Chapitre 39

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Amine 

J'étais assis sur cette chaise en métal, face à cette table en bois glaciale. Le contact était désagréable, mais ce n'était rien comparé au froid qui me traversait de l'intérieur. La pièce sentait le renfermé, un mélange de poussière et de désinfectant bon marché. Je ne comprenais toujours pas... pourquoi moi ? Pourquoi on m'arrêtait ? J'étais en train de rentrer chez moi, avec Nisrine, et maintenant j'étais là, enfermé, accusé d'un meurtre que je n'avais pas commis.

Et si... et si je tombais pour un crime que je n'avais pas fait ? Cette pensée s'accrochait à moi comme une tache indélébile.

La porte s'est ouverte. Deux hommes sont entrés, impeccables dans leurs tenues, mais avec ce regard... celui qui jauge, qui juge, qui condamne avant même que le procès n'ait lieu. Ils se sont assis face à moi.

- Alors, monsieur El Jenadi, comment vous sentez-vous ? demanda le premier, la voix faussement douce.

- Mal, répondis-je franchement. Je ne comprends pas ce qu'il se passe. J'aimerais passer un appel à mon avocat.

Il a ri doucement, presque comme s'il se moquait.

- Vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre de Serigne Bourama. 

- Mais pourquoi  moi? Je n'ai rien fait! 

- Calmez vous ! ... si vous voulez, cette interrogation peut être rapide. Vous avouez, vous coopérez, et on pourra parler d'une réduction de peine. Ou... vous niez, et on sera obligés d'utiliser la manière forte. C'est vous qui voyez.

Je le fixai, un mélange de colère et d'incrédulité me serrant la gorge.

- Vous me prenez pour un fou ? Je n'ai rien fait ! Je ne vais pas "coopérer" pour un crime que je n'ai pas commis. Et je suis certain que vous n'avez rien contre moi, puisque je suis innocent. Alors, si c'est possible, je veux parler à mon avocat.

Les deux se sont échangés un regard avant d'éclater d'un petit rire sec.

- On a un dossier solide, monsieur El Jenadi. Croyez-moi.

Ils ont commencé à poser leurs questions, rapides, tranchantes :

- Où étiez-vous la nuit du meurtre ?

- Avec ma femme. Je l'ai déjà dit !

- Des témoins ?

- Bah ma femme! Dis-je assez énervé 

Puis, l'un d'eux, l'air calculateur :

- Dites-moi, est-ce que vous, comme votre femme, vous avez... des tendances ? Des addictions ?

Mon estomac s'est noué.

- Non j'en ai pas et  laissez-la en dehors de ça.

Ils ont continué, insistant:

- Vous n'aimiez pas Serigne Bourama, pas vrai ?

- oui et ? 

- oui au point de le tuer? Vous aviez un motif! 

- Je n'avais pas de raison de le tuer.

- Pourtant, on a entendu dire que vous aviez des tensions avec lui.

-  c'est vrai mais je ne serai jamais parti aussi loin!

-Pourtant, vous l'avez attaqué, deux fois ! Une fois à son domicile  et la dernière , lors de l'enterrement de votre père! Et vous avez attesté vouloir le tuer selon les témoignages . 

- J'étais en colère , mais je ne le pensais pas ! 

- Et cette colère que vous avez parfois, elle pourrait expliquer beaucoup de choses... Vous êtes de nature violente n'est-ce pas? Ecoutez on comprend, vous n'avez pas su contenir votre colère et vous avez perdu le contrôle et/

Nisrine: RedemptionDes histoires addictives. Découvrez maintenant