chapitre 16

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La révélation soudaine de Caleb a fait l'effet d'une bombe dans le jardin. Il vient de briser quelque chose en moi mais surtout, il vient de briser notre amitié après de longues années. Comment a-il pu dire ça, même saoul et énervé ? Comment a-il pu me trahir ?
Je fais de mon mieux pour ne pas craquer mais plus que jamais, j'ai envie de disparaître. Le silence pèse lourdement sur tout le monde. La musique qui était douce et apaisante, s'est elle aussi soudainement arrêtée et ne laisse que la tension désagréable dans l'air. Les regards sont braqués sur moi, leurs expressions mélangeant confusion, choc et pour certains, une pointe de jugement.

Ma mère, choquée, reste debout, les bras le long du corps, le regard fixé sur moi, chargé de questions. Je sais que rien ne pourra apaiser immédiatement son étonnement. Ses yeux reflètent la confusion, l'inquiétude et une pointe de reproche.
Mon père, à ses côtés, paraît se contenir. Sa mâchoire est crispée, ses mains serrées et je lis dans son expression un mélange d'incompréhension et de colère qui monte lentement. Je devine qu'ils se demandent tous les deux comment une telle situation a pu se dérouler sous leurs yeux.
À côté d'eux, la mère de Justin, visiblement choquée elle aussi, murmure quelque chose à son mari, dont le visage reste figé, incapable de saisir pleinement la situation.
Le père de Caleb, lui, s'agite légèrement, essayant maladroitement de calmer son fils qui vacille encore sous l'effet de l'alcool et de la frustration. Caleb jure et chaque geste de son père semble inutile face au chaos de ses émotions. L'ensemble crée une scène chaotique où chaque famille, à sa manière, tente de gérer le tumulte.

Un par un, je scrute les visages autour de moi, cherchant désespérément un signe, une lueur de compréhension ou de courage. Peut-être que si j'avais croisé un simple sourire sur le visage de quelqu'un, tout aurait été différent. Peut-être que j'aurais pu trouver le courage de parler, de nier ou même d'assumer pleinement.
Mais ce n'est pas le cas. Aucun sourire. Au contraire, Megan Peters me dévisage avec une intensité qui me transperce, ses yeux semblant peser sur chaque fibre de mon être. Et Madame Redmont, notre vieille voisine conservatrice, semble scandalisée, sa bouche pincée et ses sourcils froncés dessinant un jugement silencieux mais implacable.

Jamais je ne lui pardonnerai.
Caleb a ruiné tout ce que j'ai construit.

Mes parents s'avancent alors, cherchant à calmer la situation et s'excusent pour la scène que Caleb est en train de provoquer. Ils parlent doucement, prétextant que tout n'est qu'un malentendu, essayant d'éteindre la tension palpable dans l'air. Petit à petit, les uns après les autres, les invités commencent à prendre leurs affaires et à quitter la maison, silencieux et visiblement mal à l'aise.
Le bruit des portes qui se ferment derrière eux résonne comme un rappel de ce chaos que je n'ai pas su empêcher. Et je reste là, figée, consciente que ce qui vient de se passer va laisser des traces dans les mémoires et dans mon cœur.
Bientôt, il ne reste plus que ma famille, celle de Justin et Caleb et son père, figés sur place, comme prisonniers de ce moment, incapables de se détourner de cette scène où chaque regard, chaque silence, en dit plus que les mots eux-mêmes.

C'est alors que la voix de Justin rompt le silence. Il prend une profonde inspiration, son regard fixé sur moi avec une intensité. Ce n'est plus le Justin calme et joyeux de quelques instants plus tôt mais quelqu'un d'autre, dur, rempli de colère et de ressentiment.

- C'est quoi ce bordel ? Ce bébé... ce n'est pas le mien, dit-il d'une voix tranchante. Il est probablement de Caleb et elle lui a raconté je ne sais qu'elle connerie. Ils sont inséparables, tout le monde le sait ici, non ? Qui sait ce qu'ils font quand ils sont ensemble ?

Sa déclaration me transperce comme un coup de poignard dans le cœur. Chaque mot qu'il prononce me fait mal, comme si la colère et le ressentiment qu'il laisse échapper vient s'abattre sur moi directement. Chaque accusation est une lame invisible et je découvre une violence que je n'aurais jamais imaginée venant de lui.
Ma gorge se serre et j'aimerais pouvoir parler, me défendre, expliquer la vérité avant qu'on ne me juge complètement. Mais les mots restent coincés. Et au fond de moi, je sais avec une certitude douloureuse que rien de ce que j'aurais pu dire n'aurait fait la moindre différence.
Les regards se tournent alors vers moi, cherchant une réaction, une défense, quelque chose qui pourrait confirmer ou nier ce qu'il vient de dire. Mais encore une fois, aucun son ne quitte mes lèvres.

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