chapitre 40

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Amine 

Je l'attends.
Mon pied tape nerveusement le sol depuis plusieurs minutes déjà. Je ne sais même pas par où commencer. Tout ce que je sais, c'est que mon cœur bat trop vite. Je sais que Nisrine n'a tué personne et elle n'a surement pas manigancé un plan pour me mettre derrière les barreaux. Mais qu'est-ce qu'elle faisait avec lui ! encore et toujours lui?  Je m'étais préparé à lui parler , à tout mettre ou clair et mais maintenant que je suis assis là, je ne sais plus comment les sortir.

Et puis je la vois.

Je ravale ma salive aussitôt.
Un gros pull, avec cette chaleur étouffante ? Et ce visage... Mon Dieu. Ses yeux sont gonflés, rouges, trop rouges. Sa peau est moite, boursouflée, on dirait qu'elle lutte juste pour respirer normalement. Elle avance lentement, presque en titubant.

Je voulais garder un visage neutre, ferme, mettre les choses au clair une fois pour toutes. Mais à peine elle s'approche, tout s'écroule. Comment pourrais-je jouer la froideur devant ça ? Elle ne va pas bien. Et moi, je l'aime. Plus que ma colère, plus que mes doutes.

Je me lève et l'aide à s'asseoir sur la chaise.
- Qu'est-ce qu'il y a, Niss ?

Elle tente un sourire brisé, baisse les yeux.
- Ça va... Et toi, comment tu vas ? dit-elle d'une petite voix.

Je serre les dents.
- Comment je vais ? Niss, qu'est-ce qui ne va pas ? Tu vas bien ? Eh, parle-moi !

Elle me regarde enfin, ses yeux plongent dans les miens... et elle éclate. Ses larmes coulent si vite que ça me transperce.
-Je suis juste partie lui demander de l'aide pour toi, Amine ! C'est tout. Je ne t'ai pas trompé avec lui, je te le jure. Et après... après il y a eu les photos et je n'ai rien compris... Amine, je te le promets...

Mon estomac se noue. Une partie ne veut pas y croire. Je lui avais dit des centaines de fois que je ne voulais pas de ce lien avec Paco. Pourquoi lui ? Pourquoi encore lui ? Et ces photos... elle semblait tellement... perdue, oui, mais dans ses bras. Comme si elle y trouvait un refuge.

J'ai envie de hurler, de la secouer pour avoir toutes les réponses. Mais quand je la vois trembler ainsi, incapable même de finir ses phrases, je sens ma propre colère se briser. À quoi bon la frapper de questions si elle est déjà à terre ?

Je respire fort. J'avale ma colère. Je prends un mouchoir, j'essuie ses larmes.
-  Ce n'est rien. Arrête de pleurer.

- On n'a rien fait, Amine ! Je lui disais juste...

- Ok, ok... c'est bon. Je te crois, Niss.

Je mens, je doute encore. Mais je vois qu'elle a besoin de moi. Alors je fais ce choix. Le seul que je puisse faire : être son refuge, malgré tout.

Je sais que c'est interdit, mais tant pis. Je la serre dans mes bras. Fort. Comme si je voulais lui voler sa douleur pour la porter à sa place. Et cette étreinte... elle me fait du bien, à moi aussi. Je ferme les yeux, je me laisse aller. Mais la voix sèche d'un agent nous sépare rapidement.

Alors je me tourne vers elle, le cœur lourd.
-  Écoute... je veux que tu rentres en France. Je ne veux pas que tu négocies quoi que ce soit. Je veux que tu rentres.

Ses yeux s'écarquillent.
- Mais je ne peux pas te laisser ici, je...

- Niss, s'il te plaît. Pars. J'irai bien. Je te promets que je vais sortir d'ici, mais pars.

Elle secoue la tête, les larmes roulant à nouveau. Mon cœur se déchire. J'effleure sa joue, caresse sa peau humide de chagrin.
-S'il te plaît. Pense à Ninou. J'irai bien, je te jure. J'ai un très bon avocat.

Nisrine: RedemptionDes histoires addictives. Découvrez maintenant