Malaugurio - Mauvais présage

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Il est à présent vingt heures et chacun a rejoint ses nouveaux quartiers dans l'agrandissement du domaine. Le dîner ne tardera pas à être servi mais avant, je couche mon précieux trésor dans les petits draps en coton immaculé qui couvrent son minuscule lit dans l'immense chambre. J'entre ouvre les portes fenêtres pour faire entrer la douce brise du soir et faire danser le tissus léger des rideaux. J'installe un des sièges couleur crème juste à côté du petit lit et je caresse délicatement les joues de mon fils en fredonnant la chanson. Je commence à chanter les paroles de cette douce comptine tirée d'un dessin animé, que j'ai choisie pour lui.

« Mon bébé si joli... Mama veille, mon petit. Ne crains rien, sèches tes pleurs, viens sur mon cœur, mon tout petit. »

Soudain, un cri venant du rez-de-chaussée perturbe l'endormissement parfaitement progressif de Vito qui se met à grimacer et bientôt, à hurler. Je le prends immédiatement dans mes bras et le tiens contre moi pour le calmer. Je continue ma chanson tout en me posant des tas de questions.

« Tu es mon doux trésor, c'est toi seul que j'adore. Toi la raison de ma vie, il est joli mon tout petit. »

En le maintenant bien contre moi, je profite du calme. Quelque chose me dit que ça ne durera pas. Vito s'est déjà calmé et est presque endormi. Je le dépose à nouveau dans son petit lit, comme le plus vieil œuf de Fabergé qui puisse exister. Je referme les fenêtres et sors à pas étouffés de sa chambre en fermant bien la porte blindée. Je dévale aussi vite que possible les escaliers et plus je m'approche de l'entrée de la maison, plus les cris se font forts. J'arrive face à la porte d'entrée, découvrant mon mari en train de se disputer avec un homme en uniforme. J'interviens aussitôt.

Moi: Bonsoir, Reina Cortesi-Giovanelli. Qui êtes vous ?
Homme: Bonsoir, je suis l'officier Stanvali, je travaille au commissariat de Palerme. On m'a chargé de vous remettre cette convocation.
Cristiano: Et monsieur fait tout un vacarme parce qu'il ne peut pas donner cette fichue lettre à quelqu'un d'autre que toi !
Moi: C'est la loi mais c'est vrai que vous m'avez empêché d'endormir mon fils avec ça. Bon, de quoi s'agit-il ?

J'essaie de rester calme, je vois que Cristiano bout et dans ce genre de situation, il faut que l'un contrebalance l'excessivité de l'autre en étant le plus posé possible. Et ce n'est pas le moment de réveiller la dizaine de bambins que toutes les mères ont endormis après maintes ruses pour certains.

Officier: Je ne sais pas exactement mais vous devez vous rendre demain au commissariat à 9h30 pour être reçue par l'inspecteur Achia.
Moi: Achia dites-vous ?

Le jeune officier paraît professionnel, il ne s'emporte pas et reste totalement neutre. Seulement sa formation est à perfectionner car quand on convoque une, disons... personnalité controversée comme moi, on ne mentionne en aucun cas le nom des personnes qui veulent nous vois, que ce soit juges, avocats, inspecteurs ou même commissaires, cela est une grosse erreur.

Officier: Exact. Maintenant pouvez-vous signer ici s'il vous plaît ? C'est pour prouver que vous avez bien eu la convocation en mains propres.
Moi: Bien sûr.

J'appose ma magnifique signature sur son papier imprimé du cachet du ministère de la justice. Puis il nous salue, s'excuse du dérangement et tourne les talons.
Cristiano claque la porte pour la fermer et tourne la clé dans la serrure.

Moi: Mais tu es devenu fou ?! Tu vas réveiller tout le monde !
Cristiano: Oui je deviens fou ! Une convocation demain matin à la première heure, apportée à 20 heures en bonne et due forme, rien ne t'interpelle ?
Moi: Tu me parles comme si je venais de débarquer ici...
Cristiano: Maintenant tout ce que je me demande c'est : qu'est-ce qu'ils ont bien pu trouver encore ? Et si les papiers, les lettres qui viennent des États-Unis n'avaient pas décider d'aller intéresser la police ?
Moi: C'est possible mais il n'y a rien.

Trono - Parte DueDes histoires addictives. Découvrez maintenant