Damian Penaud rentra chez lui tard ce soir-là. La pluie tombait, battant contre les fenêtres, créant une ambiance qui n’arrangeait rien. En entrant dans la maison, il aperçut sa femme, Alice, assise dans le salon, les bras croisés, l'air fermé. Il se sentit tout de suite tendu, comme si l’air autour d’eux était devenu plus lourd.
- On doit parler, dit Alice d’une voix calme, mais glaciale. J’ai réfléchi, et je pense que tu ne comprends pas l’importance de ce que je veux.
Damian la regarda, son cœur s’emballant. Il n'avait aucune idée de ce qu'elle voulait, mais il savait que lorsqu’elle parlait comme ça, ce n'était jamais un bon signe. Il se laissa tomber sur le canapé en face d'elle.
- Qu’est-ce qui se passe ? Tu m’effraies avec ton ton. Qu’est-ce que j’ai fait ?
Alice le fixa longuement avant de lâcher, d’une voix qui tremblait légèrement mais qui cherchait à se maintenir ferme :
- Je veux qu’on parle sérieusement de l’avenir. De notre avenir, de ce qu’on construit ensemble.
Les mots résonnèrent dans la tête de Damian. L’avenir… Il avait l’impression que la conversation prenait une tournure grave, presque irréversible. Il se sentait comme pris dans une tempête qu’il n’avait pas vue venir.
- Je t’écoute, Alice, dit-il, en espérant que son ton calme puisse apaiser l’atmosphère.
Alice se leva brusquement, commença à faire les cent pas dans la pièce.
- J’ai besoin que tu sois plus engagé, Damian. Tu dis toujours que tu es prêt, mais chaque fois que je te propose une idée importante, tu te dérobes. Et cette fois, je ne peux pas laisser passer.
Le cœur de Damian se serra. Qu’est-ce qu’elle me demande ? Qu’est-ce que je fais de travers ? Ses pensées tournaient en boucle. Il chercha dans ses souvenirs, mais rien ne semblait l’avoir préparé à une telle conversation.
- Dis-moi ce qui te tracasse, Alice. C’est à propos du travail, de ma carrière ? Je sais que ces derniers temps, je ne suis pas toujours là, mais tu sais que je fais de mon mieux.
Elle s'arrêta soudainement, fixant le sol comme si elle évitait son regard. Puis, avec un soupir, elle leva les yeux vers lui.
- Non, ce n’est pas ça. Ce dont je parle, c’est… un chien, Damian. Je veux adopter un chien.
Les mots frappèrent Damian comme une claque. Il la regarda, totalement déconcerté.
- Un… chien ? répéta-t-il, comme si le mot n’avait aucun sens. Tu m’as fait peur pour ça ? Pour un chien ?
Alice hocha la tête, son regard dénué de la froideur précédente, mais toujours sérieux.
- Oui, un chien. J’ai l’impression que ça pourrait vraiment nous apporter quelque chose. Une compagnie, de la joie. C’est important pour moi, Damian. Et je crois que tu pourrais l’aimer aussi.
Damian resta silencieux quelques secondes, digérant la situation. C’était absurde, et pourtant, quelque part, il ressentait cette étrange bouffée de soulagement. Après tout, ce n’était qu’un chien.
- Je pensais que tu allais me dire que tu voulais qu’on déménage à l’autre bout du pays ou que tu voulais quitter ton job pour changer de vie… Pas qu’on adopte un chien ! rit-il, un peu nerveusement.
Alice esquissa un sourire.
- Je voulais juste m’assurer que tu serais d’accord avant d’aller plus loin. Tu sais, c’est une grande décision, et ça affecte notre quotidien.
Damian se leva, s’approcha d’elle et la prit dans ses bras.
- Je suis d’accord, si ça te rend heureuse, on peut adopter un chien. Mais la prochaine fois, préviens-moi avant de me faire peur comme ça.
Ils éclatèrent de rire, l’atmosphère se détendant enfin. La pluie continuait de tomber dehors, mais à l’intérieur, tout était paisible à nouveau. Une simple décision, mais une qui marquerait le début d’un nouveau chapitre pour eux deux.
- Je vais chercher un chien, alors, dit Alice en souriant.
- Un grand ou un petit ? demanda Damian en plaisantant.
- Peu importe, tant qu’il est mignon. Mais je le veux tout de suite.
- Alors, allons à la recherche du chien parfait.
