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L'après-midi chez la famille de Justin fut simple et chaleureuse. Juliet, qui était arrivée durant la matinée, avait pris Sualen dans ses bras dès notre arrivée et ses parents n'avaient cessé de répéter à quel point elle ressemblait à Justin. On avait mangé dehors, sous les arbres du jardin, et pour une fois, tout avait été fluide. Pas d'effort à faire, pas de tension dans l'air. Juste une famille réunie autour d'un bébé qui faisait l'unanimité.
Je me rappelais quand j'avais mis les pieds ici avec Sualen pour la première fois, comment ça avait été compliqué mais on s'en était bien sorti au final. Peut-être que traverser tout ça avait été nécessaire pour mieux nous rapprocher.

Quand le moment de partir arriva, la mère de Justin insista pour que Sualen reste dormir chez eux. « Profitez un peu de votre soirée », avait-elle glissé avec un clin d'œil complice. On s'échangea un regard, hésitants, puis on accepta.

Sur le chemin du retour, la route était silencieuse mais apaisante. Le ciel virait au bleu nuit et l'air était encore frais malgré la fin de journée. On arriva chez mes parents mais la maison était vide. Pas un bruit.
Je fronçai les sourcils.

- Ils sont sortis ?

Justin haussa les épaules en posant ses clés. J'allai pour allumer la lumière mais rien ne se passa.

- Les plombs ont sauté, fis-je.

- Non. Attends, reste là.

Il disparut dans la pièce voisine et je le vis revenir quelques secondes plus tard avec une bougie allumée. Il la posa sur la table basse et la petite flamme fit danser les ombres sur les murs. Puis il en alluma une autre. Et une autre. Jusqu'à ce que la pièce soit baignée d'une lueur dorée, douce, presque irréelle.
Je le regardai, un peu confuse, mais le cœur déjà battant plus vite.

- Qu'est-ce que tu fais...?

Justin s'approcha, glissa sa main dans la mienne, et s'agenouilla sans un mot.
Mon souffle se coupa.
Il sortit une petite boîte de sa poche. Le genre de boîte qui change une vie.

- Je suis loin d'être parfait, Shanel. Je fais encore des erreurs. Mais si j'ai appris une chose cette année, c'est que je veux me relever de toutes mes erreurs avec toi. Je veux que Sualen grandisse en sachant que ses parents se sont choisis, pas par obligation, mais par amour.

Il ouvrit la boîte. Une bague simple. Élégante.

- Est-ce que tu veux m'épouser ?

Je n'arrivais plus à parler. Ma gorge était serrée, mes yeux déjà mouillés. Et dans ce silence tamisé, je me surpris à sourire à travers les larmes.

- Oui, soufflai-je. Oui, je le veux.

Il se releva, glissa la bague à mon doigt et m'enlaça si fort que j'eus l'impression que le monde allait s'écrouler autour de nous. Mais même s'il l'avait fait, je n'aurais pas lâché prise.

On resta là quelques secondes, l'un contre l'autre, à écouter nos respirations se calmer. Son cœur battait vite contre le mien et je savais qu'il ressentait exactement la même chose que moi.
Quand il recula légèrement pour plonger son regard dans le mien, un sourire étira lentement ses lèvres. Il passa son pouce contre ma joue puis mes lèvres.

- Tu sais, il murmura, j'avais répété mille fois ce que j'allais dire... et j'ai oublié la moitié.

- C'est pas grave, dis-je en riant doucement. Tu as dit ce qu'il fallait.

Quelques minutes plus tard, alors qu'on était encore blottis l'un contre l'autre, nos souffles mêlés dans un silence paisible, le téléphone vibra sur la table. Justin tendit le bras pour le prendre, un sourire déjà amusé aux lèvres.

- C'est ta mère, annonça-t-il après avoir jeté un coup d'œil à l'écran. Je parie qu'elle n'a pas attendu plus de cinq minutes avant de craquer.

Il décrocha, mit le haut-parleur.

- Allô ?

- Alors, demanda immédiatement la voix un peu trop impatiente de ma mère. Elle a dit oui ou tu t'es dégonflé ?

Je ris doucement, serrant un peu plus la couverture contre moi.

- Elle a dit oui, répondit Justin avec une fierté calme.

Un silence puis des exclamations joyeuses se firent entendre à l'autre bout du fil, mêlant nos deux familles. Ma mère réclama que je prenne le téléphone et je dus leur confirmer moi-même, encore rougissante, que oui, j'avais dit oui.

- Vous avez ouvert le champagne sans nous ou on vient, lança la mère de Justin en riant.

- Venez, répondis-je amusée.

Justin raccrocha en souriant, posa le téléphone sur la table et m'embrassa le front.

- Allez, fiancée, on a une fête qui nous attend.

La soirée s'intensifia alors que nos parents arrivaient, apportant avec eux une énergie supplémentaire. La mère de Justin prit une seconde pour admirer la bague que j'avais au doigt puis l'embrassa tendrement sur la joue et en riant.

- Je savais que tu finirais par lui passer la bague au doigt, lança-t-elle d'un ton malicieux. Mais je ne pensais pas que ce serait si rapide !

Le père de Justin, lui, se contenta d'un regard approbateur, son sourire discret trahissant pourtant une forme de fierté. Sualen, toujours endormie dans son berceau, ne semblait pas perturbée par le tourbillon de voix et de rires autour d'elle.
On se retrouva tous autour de la table, unis dans la chaleur de ce moment particulier. Les conversations se mêlaient aux éclats de rire, aux discussions sur le mariage et l'organisation. Le temps semblait se suspendre et je me laissais porter par l'instant.
Justin, bien que souriant, me lançait des regards pleins de tendresse. Il semblait heureux, détendu, comme s'il n'y avait rien de plus important que ce moment avec nos proches, là, à fêter notre engagement. À ses côtés, je me sentais tellement bien, tellement à ma place.

- Alors Shanel, tu as pensé à la date ou c'est encore un secret, demanda Juliet, les yeux pétillants.

Je rigolai doucement, me sentant un peu perdue dans la question. C'était tellement rapide, tellement inattendu. Mais, en même temps, c'était exactement ce que je voulais.

- On n'a pas encore décidé, répondis-je en jetant un regard complice à Justin. On a tout le temps pour ça.

Justin hocha la tête, une lueur de malice dans les yeux.

- Exactement. On a encore toute une vie devant nous pour choisir.

Il m'embrassa sur la tempe, son geste tendre me faisant sourire. La soirée continua ainsi, simple et chaleureuse. Les conversations se poursuivaient entre verres de champagne, anecdotes du passé et rires, et à chaque instant, je me rendais compte que, ce soir-là, tout ce que j'avais toujours espéré, c'était là, dans cette pièce. Entourée des gens que j'aimais et en route vers un futur avec Justin, ma famille et Sualen.
Les heures passèrent, mais aucune d'entre elles ne semblait avoir de fin.

Les semaines suivantes, Juliet s'autoproclama planificatrice de mariage. Chaque jour ou presque, je recevais une avalanche de messages : des liens vers des robes, des tableaux Pinterest débordant de fleurs pastel, des listes de prestataires locaux ou encore des photos de chaussures si brillantes qu'on aurait dit qu'elles parlaient. Elle était à fond. Et moi, entre deux cours et un biberon, je riais devant son enthousiasme contagieux.

- Elle m'a encore envoyé une robe, riai-je à Justin en lui tendant mon téléphone. Regarde celle-là... on dirait que je vais me marier à Versailles.

Il éclata de rire.

- Ça manque juste d'un trône doré et de trois chevaux blancs.

On se taquinait, on plaisantait et même si tout n'était pas encore décidé, ni la date, ni le lieu, ça nous rapprochait.
Le soir, une fois que Sualen dormait, on s'installait tous les deux, parfois pour discuter sérieusement de la cérémonie, d'autres fois juste pour rêver à voix haute. On n'était pas pressés. On voulait juste faire les choses à notre rythme, sans pression.

Et parfois, dans le calme, je me surprenais à espérer. Espérer que rien ne viendrait troubler cette paix qu'on avait enfin trouvée. Rien pour fissurer ce qu'on était en train de bâtir.

HEARTBREAKERDes histoires addictives. Découvrez maintenant