Les jours se sont écoulés silencieusement. Ma chambre est devenue une sorte de sanctuaire où je me réfugie du matin au soir et où je peux m'isoler du monde, un cocon où je tente de rassembler mes pensées éparpillées. J'évite le monde extérieur, comme si mes murs sont la seule protection contre la douleur et le chaos qui régnent en moi.
Je ne fuie pas mes parents, pourtant le poids du sentiment de les avoir déçus est si intense qu'il me paralyse entièrement. Ce poids rend les conversations difficiles, les silences lourds et même leurs tentatives de réconfort semblent creuser un peu plus le fossé entre nous.
Alors que les doux rayons de soleil du matin filtrent à travers les rideaux de ma fenêtre, on frappe doucement à la porte et ma mère entre avec son habituel sourire que je n'arrive plus à lui rendre. J'ai l'impression que le bonheur m'est interdit et je m'enferme dans cette idée dont je n'arrive pas à me défaire.
Elle s'assied à côté de moi sur le lit puis pose une main réconfortante sur mon ventre. Ce geste semble vouloir me rappeler que, malgré tout, la vie continue en moi.
- Il faut qu'on discute, tu ne peux pas éviter nos conversations éternellement. Ton père et moi, on a fait des recherches. Je voudrais t'aider à voir d'autres possibilités pour ton avenir. Rien n'est perdu.
Je lui lance un regard interrogateur, un peu incertaine de ce qu'elle veut dire. Elle sort alors un petit tas de brochures colorées de son sac, qu'elle pose délicatement sur mes genoux.
- J'ai pensé à une option qui pourrait t'offrir une chance de reprendre tes études sans tout sacrifier, dit-elle en jetant un coup d'œil aux brochures. Il y a la possibilité de l'adoption, tu sais. Je sais que ce n'est pas une décision facile mais tu pourrais te donner un peu de temps pour y réfléchir...
- Maman...
- Cela te permettra un avenir stable, comme tu l'avais rêvé et au bébé de vivre dans une famille plus appropriée, plus calme. Tu te sens prête à devenir une mère au foyer ? Shanel, tu pourrais retourner à l'université après l'accouchement et mettre de côté ce passage de ta vie. Comme si ça n'avait jamais existé.
Mes yeux parcourent les brochures sans vraiment les regarder. Elles montrent des visages de couples souriants, des familles aux regards chaleureux, des images qui semblent si éloignées de ma propre réalité. Ma gorge se serre et j'ai du mal à formuler une réponse. Ce sujet, bien que jamais évoqué directement jusqu'à présent, a toujours flotté dans un coin de mon esprit mais l'entendre de la bouche de ma mère lui donne soudainement une étrange forme concrète. L'adoption apparaît parfois comme un échappatoire, un moyen de protéger ce bébé d'un avenir que je redoute de ne pas pouvoir lui offrir. Mais cette idée me déchire.
- Maman, je... je ne sais pas quoi penser de tout ça. J'ai déjà du mal à me projeter dans l'avenir, alors décider de cela... c'est... c'est énorme.
Elle me prend doucement la main, serrant mes doigts dans les siens avec une tendresse infinie. Serais-je capable de renoncer à lui mais aussi d'aimer ce petit être comme je le devrais ? Je n'ai aucune réponse pour le moment.
- Shanel, sache que quelle que soit ta décision, je serai là pour te soutenir. Mais je ne veux pas te voir renoncer à ta vie et à tes rêves. Ces familles, ajoute-t-elle en désignant les brochures, sont des gens qui rêvent d'offrir amour et stabilité à un enfant. Peut-être que cette option pourrait t'aider à reprendre le contrôle de ta vie, tout en sachant que ton bébé sera entouré d'amour.
Mes pensées se bousculent et je sens le poids de ses mots dans chaque fibre de mon être. L'idée de l'adoption me fait ressentir une immense culpabilité comme si je renonce à une partie de moi-même. Et en même temps, une partie de moi comprend ce que ma mère essaie de dire. Après tout, je suis son bébé à elle. Et je compte plus pour elle que l'enfant que je porte dans mon ventre. Mon avenir est plus important et elle le sait autant que moi, que cette option peut être une façon de me retrouver, de me donner l'opportunité de construire la vie que j'avais prévue, tout en offrant une autre chance à mon enfant.
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HEARTBREAKER
FanfictionLes gens disent souvent que leur adolescence est la meilleure partie de leur vie. Parce que quand on est jeune, on s'amuse, on fait la fête, sans se soucier du lendemain. On ne pense qu'à l'instant présent, on fait des erreurs et on profite puisqu'o...
