Adriana.
Il me traîne dehors sans ménagement, mes pieds glissant presque sur le sol, et je me retrouve face à une berline noire, vitres teintées. Un cliché ambulant, vraiment.
Évidemment, c'est une foutue voiture de mafieux.
Mon père a la même.
D'ailleurs, je me demande vraiment ce qu'ils foutent tous, j'attends toujours que l'on vienne me récupérer, en fait !
Le type me pousse à l'intérieur et je tombe sur la banquette arrière, la porte se refermant sèchement derrière moi. Je pourrais tenter quelque chose, me défendre... mais à quoi bon ?
Ils sont cinq, je suis seule.
Et franchement, j'ai épuisé mon quota de bravoure pour la journée.
Je m'enfonce dans le siège, le cuir froid contre ma peau, tandis que mes yeux fixent obstinément le vide devant moi. Rien ne bouge. La voiture ne démarre même pas. Je devrais m'inquiéter, mais une part de moi est trop fatiguée pour avoir peur.
Qu'est-ce qu'ils attendent ? Une invitation ?
Et puis, quelques minutes plus tard, la portière s'ouvre de nouveau. Je n'ai même pas besoin de tourner la tête. Je sais qui c'est.
Nassir Amiri.
Je le sens avant même de le voir. Ce connard a cette aura suffocante de type qui se croit au-dessus de tout le monde. Le genre à entrer dans une pièce en attendant que les autres s'inclinent automatiquement.
Le pire ? C'est que ça marche putain !
Aucun mot n'est échangé. Et franchement, tant mieux. Je ne veux pas entendre sa voix de merde, suave et faussement aimable. Non, je préfère ce silence oppressant à n'importe quelle parole qui sortirait de sa bouche. Je fixe droit devant moi, me répétant que ça va aller, que je vais m'en sortir.
Tu t'en es sortie d'autres, Adriana, ce n'est pas le moment de craquer...
Mais quelque chose change dans l'atmosphère. Je tourne légèrement la tête et...
Bingo.
Il me fixe à travers le rétroviseur.
Ses yeux verts, perçants, plantés dans les miens comme des crochets. Un frisson désagréable me parcourt l'échine.
Putain, mais il ne peut pas regarder ailleurs ce taré ? Y'a tout un monde devant nous, il ne veut pas admirer la route, non ?
Ce type... Il se croit tellement supérieur. Tellement sûr de lui. C'est insupportable. J'ai envie de détourner le regard, mais je résiste, ne serait-ce qu'une fraction de seconde de plus. Parce que je refuse de lui donner cette satisfaction.
Putain, fils de...
Finalement, je finis par détourner les yeux, mes doigts serrant le bord de ma robe. Un rire nerveux menace de m'échapper.
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Los Maestros.
RomanceDans les coulisses du pouvoir et de la manipulation, trois figures se détachent dans un monde où les émotions sont des outils et la compassion, une monnaie d'échange. Plongée dans un univers où la soif de pouvoir écrase l'humanité et où chaque geste...
