Inaugurazione - Inauguration

16 1 0
                                        

Nous sommes toujours au cabaret. L'ambiance est plus que bonne : tout le monde dans la salle rit et profite du spectacle qui a lieu sur l'immense scène en arc de cercle qui surplombe une sorte de douve dont l'eau se colore selon les lumières qui sont implantées dans le bassin. À la gauche de la scène dans un renfoncement arqué, l'orchestre joue les musiques traditionnelles qui sont utilisées pour le spectacle. Au bord du bassin qui entoure l'estrade haute d'environ un mètre, la large piste de danse ronde laisse assez de place pour s'amuser après le spectacle. Trois petites marches servent à remonter dans la partie des tables qui entoure cette magnifique salle pleine de colonnes et de moulures crème. Le carrelage laisse place à une moquette violette mi-épaisse sur toute la partie où sont installées les tables. Et les serveurs piétinent sans arrêt ce revêtement neuf, se rendant d'un bout à l'autre. Les lampes murales, les néons qui courent le long du grand mur qui fait le tour de la pièce et les immenses lustres aux pièces de verre offrent une superbe ambiance tamisée, permettant de plonger pleinement dans l'univers du cabaret.

Les garçons terminent la tour de fruits de mer qu'ils avaient commandé à quatre tandis que j'ai terminé mon ananas farci depuis environ vingt minutes. J'ai la tête appuyée sur mes bras qui sont croisés sur le haut de ma chaise, observant avec magie le fabuleux final de la revue des danseuses. Toutes en plumes, froufrous et strass, ce premier spectacle est une véritable réussite. Tout le monde est emballé. La musique se termine sur une note magistrale, les artistes prennent la pose en affichant un sourire éclatant et des confettis volent par milliers, inondant la piste de danse encore inutilisée. Tous applaudissent et sifflent pour exprimer leur admiration et leurs félicitations.
Je suis excessivement fière de notre travail à tous : Clara qui a supervisé les travaux et la mise en route des programmes de tourisme, Ugo et Eliseo qui se sont occupés de l'installation des systèmes de sécurité et de la formation des vigiles, Cesare qui s'est occupé de tout ce qui est relations commerciales et administration, Cristiano qui a structuré la sécurité et installé les postes de surveillance. Et moi, qui me suis occupée de guider cette joyeuse équipe et de commencer à basculer nos activités de blanchiment ici à Cuba. Le présentateur prend le micro dans son habit brillant et se place au milieu de la scène, entouré par les artistes. Il prononce quelques remerciements en espagnol puis annonce :

Présentateur: Je voulais aussi appeler une personne sans qui notre cabaret n'aurait pas subsisté et qui lui a permis de s'agrandir et de s'embellir, une personne emprunte de bienveillance et de créativité : Reina Cortesi-Giovanelli.

La salle applaudit tandis qu'un halo de lumière blanche vient m'éclairer. Je me lève et prends Cristiano par la main. Nous avançons entre les tables pour accéder à l'estrade en grimpant les quatre marches sur le côté qui enjambent le petit bassin coloré. Le présentateur me tend le micro et je le remercie d'un signe de tête. C'est à mon tour de parler, toujours en serrant la main de mon mari.

Moi: C'est un honneur et une grande émotion que de voir tous ces établissements touristiques et notamment ce cabaret, revivre. Ceci est l'œuvre d'une belle équipe qui est constitué d'amis fidèles, mais aussi de mon soutien inconditionnel : mon mari Cristiano. Ce soir, le spectacle vous a éblouis mais j'espère que vous êtes toujours en forme pour danser le plus longtemps possible. En vous souhaitant une bonne soirée !

Tout le monde applaudit de nouveau alors que nous regagnons nos places sans halo de lumière cette fois. Durant ce temps où les applaudissements perdurent, on entend quelques mots fuser à travers la large pièce : « Espèce de salope », « meurtriers » ou encore « enfoirés de menteurs ». Mon regard se glace mais Cristiano est plus rapide que moi et aussitôt assis, il fait signe à un vigile de le rejoindre. Il marmonne entre ses dents une phrase quasi inaudible a cause du bruit.

Cristiano: Regardez les bandes vidéos et trouvez moi les abrutis qui insultent ma femme.

Le vigile s'exécute immédiatement et je fais mine de passer l'éponge. Depuis que nous sommes arrivés ici, les provocations et les allusions malsaines à notre égard se font nombreuses. Cela me met très mal à l'aise mais aussi très en colère. Heureusement, Cristiano prend ma main gauche qui est posée sur la table. Mon alliance protégée par ses grands doigts est une image rassurante, le sourire que j'aperçois quand je lève les yeux sur lui aussi. Je souris à mon tour puis il s'avance pour m'embraser dans le cou. Quelle chance j'ai de l'avoir !

Trono - Parte DueDes histoires addictives. Découvrez maintenant