Le vestiaire du Stade Rochelais était silencieux, hormis le goutte-à-goutte de la douche encore ouverte. Grégory Alldritt était resté en arrière, seul, comme souvent après un match intense. Le stade s'était vidé depuis longtemps, mais quelqu'un l'attendait dans les couloirs.
Julien, kiné du club, s'était attardé lui aussi. Il avait toujours cette excuse d'un matériel à ranger, d'une table à désinfecter. Mais ce soir, c’était différent. Il était entré dans le vestiaire, hésitant, les yeux rivés sur Grégory qui lui tournait le dos, une serviette autour des hanches, les muscles luisants d'eau et de sueur.
— T’as besoin d’un massage de récup ? demanda Julien, la voix un peu rauque.
Grégory se retourna lentement, le coin des lèvres relevé.
— Je pensais que t’allais jamais proposer.
Julien s’approcha, ses mains expertes posées d’abord sur les épaules puissantes du joueur. La tension était palpable, bien plus que celle des muscles. Chaque geste, chaque souffle prenait un autre sens. Grégory ferma les yeux, laissant échapper un soupir profond alors que les doigts de Julien descendaient le long de son dos.
— Tu sais que t’as pas besoin de prétexte, murmura Grégory, sa voix grave vibrante d’un sous-entendu brûlant.
Julien s’arrêta, le souffle court. Il sentit la main de Grégory attraper la sienne, la tirer doucement vers l’avant. Le regard qu’ils échangèrent alors était sans équivoque : ce n’était pas la première fois qu’ils frôlaient cette limite. Mais ce soir, il n’y avait plus de retenue.
Grégory attira Julien contre lui, son corps nus se collant avec une intensité électrique. Leurs baisers étaient pressés, avides, comme s’ils avaient attendu ça trop longtemps. La serviette glissa au sol, et les gémissements étouffés se mêlèrent aux battements sourds de leurs cœurs.
Entre les bancs du vestiaire, contre les casiers métalliques, ils s’abandonnèrent à cette envie brute, animale, presque violente par moments, puis plus lente, plus douce, comme pour savourer chaque seconde. Il n’y avait plus ni joueur ni soigneur, juste deux hommes consumés par le désir.
Quand ils se retrouvèrent allongés, haletants, les corps entrelacés, Grégory glissa une main dans les cheveux de Julien.
— Faudra qu’on perde plus souvent, souffla-t-il, un sourire aux lèvres.
Julien rit doucement contre sa peau.
— J’préfère les victoires. Mais j’avoue… t’es une sacrée récompense.
