Chapitre 10

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Deux jours plus tard, je regardais la pluie tombée par la fenêtre de ma chambre plongée dans l'obscurité. Je regardais chaque goutte tomber sur les fins brins d'herbe des magnifiques prairies de fleurs. Je regardais celles qui coulaient sur la fenêtre et m'amusais, enfin essayait de m'amuser, en suivant leurs courses du doigt. Maxime me manquait déjà . Quelqu'un frappa. Je ne bougeais pas. Je restais la tête tournée vers l'extérieur, assise sur le rebord de la fenêtre. La personne entra et s'assit sur le lit le plus près de moi possible. Nous restâmes dans le silence absolu. Je continuais de fixer l'extérieur. En signe de protection, j'entourais mon ventre, déjà enflé, de mes bras. La personne se leva et pris la chaise de la coiffeuse pour la placer en face de moi. J'esquissais un regard et vis ma mère me dévisager. Elle mit sa main sur ma jambe en signe compatissant. Je continuais d'admirer l'eau. L'eau apaise, ressource et protège. Je ne voulais pas la quitté et reprendre tout mes problèmes. Mais il fallait que j'affronte tout ça. Je me retournais vers ma mère et elle me prit une main.

- Qu'est ce qu'il se passe ? Tu sais que tu peux tout me dire.

- Je... je suis enceinte, Maxime est mon... est le prince et le duc va me tuer. Ne lui dis absolument rien.

- Ne t'en fait pas. Depuis combien de temps ?

- Un mois et demi environ, enfin je crois.

- Calme-toi, chérie. On va trouver une solution.

- La seule solution qu'on est trouvé est de me fiancer définitivement avec Alexandre.

- Je ne peux pas te laisser faire ça.

- J'ai l'impression d'entendre Maxime.

Des coups à la porte nous firent sursauter. Alexandre entra dans la chambre, tout sourire. Ma mère serra ma main. Je lui fis signe que ça va et elle sortit de la chambre. Alexandre s'avança et m'embrassa. Je ne lui rendis pas son baiser. Je serrais mes bras autour de mon ventre pendant qu'il me dévisageait. Il m'expliqua à quel point je lui avais manqué et sortit de la pièce. Je me dirigeai vers la salle de bain pour me laver la bouche mais je n'eu même pas le temps et vomi dans un seau placé à côté de la porte.

Je sortis par la fenêtre, sous la pluie et jeta le vomi dans le recoin d'un mur. Je rentrais et me mis à pleurer. Je me jetais dans l'eau chaude et pensait très fort à Maxime. Je sortis et enfilai une serviette. Je passais devant le miroir et regardais mon ventre. On ne voyait rien mais j'avais vraiment l'impression d'être un peu plus enflé. Je décidais de me coucher.


Un mois et demi ou deux mois ont passé. Je passais de plus en plus de temps devant la fenêtre. Le temps est changeant. Cela j'en suis profondément sûr. Ma mère passait me voir une fois par jour, on parlait, puis elle repartait. Une femme de chambre m'apportait mes repas à heure fixe. Alexandre est venu me voir dans ma chambre et j'avais décidé de sauter le pas mais je n'ai pas pu et je l'ai repoussé. Mon ventre s'est développé et j'avais peur que le duc le remarque. J'ai reçu une lettre de Maxime qui me disait qu'il avait du mal à se faire entendre et que le roi, notre oncle, ne pensait qu'à le marier. Chaque jour était plus pénible l'un que l'autre et Maxime me manquais de plus en plus.

Ma mère entra de nouveau dans la chambre. Elle semblait affolée. Mon cœur se serra et mes bras se placèrent automatiquement autour de la petite bosse que décrivait mon ventre. Plus elle s'approchait et plus je voyais les larmes dévaler ses joues et ses yeux bouffies.

- Ma chérie, le duc s'impatiente. Il va falloir finaliser tes fiançailles ce soir.

- Mais... je suis déjà fiancée et Alexandre me dégoutte.

Le Prince D'AgrestiaDes histoires addictives. Découvrez maintenant