L'obscurité du matin règne dans les couloirs. Ces derniers sont éclairés avec de petites torches accrochées aux murs en marbre beige. Fatma Hatun, Mustafa Agha marchent rapidement. La vieille Kalfa cache quelque chose dans la manche de sa robe verte et or. L'eunuque ne cesse de tourner la tête derrière eux pour surveiller s'ils ne sont pas suivis.
Il faut dire qu'ils risquent gros à ce moment là.
Les deux serviteurs arrivent dans un coin reculé du palais où les attend Esra Kalfa. La jeune Kalfa trépigne sur place. Lorsqu'elle voit arriver Fatma Hatun et Mustafa Agha, elle éprouve un intense sentiment de soulagement.
– Vous l'avez ? Leur demande-t-elle impatiente.
Mustafa hoche gravement la tête avant d'ajouter :
– Cela n'a pas été simple mais une concubine nous a aidés à détourner son attention.
Fatma Hatun sort le poignard de sa manche. Le-dit poignard est une lame assez richement ouvragée. Le manche est bleu azur et comporte des incrustations de pierres précieuses dedans. Sa lame très fine laisse les trois serviteurs assez perplexes.
– Il n'est pas d'ici, finit par dire Fatma Hatun.
Les deux autres approuvent.
– Leyla n'a aucune arme en sa possession, assure Esra Kalfa, ce ne peut pas être à elle.
Soudain Mustafa Agha a une idée.
– Il nous faudrait l'avis de Hassan Bey, cet homme s'y connaît en arme. Je suis sûr qu'il pourrait nous indiquer l'origine de ce poignard.
Esra et Fatma sont du même avis.
– Je vais le ramener discrètement à la Sultane et la convaincre d'aller demander à Hassan Bey.
Cette phrase sonne comme une fin de discussion et les trois serviteurs se séparent. Esra emporte avec elle l'arme du crime.
Lorsqu'elle arrive dans la chambre de la Sultane, le jour se lève doucement. Les enfants et la Sultane dorment à poing fermé. Esra s'approche doucement du lit de la Sultane puis lui tapote doucement l'épaule afin de la réveiller. Leyla sursaute légèrement avant d'ouvrir les yeux.
– Pardonnez moi Sultane, lance alors Esra d'une voix douce, mais c'est urgent.
Leyla comprend la gravité de la situation. Elle vit comme une paria depuis une semaine. Recluse dans sa chambre, sans aucun contact avec l'extérieur. Il paraît même que les concubines discutent à son sujet.
La Sultane se lève et Esra l'aide à passer sa robe de chambre en soie verte.
– Vous avez réussi ? S'inquiète Leyla en se tournant par la suite vers la Kalfa.
Esra hoche la tête avant de lui montrer le poignard qu'elle a déposé sur un petit guéridon doré. Leyla s'approche et le prend délicatement avant de passer ses doigts sur son manche. Cette lame ne lui appartient pas. Elle ne possède pas d'arme. Elle n'aime pas ça.
– Mustafa Agha pense qu'il faudrait demander à Hassan Bey s'il connaît l'origine de cette lame car selon lui ce n'est pas un poignard ottoman, lui rapporte Esra d'une voix grave.
– J'irai voir Hassan Bey, annonce Leyla. Je suis sûre qu'il a pleins de choses à nous apprendre dessus.
Dilara est assise sur un pouf dans le pavillon des concubines. Elle discute avec plusieurs d'entres elles. La jeune femme est sortie de l'infirmerie il y a peu. Elle a encore une cicatrice sur la joue. Les concubines, curieuses, lui posent tout un tas de questions sur ce qu'il s'est passé. Elles sont surprises que cela vienne de la Sultane Leyla qu'elles appréciaient.
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Sultane
RomanceLorsque Selena est arrachée à sa famille par des cavaliers de l'Empire Ottoman, elle ne s'attend pas à ce que le destin lui réserve. Timide et innocente, la jeune femme devra mûrir pour se faire une place parmi les autres concubines et protéger sa n...
