chapitre 18

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Les fêtes de fin d'année sont derrière moi et la tranquillité de ma maison s'est transformée en une nostalgie un peu amère. J'ai réussi à laisser derrière moi le chaos des événements récents mais une certaine tension m'habite encore, et je sais qu'elle est prête à refaire surface à tout moment. En retournant au campus, je savais que rien ne serait plus comme avant.

Les couloirs, d'habitude animés et bruyants, semblent étrangement calmes alors que je traîne mes bagages jusqu'à l'appartement que je partage encore, pour le moment, avec Caleb. Entrer dans cet espace me fait ressentir un étrange mélange de familiarité et de malaise. Le salon, les murs, chaque objet me rappellent des moments que je veux oublier, des souvenirs encore marqués par la trahison de Caleb.
Il n'est pas là quand je pose mes affaires et je n'ai pas l'intention de le chercher. Il est devenu un inconnu dans ma vie et il est hors de question de lui laisser le moindre espace dans mon esprit. La décision est prise : je dois trouver un autre endroit pour recommencer, ailleurs, loin de lui et cette douleur qui me colle encore à la peau. La première chose que je fais après avoir rangé mes affaires est d'ailleurs de chercher un studio. Les petites annonces, les visites potentielles, tout cela devient rapidement une distraction bienvenue. Mais trouver quelque chose d'abordable et de disponible tout de suite n'est pas simple, et je commence à me dire que la colocation serait mon dernier recours. Cependant, m'imaginer élever un bébé dans un espace avec un inconnu ne me semble pas être une meilleure idée.

Heureusement, mes cours reprennent et avec eux, une routine apaisante que j'accueille avec soulagement. Les amphis remplis, les visages concentrés de mes camarades, les lectures... Tout cela m'offre un répit. Chaque cours est comme une parenthèse où je peux me perdre dans les sujets, oublier mes soucis personnels et me rappeler pourquoi je suis là, pourquoi j'ai choisi ce chemin.

Je passe de plus en plus de temps dans les livres à la bibliothèque ces derniers jours, préférant m'y plonger lorsque je ne travaille pas plutôt que de retourner à l'appartement. La distance entre Caleb et moi se creuse chaque jour, sans un mot échangé. Nous évitons soigneusement de nous retrouver dans les mêmes pièces et je remarque qu'il fait des efforts pour être discret quand il est là. Si on se croise, c'est dans le silence le plus absolu, comme deux étrangers cohabitant par obligation.

Alors que le dernier cours de la journée touche à sa fin, je range lentement mes affaires, laissant les autres étudiants quitter l'amphithéâtre avant moi. Je suis épuisée, autant par le poids des derniers événements que par l'effort constant que je fais pour m'en distancier.
C'est alors que je sens une présence à côté de moi. En levant les yeux, je vois Carter, qui me fixe d'un regard sérieux mais bienveillant. Je ne m'attendais pas à le voir, près de moi, après tout ce temps passé sans rien se dire.

- Salut, dit-il doucement. J'ai l'impression que tu n'as pas l'air très... en forme, ces derniers temps.

Je sens une vague d'émotion monter en moi, un mélange de surprise et de soulagement. Il a toujours cette capacité à remarquer ce que d'autres ne voient pas, ce qui le rend à la fois précieux et inattendu.
Il s'approche doucement, ses yeux posés sur moi avec une attention sincère, sans jugement ni condescendance. Je tente un sourire mais il doit paraître faible et maladroit, car il fronce les sourcils, visiblement inquiet.

- Ces derniers jours ont été compliqués. Les fêtes ne se sont pas passées comme prévue et je n'ai pas pu me reposer correctement.

- Tu veux en parler ?

Pour la première fois depuis longtemps, quelqu'un semble vraiment décidé à me comprendre, pas seulement m'entendre.
Je baisse les yeux, tentant de contenir l'émotion qui menace de déborder. C'est exactement ce dont j'avais besoin, quelqu'un qui m'écoute et me comprenne.
J'ai toujours adoré parler avec Carter, il est vraiment quelqu'un de bien et malgré ce qui nous est arrivé, je l'admire toujours autant. Il est à la fois attentif, compréhensif... un très bon ami. Je sais qu'il ne peut être que ça. Mais chaque conversation avec lui a ce quelque chose de rassurant, une douceur qui apaise mes tourments sans jamais me juger. Dans ce monde trop dur, sa présence est un refuge.

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