/40/ Rêve éveillé

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Non ce n'est plus Juan qui est allongé sur moi, qui a ses mains posées sur mon corps et sa langue entre mes lèvres mais Yann.
Comme revenu d'entre les morts il est là. Je le sais. Je le sens.
Je le sens toucher mes seins. Poser sa bouche dans mon cou. Emmêler ses doigts dans mes cheveux.

Je le sens se durcir contre ma cuisse. Et c'est sans la moindre hésitation que je le laisse entrer en moi. Parce que c'est l'homme que j'aime. Parce que je le veux, je le désire.

Ses mouvements de va et viens sont doux et délicieusement bons.

Lorsque au bout de plusieurs minutes je sens le pic du plaisir arriver en moi je gémis involontairement son nom...

-Yann...

Soudain il s'arrête et se crispe.
Je ne comprends pas pourquoi alors j'ouvre les yeux, et mon rêve s'évapore... Juan est revenu.

-Pourquoi tu t'arrêtes?
-Tu viens de dire...

Je le coupe:

-Je sais.

Je le pousse sur le côté du lit et me redresse en position assise, mais il m'attrape par l'épaule et me rallonge, il se penche sur moi.

-Devenir comme moi implique d'oublier le passer. L'amour n'existe pas, alors arrête de faire une fixette dessus.
-Laisse tomber.
-Tu veux que je te baise, alors la condition est que tu fasses ce que je te dis.
-D'accord.
-Arrête de penser à lui.

Je baisse les yeux.

-Je sais... j'essaye.

Bien sur c'est faux. Je ne veux pas oublier. C'est la seule chose qui me maintienne en vie: son souvenir.

-Tu ne dois pas essayer. Tu dois réussir.
-D'accord...
-Et j'ai une solution pour ça.

Je l'interroge du regard.

Viens avec moi.

Sans même prendre la peine de s'habiller il m'attrape par le poignet et nous partons de la chambre.

Il me conduit d'un pas vif jusqu'à la cave. Nous descendons les escaliers et il s'arrête devant la porte... cette porte qui me terrifie tant...

-S'il te plaît... ne l'ouvre pas.
-C'est la seule solution Zala. Et tu le sais.

A l'instant où il ouvre la porte une atroce odeur pestilentielle s'introduit dans mes narines. J'en ai la nausée.

Il entre et m'ordonne de le suivre.

Quand il allume la lumière ce n'est pas le corps de Yann qui est devant moi, mais une masse aux courbes plus ou moins humaines, à moitié décomposé, des mouches bleues posées un peu partout sur de la chair tombante, à moitié décollée des os.

-Je crois que je vais... vomir.
-Tu n'as pas intérêt! Si la vue d'un cadavre te dégoûte autant tu n'arriveras jamais à tuer personne.

Si... toi.

-Si je t'ai amené ici ce n'est pas juste pour le regarder. Il est temps qu'on se débarrasse du corps.
-D'a... d'accord.
-Mais avant je vais te prendre contre ce mur, et pendant que je te baise tu regarderas bien son cadavre. Je veux que la seule chose qui te vienne en tête quand tu penses à lui est cette image que tu auras!

Zala Des histoires addictives. Découvrez maintenant