Les Bleus en roue libre 2: Coin Coin

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C'était un matin tranquille à Marcoussis, le centre d'entraînement de l'équipe de France de rugby. Antoine Dupont, Peato Mauvaka, Romain Ntamack et Damian Penaud profitaient d'un rare jour de repos. Mais comme toujours avec ces gars-là, les choses ne restaient jamais tranquilles bien longtemps.

Tout avait commencé avec une remarque innocente de Romain, assis à côté du lac artificiel qui bordait le terrain d'entraînement.

- Vous saviez que les canards de ce lac appartiennent à la fédération ? On pourrait peut-être les entraîner, genre, comme une équipe... plaisanta-t-il.

Antoine, jamais le dernier à relever un défi idiot, leva un sourcil intéressé.

- Entraîner les canards ? Sérieux, Romain ?

Damian éclata de rire.

- Pourquoi pas ? Je parie qu'ils seraient plus disciplinés que toi en défense.

Peato, toujours pragmatique, haussa les épaules.

- Parfait. Si on les entraîne, on pourrait même faire un match à la fin.

Et c'est ainsi que la mission "Canards Bleus" fut lancée.

Le premier problème surgit rapidement : attraper les canards. La bande se dirigea vers le lac armée de vieux filets de pêche, de bouts de pain et d'une bonne dose d'optimisme.

- D'accord, stratégie simple, annonça Antoine, prenant son rôle de capitaine à cœur, on les encercle et on les guide doucement vers le filet.

Mais les canards, évidemment, avaient d'autres plans. Dès que les quatre joueurs s'approchèrent, les volatiles s'éparpillèrent en tous sens, plongeant dans l'eau et se moquant clairement de leurs poursuivants.

Romain glissa dans la boue en essayant d'attraper un canard, tandis que Damian rata une interception spectaculaire et finit à moitié trempé. Peato, lui, observait la scène, plié de rire.

- C'est officiel, on est les pires chasseurs de canards de l'histoire. lança-t-il.

Antoine, boueux mais déterminé, se releva.

- Non, on est des rugbymen. On n'abandonne pas. On va s'adapter.

Alors qu'ils planifiaient une nouvelle stratégie, un petit garçon, probablement le fils de l'un des employés du centre, s'approcha d'eux. Il tenait un sifflet et une boîte de graines.

- Vous savez, les canards adorent les graines. Si vous les appelez avec ça, ils viendront tout seuls.

Les quatre joueurs échangèrent des regards embarrassés.

- Pourquoi on n'y a pas pensé avant ? demanda Damian, dépité.

Le garçon leur donna quelques instructions, et bientôt, une petite procession de canards suivait docilement les quatre colosses, à leur plus grand étonnement.

Quelques heures plus tard, les joueurs avaient réussi l'impensable : organiser une sorte de "match" entre deux équipes de canards. Chaque rugbyman encourageait son propre groupe, criant et gesticulant comme sur un vrai terrain.

- Allez, les Bleus ! hurla Antoine, tandis que son canard vedette sprintait... ou plutôt trottinait mollement vers la ligne imaginaire.

Romain applaudit à tout rompre lorsqu'un de ses canards fit un petit bond qui ressemblait vaguement à un crochet.

Même le staff, intrigué par le vacarme, vint assister à ce spectacle absurde. L'entraîneur Fabien Galthié, les bras croisés, hocha la tête, mi-amusé, mi-consterné.

- Vous êtes censés être des professionnels, dit-il en essayant de garder son sérieux, mais bon, si ça vous amuse

Au final, l'équipe des Bleus perdit contre l'équipe de Damian (et son canard favori, surnommé "Coin Coin"). Mais pour les quatre amis, ce fut une journée inoubliable.

Le hashtag #CanardsBleus explosa sur les réseaux sociaux après que Peato eut posté une vidéo du "match".

Et dans les jours qui suivirent, on vit même des supporters venir aux entraînements avec des peluches de canards en hommage à cet épisode hilarant.

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