoqué la chute de ma tante, Lydia.
Sa silhouette imposante domine l'encadrement de la porte, et son regard est aussi glacial qu'une lame. Il entre sans un mot, refermant la porte derrière lui avec un calme troublant.
— Ce soir, tu accompagne Nassir pour un échange, déclare-t-il, son ton autoritaire ne laissant aucune place à la discussion.
Je me retourne vers lui, mon cœur battant déjà plus vite, mais cette fois, quelque chose en moi refuse de céder.
— Non, dis-je fermement, ma voix trahissant pourtant ma nervosité.
Il arque un sourcil, un mélange de surprise et d'amusement se lisant sur son visage.
— Pardon ? reprend-il, son ton plus bas, mais infiniment plus menaçant.
Je me lève lentement du lit, mes jambes tremblant légèrement, mais je tiens bon.
— Je ne vais nulle part. Tu peux me descendre si ça te chante, mais je ne participerais pas à tes conneries .
Un silence glacial s'installe entre nous. Puis, il rit doucement. Pas un rire chaleureux, non. Un rire cruel, calculé. Je serre les poings. Mon regard tombe sur un vase posé sur la commode à ma droite.
Sans réfléchir, je l'attrape et le lui lance en pleine tête.
Il l'évite d'un mouvement rapide, et avant que je ne puisse esquisser un autre geste, il est sur moi. Sa main se referme autour de ma gorge, me plaquant violemment contre le mur. Mon souffle se coupe, et mes mains agrippent son bras en vain.
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Los Maestros.
Roman d'amourDans les coulisses du pouvoir et de la manipulation, trois figures se détachent dans un monde où les émotions sont des outils et la compassion, une monnaie d'échange. Plongée dans un univers où la soif de pouvoir écrase l'humanité et où chaque geste...
