Le soleil se couchait sur le Stade de France, baignant l'enceinte dans une lumière dorée.
Florian ajusta son oreillette, les yeux rivés sur la foule agitée qui s'amassait près des barrières de sécurité.
Il était membre des forces spéciales, déployé en urgence pour une mission délicate : protéger les joueurs de l'équipe de France de rugby lors de leur arrivée. Une alerte terroriste avait été signalée plus tôt dans la journée, mais seuls les agents de sécurité et quelques hauts responsables en avaient été informés. L'objectif était clair : aucune panique, aucune victime.
Les portes du bus de l'équipe s'ouvrirent, et les joueurs commencèrent à descendre un à un. Les cris de la foule montaient crescendo, les applaudissements et les encouragements emplissant l'air. Parmi eux, Gregory Alldritt, capitaine emblématique, avançait avec cette assurance naturelle qui le caractérisait. Florian le suivait des yeux, vigilant. C'est à ce moment qu'il remarqua quelque chose d'anormal.
Un homme, vêtu de manière banale, mais dont le comportement trahissait une nervosité inhabituelle, se fondait dans la foule. Il bougeait rapidement, les yeux fixés sur les joueurs. Florian sentit son instinct prendre le dessus. Il murmura dans son oreillette :
- Homme suspect à 10 heures. Je m'approche.
Il s'éloigna de son poste sans attendre confirmation, ses sens en alerte maximale. L'homme plongea une main dans sa veste, et Florian aperçut le reflet métallique d'une arme. Tout se passa en une fraction de seconde. L'homme leva son arme, la pointant droit sur Gregory.
Florian bondit, se plaçant instinctivement entre l'arme et le joueur. Un coup de feu déchira l'air, et une douleur fulgurante lui traversa l'épaule. Mais il ne ralentit pas. Profitant de l'effet de surprise, il maîtrisa l'assaillant d'un mouvement rapide, le plaquant au sol et immobilisant son bras armé.
Tout autour, la foule éclata en cris de panique.
- Un au sol ! cria-t-il dans son oreillette, le souffle court.
Florian tourna la tête. Trois autres silhouettes s'enfuyaient à travers la mêlée.
- Suspects en fuite, direction nord ! Interception immédiate ! Max, Jo, occupez-vous de lui ! ordonna-t-il à ses collègues en désignant l'homme qu'il maintenait au sol.
Il se releva, le sang imbibant déjà son uniforme, et se dirigea vers les joueurs. Certains, paralysés par la stupeur, se tenaient encore à proximité. Il les exhorta à se mettre à l'abri.
Gregory, qui avait tout vu, s'approcha malgré le danger évident.
- Ça va ? demanda-t-il, une lueur d'inquiétude dans les yeux.
Florian, crispé par la douleur, lui répondit d'un ton sec mais rassurant :
- Rentrez, c'est mon boulot de prendre les coups, pas le vôtre.
Gregory hésita un instant, scrutant cet homme qui venait de risquer sa vie pour lui. Finalement, il hocha la tête et rejoignit ses coéquipiers, s'éloignant à contrecœur.
Quelques minutes plus tard, la situation était sous contrôle. Les collègues de Florian avaient arrêté les complices et l'assaillant principal était menotté. Mais Florian, affaibli, dut s'asseoir. Il tenta de se relever, mais une poigne ferme se posa sur son épaule valide.
- Laissez-moi vous aider, dit Gregory, de retour, défiant les recommandations des agents de sécurité.
Florian soupira, à la fois agacé et reconnaissant.
- C'est pas dans le protocole, murmura-t-il avec un sourire en coin, avant de laisser Gregory le soutenir jusqu'à une ambulance.
Quelques jours plus tard, alors que Florian récupérait à l'hôpital, une visite inattendue illumina sa journée. Gregory entra dans sa chambre avec un sourire franc et un maillot signé par toute l'équipe.
