Chapitre 42

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Le Lendemain 

Nisrine 

Je viens de mettre Ninou au lit. Elle s'est endormie paisiblement, ses petites mains encore agrippées à sa peluche, sans se douter que son père rentre aujourd'hui. J'aurais voulu qu'elle soit éveillée, qu'elle puisse le voir. Mais tant pis, je me dis qu'elle sera réveillée sous peu... même si, au fond, j'ai peur que ces prochaines semaines soient peut-être les dernières qu'ils passeront ensemble.

 J'essaie de ne pas y penser, de ne pas laisser mon esprit s'y attarder. Amine revient aujourd'hui. Je dois être forte, souriante. Il ne faut surtout pas qu'il voie à quel point j'ai peur.

Dans la cuisine, ma tante, arrivée hier avec la petite, s'affaire à préparer le repas, comme si tout allait bien. Le bruit de la marmite, l'odeur de l'huile chaude, du poisson grillé, du riz... Tout semble presque normal, presque comme avant. Et pourtant, je sens ce nœud dans mon ventre qui refuse de se défaire.

Je repense à Rokhaya.

À sa mère.

À ses yeux fuyants, à cette peur dans son regard quand je lui ai parlé.

Depuis qu'elle m'a rejetée, qu'elle m'a regardée comme si j'étais un danger, je me sens perdue. J'avais l'impression qu'on tenait enfin un fil, une vérité. Et maintenant, tout s'effondre.

Je vais me doucher, j'essaie de calmer les battements de mon cœur sous l'eau tiède. Mes mains tremblent quand je me maquille légèrement, quand je mets mes bijoux. Je veux être belle pour lui, malgré tout. 

Je suis en train d'attacher mes boucles d'oreilles quand j'entends des voix en bas. Celle de ma tante... et une autre. Grave, familière.

Mon souffle se bloque, et je sens mon cœur battre plus vite, plus fort, comme un tambour dans ma poitrine.

Je respire profondément, lisse ma robe du bout des doigts et sors de la chambre.

Il est là.

Devant la porte, avec un policier et son avocat.

Je ne sais pas pourquoi, mais je deviens soudain timide, presque intimidée. Comme si je le voyais pour la première fois. Son visage est plus mince, ses yeux fatigués, mais il sourit. Ce sourire-là... je ne l'avais pas vu depuis si longtemps.

Il se détache de la conversation sans un mot, marche droit vers moi. Et avant même que je puisse dire quoi que ce soit, il me prend dans ses bras.

Fort. Vraiment fort.

Je sens son odeur, sa chaleur, la force de ses bras autour de moi, et toute la tension de ces dernières semaines s'effondre. Mes larmes me trahissent. Elles roulent sans que je puisse les retenir.

- Tu m'as tellement manqué, dit-il contre mon oreille, sa voix légèrement brisée.

Je ferme les yeux, je me laisse aller contre lui, j'écoute le son de son cœur. J'aurais voulu que le temps s'arrête ici, juste là.

Il finit par me relâcher, juste assez pour pouvoir prendre mon visage entre ses mains.

Ses pouces glissent sur mes joues encore humides.

- Comment tu vas ? murmure-t-il. Je me suis tellement inquiété pour toi... Tu vas bien ?

C'est fou... C'est lui qui était enfermé, et pourtant c'est lui qui s'inquiète pour moi.

Mon cœur se serre.

- Oui, je vais bien... Et toi ? Tu vas bien ?

Il sourit, ce sourire doux, un peu épuisé, mais sincère.

Nisrine: RedemptionDes histoires addictives. Découvrez maintenant