Chapitre 40

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Le carrosse avance discrètement dans l'obscurité de la journée arrivant. Le soleil est en train de se lever doucement à l'horizon. Le petit matin est encore frais et les enfants ont été enveloppés dans les couvertures. Bercés par le mouvement du carrosse, les bébés se sont rendormis paisiblement. Les Sultanes Safir et Leyla, assises côte à côte, tiennent chacune leur fils dans les bras. La petite Haya est tenue par Elena Hatun.

Personne ne parle dans ce carrosse, tous sont aux aguets des moindres bruits suspects.

Beynam Agha guide le cochet jusqu'à un endroit sûr aux portes est de la ville. Il connaît une ferme gérée par des membres de sa famille et il sait qu'il pourra cacher tout le monde là-bas.

Le carrosse finit par arriver à cet endroit et un fermier se précipite à la rencontre de Beynam Agha. L'homme à moustache est surpris de le voir si tôt.

– Omar Agha, commence Beynam Agha bientôt accompagné par Mustafa Agha, la famille du Sultan est en danger. Des rebelles sont entrés dans le palais et saccagent la ville. Il faut cacher les Sultanes et leurs enfants.

Omar Agha, dont la ferme si reculée fait qu'il n'est pas au courant des tensions de la capitale, ouvrent de grands yeux.

– J'espère qu'il n'est rien arrivé à sa Majesté, commente Omar Agha.

– Amen, répond Mustafa Agha dans un murmure.

– Omar Agha est ce que tu peux cacher les Sultanes et leurs enfants ? Reprend Beynam Agha en posant tout son espoir sur cet homme qui est son oncle.

Le fermier hoche fébrilement la tête avant de dire en les invitant à le suivre :

– Il y a la grange, ce n'est pas le luxe mais au moins personne n'y va.

Il ouvre la porte de la grange et Beynam Agha l'inspecte d'un regard perçant avant de faire un signe au cochet de s'avancer vers la porte.

Mustafa Agha se tourne vers le fermier pour demander des coussins et des sièges pour les Sultanes et ce dernier retourne chez lui pour aller en chercher. Puis, le Chef des Eunuques ouvre la porte du carrrosse et tend sa main aux différentes femmes pour les aider à descendre du véhicule. Elles entrent par la suite sans bruit dans la grange.

Peu de temps après, les femmes de la famille d'Omar arrivent avec des coussins et des plateaux chargés de boissons et de petits pains.

– Pour que vous vous réchauffiez Sultanes, leur indique la femme d'Omar, une vieille femme aux cheveux gris.

La Sultane Samira remercie les femmes d'un sourire avant que ces dernières ne se retirent. Beynam Agha s'approche alors de la Valide Sultane.

– Il faut aller à Edirne s'assurer que le Sultan est toujours en vie, le somme la Sultane en essayant de ne pas parler trop fort.

Beynam Agha hoche la tête.

– Je vais envoyer deux hommes qui me sont loyaux Sultane, opine-t-il.

La Sultane hoche la tête et Beynam Agha quitte la grange d'un pas rapide avant de prendre l'un des cheval du carrosse. Il monte à cru sur la monture et part rapidement au galop.

Deux jours ont passé depuis qu'Osman a trahis son frère. Mehmet a été soigné et ses jours ne sont plus en danger. Hassan Bey a fait renforcer la sécurité autour du pavillon de chasse et fait goûter chaque plat qui sont adressés à sa Majesté. Mehmet reprend des forces petit à petit et il arrive maintenant à s'asseoir pour manger. La blessure dans son dos lui a fait une belle cicatrice qui ne devrait pas partir.

SultaneOù les histoires vivent. Découvrez maintenant