chapitre 72

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- Euh... pardon. Je vais vous laisser, dis-je en me reculant.

Iris s'écarte immédiatement de l'homme, et me fixe.

Je la fixe en retour pendant quelques secondes puis je décide de faire marche arrière, et de sortir de la suite.

- Hailey ! m'appelle-t-elle.

Je ne me retourne pas, et je continue à marcher au hasard dans le château.

- Hailey, s'il te plaît !

Je me retourne.

- Iris, tu fais ce que tu veux avec qui tu veux, ça ne me regarde pas.

- Non, attends ! J'ai fait une bêtise. Je... j'étais bourrée. Alec ne m'accordait aucune intention, alors une partie de moi a voulu le rendre jaloux.

- Et qu'est-ce qu'il a dit quand il vous a vu ?

- Je ne lui ai rien montré...

- Oui, c'est sûr qu'embrasser un mec pour rendre Alec jaloux mais ne pas l'en informer c'est très intelligent.

- Qu'est-ce que j'ai fait... ?

- Et puis d'abord, il sort d'où ce mec ?

- C'est un des hommes de main de Sephtis.

- T'es au courant que si Alec apprend ce qu'il c'est passé, il le fera sûrement tuer ?

Iris se colle au mur et glisse le long de celui ci.

- Je sais... mais je ne veux rien lui cacher, alors je vais lui dire. Tu peux m'accompagner ?

- Je pense que tu devrais lui dire seule.

- Alors reste au moins derrière la porte. Je saurai que tu es la, ça me rassurera.

- Si tu veux... tu sais où il est au moins ?

- Non. Cherchons le.

J'aide Iris à se relever, car elle a du mal avec sa béquille.

Nous parcourons le château quelques minutes jusqu'à ce que nous entendions des voix provenir de la cuisine.

Il me semble que les garçons s'y trouvent.

- Bon, il n'est pas tout seul... tu peux venir ?

- D'accord.

Nous entrons dans la cuisine et ma théorie se confirme, les garçons excepté Dawson s'y trouvent.

- Tu ne devais pas aller dormir ? me demande Sephtis.

- Euh... si. Mais j'ai eu une petite soif. D'eau. Une soif d'eau.

Il me regarde l'air légèrement interrogateur et je donne un coup de coude dans les côtes d'Iris afin qu'elle se décide à parler.

- Alec, est-ce qu'on peut aller parler en privé s'il te plaît ?

Il se tourne vers elle en titubant. Il a l'air très, mais alors très bourré.

- Pourquoi ? Tu veux me déclarer ton amour ?

- T'es vraiment qu'un sale con quand tu as bu !

- Pardon ? Je crois que j'ai mal compris !

- Non ! Tu m'as parfaitement comprise !

- Ça y est tu te sens pousser des ailes parce que je t'ai embrassé.

Iris s'approche rapidement d'Alec et le gifle.

Il garde la tête tournée quelques secondes, puis la retourne vite et colle presque son visage à Iris.

- Ne refais jamais ça.

- Si tu recommences à agir comme un con, je n'hésiterais pas à le refaire !

Iris recule difficilement à cause de sa béquille, et va jusqu'à l'évier se servir un verre d'eau.

- Putain mais tu crois que t'es qui Iris ? Tu n'es rien. Tu ne serais rien sans nous.

- Tu te crois si important, Alec ? Tu crois que tu embrasses si bien que ça ? Puisque tu n'en as rien à foutre je peux te le dire : Sergio, l'homme de main, embrasse beaucoup mieux que toi ! Quand il m'a embrassé tout à l'heure je n'avais encore jamais ressenti une telle chose !

Le regard d'Alec devient noir, et d'un coup il balance son verre en direction d'Iris, qui miraculeusement ne la touche pas mais tombe dans le lavabo en face d'elle.

- Wow, doucement ! lâche Marcus.

Alec quitte la cuisine tout en lâchant un :

- Salope.

Je me tourne vers Iris qui a commencé à pleurer, et qui se dépêche du mieux qu'elle peut de quitter la cuisine.

Je décide de la suivre.

- Iris ! Attends moi !

Elle se tourne vers moi, le visage baigné de larmes.

- Tu vois ? Tu as vu ça ? C'est exactement ce dont j'avais peur. Cette facette violente qu'il a. Son comportement quand il a bu. Ce côté là de lui me fait peur ! Et il a... il a failli me balancer son verre dessus. Je ne veux pas vivre avec la peur constante qu'il me fasse du mal. Je ne veux plus revivre ça. Et de toute façon il ne veut apparement rien de moi. Putain, mais pourquoi est-ce qu'il doit être si compliqué ! Dans un premier temps il m'aime, dans un second temps je suis une salope ! Hailey, je suis fatiguée. Fatiguée de lutter contre tout ce que je ressens pour lui. Il n'est pas bon pour moi. On est toxiques l'un pour l'autre. On ne pourra jamais avoir une relation saine. Et ça m'épuise, tellement...

Je m'approche d'elle et la serre dans mes bras.

- Je suis désolée que tu ressentes tout ça. Sache que je serai toujours là pour toi, si tu veux parler ou même te taire.

- Merci. Tu es une vraie amie, Hailey.

Je la serre plus fort encore.

- Tu devrais aller te coucher, je dis.

- Oui, et toi aussi d'ailleurs. Il s'est passé quoi avec Sephtis lorsque vous vous êtes éclipsés ?

- Euh... rien.

- Tu me mens, la.

- On a presque... couché ensemble ! Mais il n'a pas voulu profiter du fait que je sois bourrée. Étonnement, ça me fait l'aimer encore plus.

- Attends... tu aimes Sephtis ?

Je mets une main sur ma bouche.

- Non ! Non ! Oublie ça. Oublie ce que je viens de dire, je suis bourrée et fatiguée.

- Oh mon dieu, je le savais ! Tu l'aimes !

- Chut ! Tais toi ! Il pourrait nous entendre.

Elle enroule sa main libre autour de mon cou.

- Vous iriez tellement bien ensemble !

- Non... oui, je l'aime. Mais je n'oublie pas ce qu'il a fait pour autant : il a tué mon père, ma meilleure amie, il a brûlé ses initiales sur ma cuisse, et il m'a déjà frappé. J'ai peur de cette partie là de lui. Je le déteste pour ça. Mais je n'arrive pas à contrôler ce que je ressens pour lui. Heureusement, la partie raisonnable de moi me garde la tête à la surface et m'empêche d'être totalement accro.

- Il t'a déjà frappé ?

- Il ma giflé. Une fois.

- Oh mon dieu ! Je ne savais pas ! Hailey, je te dis ce que j'aurais aimé entendre : au premier signe de violence, il faut partir.

- Je sais... mais je n'y arrive pas. Et il ne m'a toujours pas rendue ma liberté. Je suis toujours sa prisonnière.

***

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