Chapitre 39

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— Tu es venue, dit-il en arrivant à sa rencontre.

— Nous devons discuter.

— J'en ai parfaitement conscience.

— Il est hors de question que je signe ceci sans la moindre explication, annonce-t-elle en déposant l'enveloppe de l'avocat sur la table.

— C'est tout à fait normal et je ne m'attendais pas à autre chose de ta part, commence-t-il en jetant un coup d'œil rapide à l'objet. Mais avant nous devrions commander un verre ça nous fera du bien à tous les deux.

Le temps que le serveur prenne et ramène leur commande, le couple n'est pas très à l'aise. C'est la première fois qu'il se retrouve depuis que Gabriel a voulu prendre du temps pour régler ses problèmes. L'atmosphère devient très rapidement chargée en une énergie sexuelle débordante. La jeune femme a même peur que les clients à proximité puissent la sentir et bien qu'ils doivent parler, leur corps n'est pas de cet avis.

Chaque regard se fait de plus en plus intense et ce n'est que l'arrivée de la commande qui met un terme à cette croissance de phéromones.

Cependant c'est avec la main moite et les doigts tremblants qu'elle se saisit du verre, s'agrippant à lui comme à une bouée de sauvetage.

— Nous devons parler, dit-elle à bout de souffle.

— Tu l'as déjà dit, fait-il remarquer dans le même état qu'elle.

— Parce que c'est le cas, nous devons discuter de ce contrat.

Ne répondant pas de suite, Gabriel préfère saisir une mèche de cheveux qui lui passent devant les yeux pour la remettre en place dans son chignon.

Le souffle bloqué dans la gorge, elle observe chacun de ses mouvements s'attendant à ce qu'il descende sa main le long de sa joue comme d'ordinaire, mais il n'en fait rien.

Bien au contraire, son touché s'estompe aussi vite qu'il s'est posé sur elle.

Les yeux fermés, Emy retient les larmes qui menacent de couler. La frustration s'insinue dans chacune de ses cellules, rendant le moment encore plus douloureux qu'il ne l'est déjà. Elle envie ce contact tout autant qu'elle le redoute. Ils se doivent de parler et de mettre au clair la situation, mais l'urgence de leur corps est tout autre.

— Respire ma jolie, souffle-t-il tout contre elle.

Ouvrant les yeux, elle inspire son parfum par la même occasion, la déstabilisant un peu plus.

Son attention se focalise sur les lèvres de Gabriel qui se trouve à sa hauteur. Impossible de se concentrer sur autre chose et encore moins une discussion.

Reprenant difficilement sa respiration, elle manque de s'étouffer avec son verre lorsqu'il pose sa main sur son genou.

— Il faut que l'on discute.

— Oui, tu l'as déjà dit, s'amuse-t-il de son trouble.

— On peut peut-être le faire dans un endroit plus propice, continue-t-elle.

— C'est-à-dire ?

— Nous sommes dans un hôtel..., annonce la jeune femme en jetant un regard à leur environnement surprise par sa propre audace.

Haussant un sourcil, Gabriel l'observe quelques secondes avant de se lever et se diriger vers la réception.

La jeune femme ne perd pas des yeux le dominant qui discute avant de récupérer une clé magnétique. Revenant vers leur table il lui fait signe de le rejoindre près de l'ascenseur.

Le cœur battant à la chamade, elle se demande encore ce qui lui a pris de faire cette proposition. Heureusement pour elle le bruit de l'ascenseur se fait entendre. Mais son soulagement est de courte de durée puisqu'ils se retrouvent seul lorsque les portes se referment.

— Nous n'allons qu'au deuxième, la prévient-il tout sourire.

Arrivée à l'étage, il l'a guide jusqu'à la chambre 207 où très gentiment il la laisse pénétrer dans la chambre la première.

Elle se tourne pour mieux voir la pièce, mais avant qu'elle ne comprenne ce qui se passe. Elle se retrouve plaquée contre la porte d'entrée, une main enserrant sa gorge avec vigueur.

Surprise, Emy commence par se débattre pour respirer.

— Chuuut, chuuut, chuuut, ma jolie.

Se calmant immédiatement, elle attend qu'il reprenne la parole.

— Tu as commencé par arriver en retard et ça, ce n'est pas bien du tout, dit-il en parcourant son corps de sa main libre. Ensuite tu n'as pas arrêté de me répéter qu'il fallait que l'on discute comme si je n'avais pas compris la première fois, continue-t-il en s'attardant sur sa poitrine à travers le tissu de sa robe. Et pour finir, si nous sommes ici c'est parce que tu l'as proposé. J'espère dans ce cas que tu es prête à en assumer les conséquences, termine-t-il en attrapant le bout de son téton et pincé assez fort pour qu'elle couine doucement.


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Nouveau chapitre et je peux déjà vous dire que l'on approche de la fin de ce premier tome...

Comment tout cela va finir selon vous?

Obedience (Les chroniques d'une affranchie) TOME 1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant