Alexander
Je me réveille lentement, comme si mon corps refusait de quitter la chaleur de ses draps, la douceur de sa peau contre la mienne. L'air est tiède, un peu trop silencieux. Mon bras repose sur sa taille, ses cheveux en bataille effleurent ma clavicule.
Je tourne légèrement la tête. Elle dort encore. Sa respiration est régulière, paisible, presque fragile. C'est rare, chez elle. Amara ne montre jamais ce genre de vulnérabilité. Pas même dans ses silences.
Je tends le bras pour attraper mon téléphone posé sur la table de nuit. L'écran m'éblouit quelques secondes.
7h45.
Je le repose sans un mot et referme doucement mon étreinte autour d'elle. Mon nez se perd dans sa chevelure, et je prends une profonde inspiration.
Ce parfum, bordel.
Le même qu'avant.
Un mélange de jasmin et de quelque chose d'inexplicable, que je reconnaîtrais même en pleine tempête.
C'est viscéral.
C'est elle.
Et comme si elle m'avait entendu...
— Toujours le même tic de sentir mes cheveux, Alex ?
Je sursaute à moitié. Sa voix est basse, un peu moqueuse, à moitié endormie. Elle ricane doucement, sans ouvrir les yeux.
— C'est rassurant de voir que certaines choses changent jamais, hein ?
— C'est pas un tic, je murmure contre sa nuque. C'est... un repère.
Elle relève doucement la tête et croise mon regard. Ses yeux sont un peu gonflés, encore voilés de sommeil, mais son sourire se dessine déjà. Elle pose une main sur ma joue, trace la ligne de ma mâchoire du bout des doigts.
— Un repère, hein ? Ça veut dire que j'ai droit à combien de respirations ce matin ? Trois ? Quatre ?
Je l'embrasse. Pas pour la faire taire, non. Pour l'arrêter dans ce jeu auquel je sais déjà que je vais perdre. Un baiser lent, doux, sans tension. Juste... sincère. Et quand nos lèvres se détachent, je murmure contre les siennes :
— Je dois me préparer.
Elle soupire. Un vrai soupir, pas une imitation dramatique.
— Tu pourrais... juste aujourd'hui... rester un peu plus longtemps. On pourrait... je sais pas... faire semblant. Le monde dehors peut bien attendre.
Je me redresse doucement, m'asseyant au bord du lit, le dos tourné. J'enfile lentement mon t-shirt. Son bras glisse sur mes reins.
— Amara...
— Juste une journée. Une seule. T'as pas envie de te rappeler ce que ça fait, de vivre ? Pas survivre, pas courir, pas tout planifier à la minute près. Vivre. Avec moi.
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Los Maestros.
RomanceDans les coulisses du pouvoir et de la manipulation, trois figures se détachent dans un monde où les émotions sont des outils et la compassion, une monnaie d'échange. Plongée dans un univers où la soif de pouvoir écrase l'humanité et où chaque geste...
