Ramos

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Thomas n’arrivait pas à sortir l’image d’Éloïse de sa tête. Chaque moment qu’ils avaient partagé, chaque rire, chaque regard complice… il les revoyait en boucle dans son esprit comme un film qui se refusait à finir.

Il avait agi sans réfléchir, blessé par des mots dits dans la colère, trop aveugle pour voir ce qu’il risquait de perdre.

Il était maintenant seul, complètement dévasté après leur rupture. Ses coéquipiers l'avaient vu abattu toute la soirée, sans oser lui poser de questions.

Mais après un moment de silence, Alexandre s’était approché de lui, un regard inquiet dans les yeux.

— T'as l’air d’un zombie Tom. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Thomas baissa la tête, honteux, et murmura presque dans un souffle :
J’ai tout gâché avec Éloïse…

Alexandre resta un moment silencieux avant de répondre.

Qu’est-ce que tu veux dire par 'tout gâcher' ?

J'ai dit des trucs que je pensais pas... Thomas se passa une main dans les cheveux, frustré. Je l'ai laissée partir à cause de ma fierté.

Le regard d'Alexandre se fit plus sérieux, presque désespéré, comme s’il comprenait ce que son ami ressentait.

C’est de l’orgueil ça, Thomas. Mais tu sais que tu peux encore réparer ça.

Elle m’a dit qu’elle voulait plus de moi. C’est fini, elle me pardonnera pas cette fois.

Si tu crois vraiment qu’elle t’a effacé comme ça, t’es bien naïf. Alexandre posa une main sur son épaule. Tu dois lui montrer que tu regrettes, que tu veux changer. Va la voir.

Thomas hésita, luttant entre son ego et son désir profond de réparer son erreur. Il regarda ses amis qui semblaient tous perdre patience dans la soirée.

Il se leva sans un mot, attrapa sa veste et sortit précipitamment. Le vent froid frappait son visage alors qu’il courait dans les rues de la ville, son cœur battant la chamade.

Les rues s'effaçaient sous ses pas, mais il ne s’arrêta pas. Il n’y avait plus que l’urgence de la retrouver. Lorsqu'il arriva enfin devant l’immeuble d’Éloïse, il s’arrêta net, haletant, son cœur tambourinant dans sa poitrine.

Il sonna à la porte, anxieux, et attendit. La porte s’ouvrit enfin. Éloïse se tenait là, les yeux rouges, comme si elle avait pleuré. Son visage se ferma presque aussitôt qu’elle aperçut Thomas.

Qu'est-ce que tu fais ici Thomas ? demanda-t-elle, sa voix un peu brisée.

Je suis désolé, Éloïse. Je suis tellement désolé pour tout. Il baissa la tête, cherchant ses mots. Je t’ai fait du mal, je sais, et je regrette chaque instant où j’ai été con.

Elle le regarda sans dire un mot pendant un moment, puis, lentement, les larmes commencèrent à couler sur ses joues.

Pourquoi maintenant ? Pourquoi tu me dis ça après m'avoir traité comme de la merde ? Sa voix était tremblante. Pourquoi tu me laisses partir blessée à chaque fois, puis tu reviens en disant que tu es désolé ? Elle marqua une pose puis repris dans un soupir, Pourquoi ?

Thomas sentit son cœur se briser en mille morceaux. Il s’approcha lentement d’elle, chaque geste hésitant.

Parce que je te laisse partir par fierté, et je ne me rends pas compte de tout ce que tu signifies pour moi avant de tout perdre. J’ai agi comme un idiot...et trop de fois.

Elle essuya ses larmes du dos de la main, secouant la tête.

— Tu sais… ça me fait mal. Très mal. J'ai l'impression, à chaque fois, que tu n'en a rien à faire de nous, que je suis juste une option.

Les mots frappèrent Thomas comme une claque. Chaque phrase d’Éloïse était un poignard, mais il méritait tout cela.

Je te promets que tu n’as jamais été qu’une option pour moi. Tu es ma priorité, et je gâche tout, constamment. Il prit une profonde inspiration, se préparant à faire ce qu’il n’avait jamais osé faire avant. J’ai tellement peur de te perdre, mais je sais que je dois te laisser choisir. Je suis prêt à tout réparer, si tu me donnes juste une chance.

Un silence lourd s’installa. Éloïse regarda ses yeux, cherchant quelque chose dans son regard. Puis, finalement, elle murmura :
Je t’aime, Thomas. Mais je ne veux pas que tu me désires uniquement quand tu réalises que tu m’as perdue.

Thomas sentit son cœur se serrer, une douleur lancinante qui le submergea. Il avait espéré, naïvement, qu’elle verrait la sincérité dans ses yeux. Mais ses mots la frappèrent comme une cloche qui annonçait la fin de tout.

Éloïse, s’il te plaît… je sais que je t’ai blessée, mais je te jure que je ferai tout pour réparer ça. Donne-moi juste une chance…

Elle le coupa, son visage fermé, presque impitoyable.

Tu n’as pas compris, Thomas. Elle prit une grande inspiration, son regard s’éloignant de lui. Ce n’est pas qu'une question de chance. Tu m’as perdue quand tu as choisi ton ego au lieu de moi. Et maintenant, même si je t’aime encore, je ne peux pas revenir en arrière. Elle fit un pas en arrière, les larmes aux yeux, mais fermement décidée. C’est fini.

Un silence lourd s’installa entre eux. Thomas avait l’impression que tout autour de lui s’effondrait, que le sol se dérobait sous ses pieds. Il n’arrivait pas à accepter qu'elle puisse vraiment le repousser, qu'il ne puisse pas réparer ce qu’il avait détruit.

Mais... Sa voix tremblait, mais il tenta une dernière fois, tu comptes plus que n'importe qui a mes yeux, c'est toi que je veux.

Éloïse leva les yeux vers lui, une froideur qu’il n’avait jamais vue auparavant. Elle n’avait pas l’air en colère, juste épuisée par tout ça.

J’ai donné tout ce que j’avais, Thomas. Et toi, tu m’as laissée tomber quand ça comptait le plus. Je suis désolée, mais il n’y a plus de place pour toi dans ma vie.

Les mots tombèrent comme un verdict final, et Thomas se sentit défiguré par la douleur. Il voulait la retenir, la supplier, mais il savait au fond de lui que ce n’était plus possible. Elle avait décidé.

Il resta là, sans voix, alors qu’Éloïse lui tourna le dos et commença à fermer la porte, laissant une ultime empreinte de solitude se poser sur lui. La porte se referma doucement, comme un adieu silencieux.

Il resta là, figé dans la rue, les mains tremblantes. Les larmes montèrent à ses yeux, mais il n’eut même pas la force de les laisser couler. Tout ce qu’il avait fait, tout ce qu’il avait détruit… cela n’avait plus d’importance maintenant. Il n’avait plus rien à lui offrir.

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