Je n'ai pas réussi a trouver le sommeil cette nuit. Les mots de Justin, les regards déçu de mes parents, les jugements de nos voisins, tout tourne dans mon esprit. Mon ventre noué par la colère et le chagrin me rappelle la soirée avec une intensité douloureuse.
Une vague de chaleur m'envahit entièrement puis je me sens nauséeuse, ce qui me force à me lever précipitamment pour courir jusqu'à la salle de bain. Je sens mon estomac se tordre et bientôt, je suis prise de vomissements si violents qu'ils me laissent tremblante.
Alors que je tente de retrouver mon souffle et mon calme, une douleur aiguë me saisit au bas-ventre. Similaire à une douleur de règle mais encore pire. Le genre de douleur qui nous casse en deux.
J'étouffe un cri et pose une main sur mon ventre comme pour protéger le bébé. Mais la douleur revient par vagues, de plus en plus intenses, et je sens la panique m'envahir. Ma respiration se fait haletante et chaque contraction laisse en moi une crainte profonde, celle que le bébé puisse être en danger.
Mes parents, alertés par les bruits, se précipitent vers la salle de bain. Ma mère pousse la porte, les yeux écarquillés de terreur en me voyant recroquevillée de douleur.
- Shanel, s'écrie-t-elle, se précipitant pour me soutenir. Que se passe-t-il ?
- Maman... je... j'ai des contractions, dis-je d'une voix à peine audible.
Mon père, désemparé mais déterminé, nous aide à descendre les escaliers et à rejoindre la voiture, sans perdre un instant. Alors que la voiture démarre en direction de l'hôpital, je serre la main de ma mère, les larmes aux yeux, priant pour que cette douleur ne signifie pas le pire.
À l'hôpital, l'infirmière m'ausculte tandis que mes parents attendent, inquiets. Après plusieurs tests et examens, le médecin finit par me rassurer : ce n'est qu'une fausse alerte, probablement due au stress intense que j'ai accumulé. Le bébé va bien mais je dois absolument me reposer et éviter tout conflit.
Au petit matin, lorsque nous rentrons à la maison, épuisés, une surprise si on peut l'appeler comme ça, nous attend sur le perron : les parents de Justin, visiblement soucieux, attendent là, mains jointes.
Mon père soupire, l'air excédé mais ouvre la porte et les laisse entrer. La fatigue de la nuit n'a pas atténué les tensions, bien au contraire. Ils prennent place dans le salon, leurs regards lourd d'inquiétude.
- Shanel, dit la mère de Justin avec une voix qu'elle voulait douce mais déterminée. Il faut qu'on parle de ce qui s'est passé hier soir.
- Penny ! On revient tout juste de l'hôpital parce que ton fils a causé une scène hier soir et que le stress lui a causé une contraction, s'indigne ma mère. Ce n'est pas le moment !
- On a appris cette nouvelle de façon brutale et Justin... enfin, il est perdu. Il ne s'attendait pas à devenir père comme ça. C'est une énorme responsabilité.
- Et ce n'est pas une énorme responsabilité pour Shanel ? Il y a quelques heures seulement, sa santé et celle du bébé étaient en danger ! Mais on doit avoir pitié de Justin parce qu'il est perdu ?
Je reste silencieuse un instant, sentant une vague de colère et de douleur monter en moi. Les souvenirs de la soirée, les mots cruels de Justin résonnent encore dans mon esprit et je sens sur moi le poids de tout ce que j'ai enduré. Avec toute la fermeté dont je suis capable, je réponds :
- Je comprends votre inquiétude à tous mais il n'y a pas de soucis à se faire pour Justin, il ne fera pas partie de la vie de ce bébé. C'était déjà prévu, j'élèverai cet enfant seule donc ce n'est pas la peine d'en discuter.
Un silence lourd s'abat dans la pièce. Personne ne s'attendait à ce que je réagisse mais j'en ai assez que tout le monde prenne la parole à ma place. J'ai l'impression d'être devenue une marionnette qui n'a plus autorité sur sa propre vie alors que toutes les décisions me concerne.
Les parents de Justin froncent les sourcils puis se regardent, interloqués, comme s'ils ne peuvent pas croire ce qu'ils viennent d'entendre. Finalement, son père, l'air grave, prend la parole.
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HEARTBREAKER
FanfictionLes gens disent souvent que leur adolescence est la meilleure partie de leur vie. Parce que quand on est jeune, on s'amuse, on fait la fête, sans se soucier du lendemain. On ne pense qu'à l'instant présent, on fait des erreurs et on profite puisqu'o...
