Chapitre 1

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Quinn

Mais qu’est-ce qui m’a pris d’écouter mon frère et de venir à ce foutu rendez-vous ? Je voulais juste le trouver une nana pour ce soir, pas finir avec une migraine et l’envie de me tirer une balle. Hors de question que je reparte avec cette femme : sa voix pourrait servir d’arme de destruction massive. Je hoche la tête de temps en temps, mais j’ai décroché au moment où elle a commencé à me parler… de ses chats. Cinq. Elle en a cinq. J’aurais dû me lever et courir à ce moment-là. Jay s’est clairement foutu de ma gueule. Selon lui, elle était parfaite pour cette course. À part ses seins qui tiennent debout grâce à l’investissement d’un chirurgien très motivé, cette nana est insupportable. Je ne compte même plus le nombre de fois où elle passe la main dans ses cheveux en se checkant dans la caméra frontale de son téléphone. J’en suis à mon cinquième verre et si elle continue, je vais finir la bouteille. Et je me retiens. De ne pas exploser. J’ai promis d’être raisonnable, d’arrêter de taper des gens, de les tuer, juste parce que leur visage m’énerve. Mais avec elle, ça me démange. Elle serait plus belle avec une balle entre les deux yeux. Et surtout, silencieuse.

[Quinn : Je vais te défoncer, Jay. D’où t’as sorti cette meuf ?]

J’avale mon verre d’un trait et laisse échapper un soupir sans me cacher. Mon regard glisse sur la gauche et tombe sur une petite serveuse blonde. Elle se déplace entre les tables avec la tête de quelqu’un qui a déjà regretté sa vie six fois aujourd’hui. Elle note une commande en soufflant, complètement blasée, pendant qu’une bande de six types la déshabille du regard. Je comprends pourquoi : elle est bonne. Pas « refaite du menton à la raie du cul » comme la nana devant moi, non, elle a des formes naturelles, un regard vif, et cette énergie qui dit j’ai aucun problème à te démonter si tu me cherches. Ça c'est une femme sexy.

— Tu m’écoutes ? demande Barbie en silicone.

— Non, réponds-je sans la regarder. Je mate ma copine qui finit son service et j’ai hâte de la baiser.

Elle se retourne d’un coup pour suivre mon regard, devient écarlate, puis hystérique.

— C’est elle ta copine ? Tu te fous de moi ? Espèce de connard !

Je hausse les épaules. Zéro émotion. Je fais signe à la serveuse, avec un sourire. La brune se lève d’un bond, ramasse son sac et nous lance un regard noir de compétition.

— Salope ! crache-t-elle à la serveuse.

Cette beauté s’arrête net. Lève un sourcil. Récupère le verre plein sur son plateau… et lui balance le contenu en pleine gueule.

— C’est quoi ton problème, connasse ? Ose encore m’appeler salope et je t’explose sur la table.

Je souris. Large. Putain… voilà. Ça, c’est mon genre de femme. La brune pousse un cri strident, celui d’une bête blessée dans son ego, avant d’attraper une serviette en papier et de s’essuyer. Franchement, rien que pour ça, le rendez-vous valait le coup. J’aurais pu simplement lui dire qu’elle me cassait les couilles, mais j’avais envie de m’amuser un peu. Elle détale en claquant la porte tellement fort que les verres vibrent. La blonde, elle, reste plantée là, l’air plus blasé qu’énervé.

— C’est quoi son problème ? lâche-t-elle en secouant la tête.

Sa frange rebondit, sa queue de cheval fouette légèrement son dos. Et je la regarde enfin vraiment. Et putain… Elle est jeune, quelque part entre 20 et 25 ans, mais elle a déjà ce truc dans le regard : une assurance naturelle, un calme trompeur… et une étincelle dangereuse, comme si elle pouvait te sourire et t’égorger dans la même minute. Son visage est d’une beauté presque trop douce pour ce bar : ovale, angélique, peau claire qui accroche la lumière des néons, pommettes hautes, lèvres roses qui semblent faites pour dire des conneries cinglantes. Ses yeux bleu nuit sont d’une profondeur surprenante, pas du genre à te supplier, plutôt du genre à te mettre au défi.
Son tee-shirt violet est moulant, très moulant, et révèle une poitrine généreuse, parfaitement tenue sans artifices. Ses épaules sont fines, sa taille marquée, son corps est athlétique sans être sec : le genre de morphologie qui dit qu’elle bouge beaucoup, qu’elle court partout. Son tablier masque à peine le haut de ses cuisses, juste assez pour deviner un short invisible sous le tissu. Ses jambes nues sont musclées juste ce qu’il faut, dessinées, fermes. Et à ses pieds, des boots noires un peu usées, carrément sexy.

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