Julian.
La fumée de ma cigarette s'évapore dans l'air froid de la nuit, mais je ne ressens rien. Pas le froid. Pas la douleur dans ma mâchoire à force de serrer les dents. Rien, à part ce foutu poids dans ma poitrine qui m'empêche de respirer correctement.
Alexander est mort.
Non.
Cette photo, ce message... C'est impossible.
Ça ne peut pas être vrai.
— Julian... murmure Rosa, hésitante.
Je ne réponds pas. Mon regard est rivé sur l'écran du téléphone. Le corps inerte. Le sang. L'angle de la photo est étrange, trop soigné.
Quelque chose cloche.
Je le sens.
— C'est lui... putain, c'est lui... gémit Amara, toujours effondrée au sol, secouée de sanglots.
Je ne peux pas y croire. Je refuse d'y croire.
— Cette photo... Elle pue l'arnaque, je finis par lâcher, la voix rauque.
Rosa relève la tête, surprise. Amara aussi. Elles me fixent comme si j'avais perdu la tête.
— Julian... commence Rosa, la voix douce, précautionneuse.
—Vous ne trouvez pas ça bizarre, vous ? Qui envoie une photo comme ça sans rien dire ?
Amara secoue la tête.
— Quelqu'un qui veut nous prévenir. Ou nous briser...
— Ou quelqu'un qui veut nous manipuler, j'ajoute, les mâchoires serrées.
Elles se taisent. Même Amara, en larmes, semble réfléchir. J'ai peut-être tort, peut-être que c'est mon cerveau qui refuse la réalité. Mais au fond de moi, un putain d'instinct me hurle de ne pas accepter ça.
Je prends mon téléphone et compose un numéro. Le même depuis des années.
Celui de Marco.
Messagerie directe.
— Enfoiré...
Je passe une main dans mes cheveux, à bout. Il faut que je bouge. Rester ici ne mènera à rien. Alors que je m'apprête a retourner a l'intérieur mon téléphone vibre.
Un message.
De Marco.
"Rejoins moi chez moi. Seul. Ne joue pas au con, Julian."
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Los Maestros.
RomanceDans les coulisses du pouvoir et de la manipulation, trois figures se détachent dans un monde où les émotions sont des outils et la compassion, une monnaie d'échange. Plongée dans un univers où la soif de pouvoir écrase l'humanité et où chaque geste...
