Les semaines suivantes, c'est Carter qui m'a accompagné aux cours de yoga prénatal. Dès qu'il a appris le comportement de Justin, il n'a pas hésité une seconde. Sa présence est un véritable soulagement, car, contrairement à Justin, il me soutient et participe activement. Sa bonne humeur et son implication allégent l'ambiance des séances, me faisant presque oublier les tensions récentes. Il est patient, respectueux et surtout présent, ce qui fait toute la différence.
Alors que nous nous installons côte à côte sur les tapis de yoga, un couple près de nous engage la conversation. Ils sont présents à tout les cours et la femme semble bien avancée dans sa grossesse, tout comme moi. Son ventre est énorme et semble lourd à porter.
— Vous formez un si joli couple, murmure la femme avec un sourire aimable. C'est beau de voir un jeune papa si impliqué.
Face à ses mots, je sens Carter se raidir et je me force à sourire pour ne pas trahir mon malaise. Avant que nous ayons le temps de corriger son impression, elle poursuit :
- On voit que ce bébé est déjà bien entouré d'amour, c'est vraiment touchant. Vous êtes tellement chanceux.
Ses mots restent en suspens. Je ne veux pas entrer dans les détails de notre situation compliquée avec des inconnus et encore moins rappeler à Carter qu'il n'est pas le père du bébé. Lui non plus ne dit rien, esquissant un sourire poli tout en évitant de croiser mon regard.
Après la séance, le malaise persiste dans le silence entre nous. Je m'efforce de penser à autre chose mais il semble évident que cette confusion de rôles l'affecte plus que je ne le pense.
En quittant le studio, il m'invite à dîner pour détendre l'atmosphère. Une dizaine de minutes plus tard, nous nous retrouvons dans un petit restaurant tranquille, une ambiance chaleureuse flottant autour de nous. La soirée se déroule agréablement et pour la première fois depuis longtemps, je me sens apaisée. Pas calme mais relaxée, comme si tout va bien dans ma vie. J'ai un sentiment de normalité. Carter sait comment me faire sourire, comment me rappeler que je peux avancer malgré tout. Il me parle de ses projets, de ses rêves et l'espace d'un instant, je me surprends à imaginer un futur plus simple, où il est là et où tout va bien.
Mais en rentrant, la réalité me rattrape violemment, comme trop souvent.
En approchant de mon appartement, je vois une silhouette familière près de la porte : Justin. Je ne sais même pas comment il a découvert mon adresse mais je suppose que ma mère y est pour quelque chose. Après tout, elle pense que notre relation s'est améliorée. Je lui ai dis que Justin m'accompagne au cours, qu'il est gentil avec moi et qu'il prend soin de moi. Comment aurais-je pu lui dire la vérité ? Qu'il est la pire personne au monde.
Je remercie Carter pour la soirée, l'invitant à rentrer à l'intérieur. Mais il me lance un regard inquiet, ses yeux trahissant clairement son malaise à l'idée de me laisser seule face à Justin. Il est visiblement soucieux de me laisser seule avec lui. Ce regard, à la fois protecteur et inquiet, me fait réaliser qu'il est plus attentif à ce qui se passe entre nous que je ne l'ai cru. Mais je ne peux pas fuir une vraie conversation avec Justin indéfiniment.
- Ne t'en fais pas Carter, je m'en occupe, dis-je doucement, lui souriant pour le rassurer.
Il hésite mais finit par hocher la tête.
Alors que je me tourne vers Justin, je sens déjà la colère émaner de lui. Ses traits se durcissent, sa mâchoire se contracte et ses yeux lancent des éclairs de colère. Dès que Carter s'éloigne assez pour ne plus être dans notre champ de vision, Justin se tourne vers moi, son regard glacé me transperçant comme une lame.
- Alors, c'est ça ta nouvelle vie ? Tu te pavanes avec ce mec alors que t'es enceinte, lance-t-il d'une voix mordante, laissant transparaître son mépris.
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HEARTBREAKER
FanfictionLes gens disent souvent que leur adolescence est la meilleure partie de leur vie. Parce que quand on est jeune, on s'amuse, on fait la fête, sans se soucier du lendemain. On ne pense qu'à l'instant présent, on fait des erreurs et on profite puisqu'o...
