/56/ Tu ne comprendrais pas

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J'attends que Jules se rendorme dans mes bras pour retourner dans ma chambre sans faire de bruit.
J'éteins la lumière du couloir au dernier moment et file à toute vitesse sous la couette comme une enfant.

-Il avait fait un cauchemar?
-Oui.
-Il te ressemble beaucoup.
-Mmm...

J'hausse les épaules. Je n'ai pas l'impression qu'il me ressemble. En lui je vois Juan. Dans les traits de son visage, dans ses manières, dans les peu de mots qu'il dit, mais surtout dans son sourire. Ce sourire d'ange qui hante mes pensées en toutes circonstances.

Nicolas se rapproche de moi et passe sa main autour de ma taille avant de coller son visage dans le creux de mon cou.

-Je t'aime Zala.

Je ne réponds rien. Je pause ma main sur la sienne c'est tout. Parce que je ne peux pas lui mentir. Je ne peux pas lui dire « moi aussi » comme n'importe qui l'aurait fait. Parce que je ne l'aime pas. L'aimer est mon vœu le plus cher. J'essaye de toutes mes force de l'aimer. Mais je n'y arrive pas. Je n'y peux rien. Mon coeur est déjà pris. Il est prit par le père de mon fils.

***

Lorsque le médecin m'a annoncé ma grossesse je suis restée complément muette et impassible.
Ma mère a encore pleurer... comme toujours. Et mon père ne savait pas comment réagir.

-D'après les... tests... que nous avons réalisé sur vos différents violeurs, le père de cet enfant est celui qui vous gardait captive. Juan Sanchez.

Elle me fixe dans les yeux à la recherche de larmes de ma part. Mais mes yeux sont secs.

-Je sais c'est une énorme nouvelle... mais ne vous inquiétez pas! Nous avons tout mis en œuvre pour que votre avortement se déroule le plus sereinement possible et...
-Je ne veux pas!

Tous les regards se sont posés sur moi.

-Pa...pardon?!
-Je ne veux pas avorté! Il est hors de question que l'on m'enlève cet enfant!

Mon père m'a attrapé Le Bras.

-Mais enfin Zala tu ne peux pas le garder...
-Si. Je vais le garder!

Ma mère a pleurer de plus belle et le médecin a tenté de ne pas montrer qu'elle était complètement déstabilisé.

-Bon... et bien... euh... peut-être devriez vous y réfléchir...
-C'est tout réfléchis! Je n'avorterais pas! Inutile d'essayer de me faire changer d'avis vous ne pouvez pas m'empêcher de le garder!
-Non... bien sur...  nous ferons se que vous voudrez mais vous êtes encore sous le choc de la nouvelle et...

Je me suis levé brusquement.

-Vous ne toucherez pas à mon enfant! Allez vous faire foutre! Je veux partir de cet hôpital!

Je ne m'en souviens plus mais il paraîtrait que j'ai lancé ma chaise au visage de la femme.
Des infirmiers m'ont mis sous calmants pendant une journée. Mais ils ne pouvaient pas me garder éternellement malgré l'avis du médecin. Alors je suis parti.

Je suis resté chez mes parents jusqu'à mon accouchement. Et puis je suis parti avec mon fils. J'ai rencontré Nicolas et tout est allé très vite.

Nous avons emménagés ensemble. Je sais qu'il a tout de suite considéré Jules comme son fils alors j'ai accepté qu'il soit légalement son père et je sais qu'il en ai fier.
Nicolas est pure... bien plus pure que moi. Il aime Jules. Et il m'aime. Il veut notre bien. Et c'est pour ça que je reste avec lui. Pour sa tendresse et son amour.

***

-Zala...
-Oui?
-Je t'aime mais... je n'y arrive plus.

Je me tourne vers lui. Fixant dans l'obscurité de la nuit les traits de son visage.

-Je n'arrive plus à supporter tout ça.
-Tout ça quoi?
-Tu passes ton temps à m'ignorer et à faire comme si je n'existais pas. Les seuls moments où tu m'apporte de l'attention est lorsque tu veux que je te touche. Et... je n'aime pas la façon dont tu veux que je te touche d'ailleurs. Je trouve ça... mal saint. Tu veux que je te fasse mal. Tu veux que je te frappe, que je te pénètre avec violence, que je te gifle, que je te tire les cheveux... Et tu ne veux rien me dire. Je ne sais pas d'où tu viens Zala! Je ne sais pas qui tu es! Je ne sais pas qui es Jules! Je l'aime comme mon fils et tu le sais mais je dois savoir!

Il soupire et cherche mon regard.

-Ca fait 2 ans et demi que je te connais et que je t'aime. Mais se n'est plus possible. Tu ne veux pas me dire d'où vient toutes tes cicatrices... même pas ces lettres sur ta joue! Et... oh Zala... je t'en pris! Tu me dois des réponses!

Je sors du lit et lui tourne le dos.

-Je ne te dois rien. On en a déjà parlé. Tu ne poses pas de questions et moi je fais comme si mon passer n'existait pas.
-Mais tu n'y arrives pas Zala! Ton passer fait parti de toi et ça se voit!
-Tu ne pourrais pas comprendre.
-Bien sur que si...
-Non. Personne ne peut. Mes parents ne m'ont pas compris. Les psy ne m'ont pas compris. Les médecins ne m'ont pas compris. Le seul qui me comprenait et qui me connaissait est mort.

C'est la première fois que je lui en dit autant.

-Qu...quoi? Qui est mort?
-L'homme que j'aimais.
-Co...comment? Comment est-il mort?

Je me retourne vers lui.

-Je l'ai tué.

Zala Des histoires addictives. Découvrez maintenant