Chapitre 23

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Quinn

J'arrive à l'entrepôt vers huit heures. Après un jogging au bord de la mer, je suis en forme. Tout est calme ici, ils doivent encore pioncer. Je vais direct dans sa chambre pour vérifier qu’Ella va bien. Elle dort profondément, le petit frère collé contre elle. Parfait. Je referme sans bruit, puis direction la salle d’entraînement. Jay est déjà là à défoncer un mannequin comme s’il voulait l’envoyer dans l’au-delà.

— Jay ! Garde tes forces, mec, dis-je en balançant mon tee-shirt sur les tapis.

Il s’arrête, retire ses gants, et vient vers moi avec ce sourire de petit con qu’il adore afficher juste avant de se faire éclater la gueule.

— Quand tu veux, mon frère.

Je roule des épaules, craque ma nuque, et c’est moi qui frappe le premier. Le combat démarre sec. Jay esquive, me renvoie un crochet, je le bloque du bras et le pousse contre les cordes. Il rit comme un gosse.

— C’est tout ce que t’as ?!

Je lui fauche les jambes. Il se retrouve sur le dos, mais il m’attrape la cheville pour me faire perdre l’équilibre. On roule par terre comme deux chiens enragés, je le surplombe, il me balance un coup de genou dans le flanc, j’étouffe un grognement et je lui rends l’appareil avec un coup de coude au plexus.

— Tu vas crever, Quinn, halète-t-il.

— Essaie déjà de me toucher, putain.

On se relève en même temps. Je balance un direct qui le fait reculer d’un pas. Il lève les mains en signe de pause, avant de me provoquer.

— Je vais te mettre KO, juste pour ton ego.

— Rêve.

Je fonce. Lui aussi. On s’entrechoque au centre du tapis, il manque de glisser, je profite de l’ouverture : uppercut, crochet, son souffle se coupe, son sourire aussi. Il recule, chancelle, et...

— QUINN !!

La voix de Charly claque dans l’air comme une balle. Je me fige, Jay aussi. On soupire en même temps. Putain.

— Quoi ?! J’étais à deux doigts de le mettre KO.

— Tu rigoles, mec, j’étais en train de t’avoir, crache Jay en reprenant son souffle.

Je lui colle un coup de poing dans l’épaule, et ce petit con, fidèle à lui-même, fait une roulade arrière et sort un couteau comme si c’était normal. J’ai même pas le temps de l’attraper que Charly le chope au vol, par la peau du cou, comme un chaton psychopathe.

— Tu as buté trois mecs hier soir ! tonne mon père.

Ah, voilà l’emmerdeur. Je prends une serviette et m’éponge le visage, pas franchement alarmé.

— Ouais, je sais, j’avais dit que je me calmerais. Mais ils m’ont énervé.

— Putain, t’es pas possible. Pourquoi ? demande Charly en croisant les bras.

— Ils sont montés sur ta moto eux aussi ? T'aurais vu la gueule de l'autre con qui a osé s'approcher de son bijou.

Jay se marre en ouvrant une bouteille d’eau. Pas Charly. Lui, il n’a pas l’air de trouver ça drôle. Du tout.

— C’est bon, il va s’en remettre. La prochaine fois, il touchera pas à son cul.

— J’aimerais pas voir celui qui touchera à ta femme, un jour. Le pauvre, marmonne Charly. Alors ? C’était qui ces trois mecs ?

— Des violeurs.

Ça suffit. Il tourne les talons sans poser d’autres questions. Normal.

— Et qui était la charmante demoiselle en détresse ? demande Jay, un sourire de petit con au coin des lèvres.

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