Il y a des moments dans la vie où les mots s'échappent avant même que l'esprit ait eu le temps d'en peser les conséquences, comme si la bouche agissait indépendamment du cerveau. C'était la réflexion qu'Avalon se faisait en observant les deux hommes la fixant comme si elle était un animal étrange.
Elle avait probablement été trop loin dans sa tentative d'être sympathique. Échec. Ils allaient sans doute lui demander sur-le-champ comment elle savait pour la lycanthropie de Remus. Que répondre alors ? Avalon pesait rapidement le pour et le contre, essayant de ne pas trop inclure dans ses calculs les souvenirs de son ami disparu.
Pour l'instant, Sirius Black semblait encore sous le choc, mais dans les yeux de Remus Lupin, elle voyait clairement la rapidité avec laquelle il envisageait les possibilités face à cette situation.
Comme dans un jeu d'échecs, Avalon avança son premier pion.
"Je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise, désolée..."
Une seconde de silence, puis deux, et au bout de dix interminables secondes, la question redoutée par Avalon fut posée.
"Comment ?"
Ne pas mentir, mais rester aussi évasive que possible, pensa Avalon.
"J'avais un ami qui avait lui aussi un petit souci de fourrure. Il avait les mêmes dessins que vous dans le fond de ses yeux. C'était une évidence pour moi. Mais encore une fois, je suis désolée si je vous ai mis mal à l'aise. Je n'ai rien contre les loups-garous, enfin sauf si vous vous amusez à mordre des personnes évidemment. Mais j'imagine que si Dumbledore vous fait confiance, c'est que vous êtes plus une victime de votre état qu'un bourreau. J'avais l'habitude de lui faire sa potion tue-loup ainsi que des potions revigorantes pour se remettre plus vite. Je peux continuer pour vous si vous voulez. Une occupation m'éviterait de me sentir trop en cage..."
Une atmosphère étrangement silencieuse emplissait la pièce, seule l'antique horloge en bois noir signalait que le temps s'écoulait. Les deux hommes devant Avalon semblaient se poser de nombreuses questions.
"Je peux aussi remonter dans ma chambre et faire comme si cette discussion n'avait jamais eu lieu si vous préférez..."
Sirius Black avait imaginé, avant même de la rencontrer, que la progéniture de Severus Snape ne pourrait être qu'un monstre assoiffé de sang, sarcastique, et fidèle aux idéaux des couleurs verts et argent. Imaginez alors sa surprise face à cette jeune femme qui, bien que détestée par son père, semblait plus docile et supportable que prévu. Il avait imaginé avoir affaire à une mini Snape dans toute sa splendeur. Mais il devait bien admettre qu'il ne s'attendait pas à rencontrer une jeune femme qui, bien qu'ayant les mêmes affinités que son père pour le côté obscur, les potions et les sarcasmes, ne semblait pas aussi mauvaise qu'il l'avait supposé. Ses sentiments étaient mélangés. Elle semblait inoffensive, mais la rapidité avec laquelle elle avait découvert l'état de Remus révélait une certaine intelligence. Et si elle était réellement capable de concocter la potion tue-loup, elle devait être un prodige des potions. En effet, peu de maîtres des potions pouvaient se targuer de réaliser parfaitement cette potion. Et puis, elle semblait faire la différence entre un loup-garou comme Greyback et quelqu'un comme Remus. C'était rare, surtout à son âge, d'avoir cette ouverture d'esprit. Sirius se rappela qu'elle avait mentionné un ami loup-garou, il en conclut qu'elle avait appris à réaliser la potion tue-loup pour lui. D'une certaine façon, il s'identifia à elle pendant un bref instant. Ce qui rendit Sirius Black encore plus grincheux. Par Merlin, il s'agissait de la fille de Snape, une Serpentard en devenir, peut-être même une future Mangemort ! Aucune compassion n'était possible !
Sirius fut interrompu dans ses réflexions lorsque Remus répondit favorablement à la proposition d'Avalon.
"Merci, Avalon. Je dois avouer que je suis surpris que tu aies découvert mon état aussi facilement. Mais oui, je veux bien de la potion. Comme tu le sais déjà, elle facilite grandement la vie d'un loup-garou... Et souviens-toi, nous avons conclu à un tutoiement, n'est-ce pas ?"
Remus esquissa un sourire doux, mais son regard trahissait une souffrance passée. Ses cicatrices témoignaient que toutes les pleines lunes n'avaient pas été des plus douces pour lui.
"Oui, pardon. Je vais faire attention au tutoiement... Je vais monter vous chercher les potions."
Alors qu'Avalon s'apprêtait à partir, elle entendit Sirius Black lui poser la question à laquelle elle ne voulait pas répondre.
"Votre ami loup-garou, vous avez dit 'était'. Il lui est arrivé quoi ? Vous avez loupé la potion et il a explosé comme une grosse citrouille ?"
Mais qu'elle con pensa Avalon. Elle prit une grande inspiration et, d'une voix calme mais glaciale, lui répondit :
"Non, monsieur Black. Vous avez sans doute entendu parler de l'attaque sur Ilvermorny il y a plusieurs mois. Il en est mort. Et tout comme j'imagine que vous n'avez pas envie de me raconter pourquoi vous avez fini à Azkaban, je ne souhaite pas m'étendre sur le sujet."
Sirius reconnut dans le ton employé par Avalon sa filiation avec son père. Elle parlait lentement et froidement, comme si elle lui faisait le cadeau de bien vouloir lui parler, comme s'il était un demeuré et elle une sainte de bien vouloir lui répondre.
Sirius ne dit rien, imaginant dans sa tête comment lui rendre la vie impossible comme il avait pu le faire avec son père durant leurs années à Poudlard, mais il se rappela également que James n'était plus là, et que sans lui, ce ne serait jamais pareil.
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Avalon Pendragon - fille de Severus Snape
FanfictionL'histoire avait été mise hors ligne le temps que je modifie et avance l'histoire, elle n'est pas encore complétement finie, mais voilà la nouvelle version ! A partir du chapitre 9 : Un nouveau chapitre par jour. Avalon Pendragon, jeune fille de 16...
