Julian.
Les jours passent, et chaque mouvement qu'Adriana fait défile sous mes yeux. Avec cette bague, mon « cadeau », je peux suivre chacun de ses déplacements. Elle n'est pas idiote. Elle sait bien que ce bijou n'est pas un cadeau anodin, mais elle n'a rien dit.
Ça fait une semaine qu'on s'est retrouvés, et à chaque fois que je la vois à travers l'écran, l'envie de la rejoindre est là, viscérale.
Perdu dans mes pensées, j'observe l'écran, le regard rivés sur les mouvements qu'elle effectue dans ce manoir sordide où elle est toujours coincée.
Mais un bruit sec m'interrompt.
TOC. TOC. TOC.
Je fronce les sourcils, espérant que ce soit une erreur ou un voisin un peu trop bruyant. Mais les coups redoublent, insistants. Je me lève en soufflant, déjà irrité, et je vais ouvrir la porte.
Et là... devant moi, Alexander.
Mon sang ne fait qu'un tour. Le souvenir de notre dernier échange refait surface, brutal. L'indifférence, son regard vide. Ce type qui a abandonné celle qu'il considère comme sa soeur alors qu'elle avait besoin de nous. Une partie de moi voudrait claquer la porte, mais la curiosité et peut-être autre chose me retient.
— T'es revenu en Italie pour récupérer les couilles que t'as perdues ?, je demande, un sourire acide aux lèvres.
Il me fixe un instant, ses yeux plongés dans les miens, et pour la première fois depuis des jours, je vois quelque chose de familier dans son regard.
Mais ça ne suffit pas.
— Je ne suis pas là pour discuter de ça, répond-il, d'une voix neutre, comme si notre dernier échange n'avait pas existé.
Je laisse échapper un rire froid.
— Ah, évidemment. Toi, tu ne discutes jamais des choses qui fâchent, pas vrai ?
Il serre la mâchoire, et je sais que je touche un point sensible.
Tant mieux.
Il a besoin de sentir ce que moi, j'ai ressenti.
— Julian, on n'a pas le temps pour ça, répond-il, sa voix basse et tendue.
— Non, mais toi, t'as eu le temps, non ? Tu te rappelles, hein ? Quand elle s'est fait enlever et que tu m'as dit que c'était foutu, que c'était inutile de la chercher ?
Il ne répond rien, mais son regard se durcit, et j'y vois une lueur d'émotion qui me prend par surprise. Il inspire profondément, mais je ne vais pas le laisser s'en tirer aussi facilement.
— Franchement, Alex, j'essaie de comprendre ce qui t'a pris. Où est passé le type que je respectais, celui qui aurait tout fait pour sa famille ?
— Peut-être que ce type est encore là, murmure-t-il, serrant les poings. Peut-être qu'il a juste pris une sacrée claque ce jour-là, comme toi. Et peut-être qu'il essaie de recoller les morceaux à sa façon.
Je le fixe, mes poings se serrant d'eux-mêmes. La colère me bouffe, mais sous cette rage, il y a autre chose. Un relent de cette foutue sensation que je ne peux pas ignorer, même en voulant le détester.
— Ça t'a pris une semaine pour te rendre compte qu'Adriana n'était pas une cause perdue ? ironisé-je, avec un sourire amer.
Il baisse légèrement les yeux, et c'est là que je comprends : il est aussi brisé que moi, même s'il essaie de le cacher.
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Los Maestros.
Roman d'amourDans les coulisses du pouvoir et de la manipulation, trois figures se détachent dans un monde où les émotions sont des outils et la compassion, une monnaie d'échange. Plongée dans un univers où la soif de pouvoir écrase l'humanité et où chaque geste...
