Chapitre 6

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Après ce premier instant intime avec notre fils, Léon, je me sens enveloppée d'une paix inattendue. Emilio et moi restons côte à côte, notre petit garçon dans mes bras, et le monde semble enfin s'être apaisé, ne serait-ce que pour quelques minutes. Mais je sais qu'une partie de ma famille est là, juste derrière cette porte, impatiente de rencontrer le nouveau membre de notre clan. Et surtout, il y a Victoire.

Je regarde Emilio et il hoche la tête, un sourire dansant sur ses lèvres fatiguées mais sincères. Il semble savoir ce que je ressens sans même que j'aie besoin de le dire.

« Victoire, » dis-je doucement, la gorge serrée par l'émotion. « Fais-la entrer. »

Il se lève sans un mot, laissant un baiser rapide sur ma tempe avant de sortir. Mon cœur bat un peu plus fort en pensant à la rencontre entre Victoire et son petit frère. Emilio aime Victoire comme sa propre fille, et elle l'adore en retour. Elle l'a toujours vu comme son père, même si elle sait que son vrai père, Charly, n'est plus là. Emilio a été sa force, son ancre, depuis le début.

Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvre doucement. Je vois d'abord la petite silhouette de Victoire apparaître, sa chevelure brune bouclée entourant son visage d'ange. Ses grands yeux curieux scrutent la pièce avec l'excitation enfantine qu'elle ne peut contenir. Elle se précipite vers moi, mais s'arrête brusquement quand elle aperçoit le bébé dans mes bras.

« Maman, » dit-elle en s'approchant avec précaution. Sa voix est pleine de tendresse et de fascination. « C'est lui ? C'est mon petit frère ? »

Je souris et hoche la tête, sentant déjà mes yeux s'embuer. « Oui, ma chérie, viens le voir. »

Elle s'approche lentement, presque avec révérence. Je me penche un peu pour qu'elle puisse mieux le voir. Elle tend la main, hésitante, comme si elle avait peur de le casser, mais Emilio l'encourage doucement en posant une main rassurante sur son épaule.

« Il est si petit, » murmure-t-elle, émerveillée. Ses doigts effleurent délicatement la petite main de Léon, et il fait un minuscule mouvement, comme s'il ressentait déjà la connexion avec sa grande sœur. « Il est parfait. »

Mon cœur se gonfle de fierté et de bonheur en voyant ses yeux briller d'affection. Victoire regarde Emilio, puis moi, avec un sourire éclatant.

« Je l'adore déjà. »

Emilio et moi échangeons un regard rempli d'émotion. Le voir à cet instant, en père aimant avec nos deux enfants... C'est comme si, pour la première fois, nous avions véritablement atteint ce bonheur simple que nous avions toujours rêvé.

Peu de temps après, il y a un léger coup à la porte. Emilio va l'ouvrir et cette fois, Tommy et Steve, nos plus fidèles amis et gardiens de la famille, entrent en silence. Ils sont là, comme toujours, deux piliers solides et fiables, un soutien indéfectible dans notre vie mouvementée.

« Alors, où est le petit prince ? » dit Tommy en s'approchant avec son sourire espiègle habituel. Il a toujours ce côté protecteur, mais un humour qui dédramatise chaque situation.

« Léon, » précise Emilio, un sourire en coin. « Il s'appelle Léon. »

Steve, plus réservé, s'approche et s'incline légèrement pour observer le bébé, ses yeux brun brillant d'une chaleur tranquille. « Il est magnifique, » murmure-t-il, presque comme s'il ne voulait pas briser le silence sacré de la pièce.

Tommy, quant à lui, ne peut s'empêcher de faire une remarque : « J'espère qu'il aura un peu de ma carrure, parce que toi, Emilio... » dit-il en plaisantant, ce qui arrache un léger rire à tous.

Emilio le bouscule doucement, mais il est clair que ce moment est bien plus qu'une simple plaisanterie. Tommy et Steve ne sont pas seulement nos amis. Ils sont de la famille. Ils ont été à nos côtés à travers les tempêtes et les ténèbres. Savoir qu'ils sont là, pour rencontrer Léon, c'est comme fermer un cercle.

« Vous êtes les oncles maintenant, » je dis en souriant. « Prêts à le gâter, j'espère. »

« Oh, crois-moi, Safia, » répond Steve, ses yeux se plissant de tendresse. « Ce petit aura tout ce qu'il voudra. »

Alors que nous échangeons des rires, la porte s'ouvre à nouveau et cette fois, c'est Camila qui entre. Sa simple présence remplit immédiatement la pièce de chaleur. Ma belle-sœur, ma confidente. Elle est plus qu'une amie pour moi ; elle est ma sœur, ma complice. Camila a toujours été là, surtout dans les moments où Emilio et moi avions besoin de soutien.

« Ma chère sœur, » murmure-t-elle en s'approchant, les yeux humides en voyant le bébé. Elle pose une main douce sur mon épaule et se penche pour embrasser ma joue. « Je suis si heureuse pour toi. Pour vous. »

Je souris à travers mes larmes, incapable de dire quoi que ce soit sans pleurer davantage. Elle regarde ensuite Léon, son regard débordant d'amour.

« Je n'arrive pas à croire qu'il est enfin là, » dit-elle doucement, sa voix pleine d'émotion.

Emilio, debout derrière elle, l'enlace affectueusement par les épaules. « Tatie Camila, tu es prête à le garder quand on aura besoin d'un break ? » plaisante-t-il.

Camila rit doucement, ses yeux rivés sur Léon. « N'importe quand. Je serai là pour lui, comme je l'ai toujours été pour vous. »

Les mots résonnent dans la pièce, et pendant un moment, nous sommes tous enveloppés dans une bulle de tendresse, de solidarité, de promesses tacites. Cette famille que nous avons créée, avec tous ses défauts, ses blessures, ses cicatrices... elle est aussi incroyablement belle. Notre passé, nos erreurs, tout cela semble s'évanouir devant la naissance de ce nouveau chapitre de notre vie.

Avec Léon entouré d'amour, la famille s'agrandit et renforce ses liens. Le monde extérieur, avec ses défis et ses ombres, semble s'éloigner. Pour la première fois depuis longtemps, je sens que nous sommes prêts à avancer, ensemble.

FioreOù les histoires vivent. Découvrez maintenant