suite à une mise à jour dans la réécriture, les chapitres suivants seront au présent.
Alors que je digère amèrement l'absence de Justin et tente de rassembler les morceaux de la nuit passée, une petite silhouette apparaît dans l'encadrement de la cuisine.
Sualen.
Les cheveux emmêlés, le pyjama à l'envers, les paupières encore lourdes de sommeil, elle se tient là, à mi-chemin entre la nuit et le matin, les yeux qui cherchent leurs repères dans la lumière de la pièce. Puis quelque chose la retient : un imperceptible changement dans l'air, une tension qu'elle ne peut pas encore lire. Elle hésite, le front légèrement plissé, comme si son corps savait avant elle que ce matin ne ressemble pas tout à fait aux autres.
- Maman, fait-elle en frottant son visage.
Je lui souris par réflexe, un sourire mécanique, fatigué.
Puis elle tourne lentement la tête, scrutant la pièce, le salon et le couloir. Son regard s'arrête un peu trop longtemps sur le canapé puis sur la chambre. Elle regarde autour d'elle, presque inquiète, presque sûre de trouver quelqu'un.
- Il est où Justin ?
Je reste figée.
Le prénom tombe de sa bouche avec une facilité déconcertante, comme une évidence. Comme si Justin faisait déjà partie de son quotidien, de ses habitudes, de ses repères du matin. Mon cœur se serre violemment.
- Il... il est parti, je réponds doucement.
Elle fronce les sourcils, perplexe, comme si la logique même du monde vient de dérailler.
- Il avait qu'il allait rester. Il a même pas dit au revoir.
Je baisse les yeux, ne sachant pas quoi dire.
- Il reviendra pour jouer, demande-t-elle avec cette petite lueur d'espoir qui me transperce à chaque fois.
Je m'agenouille pour me mettre à sa hauteur et prends ses mains dans les miennes. Elles sont toutes chaudes encore et laissent des traces de son lit, de son sommeil, de cette chaleur d'enfant qui résiste au matin.
- Je ne sais pas, ma puce.
Ses lèvres se pincent. Son regard glisse vers le salon, ce coin précis derrière le canapé où Justin apparaissait hier en riant. Elle attend. Il ne vient pas. Je la regarde faire sans rien dire, le cœur un peu serré, en espérant que les larmes ne viennent pas.
- J'aime bien Justin, murmure-t-elle. Il est gentil et il raconte bien les histoires.
Ma gorge se noue.
- Je sais, je souffle.
Elle passe ses petits bras autour de mon cou et je la serre contre moi. Ma respiration tremble un peu. Je sens son cœur battre vite contre ma poitrine. Ce petit cœur pressé, comme s'il avait besoin qu'on lui dise que tout va bien.
Je consulte mon téléphone d'une main. L'heure s'affiche et mon estomac se noue net
- Mince... On est en retard, Sualen. Allez, dépêche-toi, ma puce.
Elle s'exécute sans protester, enfile ses vêtements à moitié, se bat avec sa fermeture éclair de son manteau puis attrape son cartable en courant.
Je n'ai même pas eu le temps de lui faire prendre un réel petit-déjeuner, je lui prépare un biberon et des gâteaux à grignoter sur la route.
La matinée commence déjà dans la précipitation et l'épuisement.
Dans la voiture, Sualen tambourine contre la vitre en fredonnant une chanson mais je sens qu'elle jeté'e parfois un regard furtif vers le siège passager vide, comme si Justin allait y apparaître par miracle.
Je n'arrive toujours pas à y croire. Qu'il soit parti comme ça, lâchement, sans un mot, après ce qu'il s'est passé entre nous. Dire que je me sens utilisée serait trop simple. Ce que je ressens est pire que ça. C'est de l'humiliation. Celle qui ne fait pas que blesser mais qui rabaisse, elle rappelle à quelqu'un ce qu'il vaut aux yeux de l'autre. Et ça me ramène en arrière, malgré moi. Au bal de fin d'année. Puis à Noël, à l'hôpital, à tout ce qui a suivi. Cette longue série de moments où j'aurais dû comprendre et où je n'ai pas voulu voir. Je me retrouve au même endroit qu'avant, avec la même question qui tourne : pourquoi je lui ai donné une chance ? Qu'est-ce que j'espérais, exactement ?
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HEARTBREAKER
Fiksi PenggemarLes gens disent souvent que leur adolescence est la meilleure partie de leur vie. Parce que quand on est jeune, on s'amuse, on fait la fête, sans se soucier du lendemain. On ne pense qu'à l'instant présent, on fait des erreurs et on profite puisqu'o...
