Quinn
Jay, Charly et moi descendons de la voiture devant le LSC. On n’est pas là pour boire un verre : on vient régler un problème, et vu la tronche de Charly, le problème va prendre cher. À peine le videur tente-t-il d’ouvrir la bouche que mon père se jette sur lui comme une balle. Son poing explose le nez du gars dans un bruit sourd et humide. Le pauvre type n’a même pas le temps de comprendre qu’il vient de perdre son profil, Charly lui tord l’épaule d’un mouvement sec, un craquement dégueulasse résonne, puis il le plaque au sol avec assez de force pour lui couper la respiration. Il lui enjambe presque le torse pour ouvrir la porte. Il roule des épaules, détenteur d’une rage froide qui donne envie de se tasser sur place. Jay et moi on se regarde : même moi, qui ai l’habitude de rentrer dans le tas, je trouve ça trop " violent " À l’intérieur, le club déborde d’alcool, de basses et de corps qui s’entrechoquent. Nous, on cherche une seule personne. Les gens s’écartent en voyant Charly arriver, on dirait qu’il déplace l’air autour de lui. On suit le couloir privé. Il ne prend même pas la peine de toquer. Il ouvre la porte du bureau. Et là… Xander, le jean aux chevilles, en train de baiser la gorge d’une fille, manque de s’avaler lui-même.
— Putain les mecs ! Pas maintenant, j’allais jouir ! hurle-t-il en continuant deux secondes, comme si la situation était normale.
Charly ne dit rien. Trois enjambées. Il saisit Xander par la gorge, l’arrache de la bouche de la fille et le claque contre le mur avec une violence sèche. Jay aide la fille à se rhabiller et la sort, pendant que je me poste bras croisés.
— Alors vous n’êtes pas là pour me dire qu’elle est morte ? ricane Xander, sa bite molle battant contre sa cuisse comme un mollusque dépressif.
Charly ne rigole pas. Pas du tout. Il enfonce ses doigts dans la bouche de Xander, agrippe chaque extrémité de sa mâchoire, et commence à écarter. Un grognement de douleur lui échappe, et de la bave dégouline sur son menton.
— Tu vas m'écouter très, très attentivement, crache Charly, chaque mot vibrant de menace. Tu oublies Ella Morris. Sinon c'est ton nom qui terminera dans mon contrat.
Xander essaie de hocher la tête, mais la douleur lui arrache une grimace grotesque. Son regard se remplit de panique, celle qui dit “je vais peut-être mourir maintenant”. Charly force encore. Un millimètre de plus et sa mâchoire va faire un 180°.
— Ella ne dira rien. Et si tu touches à elle ou sa famille…
Il se penche vers lui, ses bras gonflés de tension.
— J’explique à Wills ton petit business de coke dans son dos. Et crois-moi, toi et ta gueule, vous allez finir dans un sac-poubelle.
La bave tombe sur le parquet. Xander halète, secoue la tête comme il peut. Charly le relâche enfin. Une tape sur la joue, presque tendre, mais qui fait plus mal qu’un coup de poing. Xander remonte son jean d'une main tremblante, tente de masser sa mâchoire qui craque dans tous les sens. Il récupère un rail de coke sur son bureau pour se donner du courage.
— Ok ok… c’est bon… gémit-il. Je dirai à mes hommes de pas la toucher. Pas la peine de mêler Wills…
— Tout dépendra de toi, répond mon père, d’un calme terrible. Et ne m’oblige jamais à revenir. Je déteste perdre mon temps avec des merdes, ni me répéter.
Xander renifle, l’air vexé.
— C’est bon, bordel ! Cette salope est à toi ! Je la touche pas. Maintenant dégagez.
Charly tourne les talons. Jay aussi. Moi, je reste. Je m’avance, pose ma main sur la nuque de Xander. Il tente de reculer… trop tard. Je l’écrase violemment contre son plateau de drogue. Le verre tinte, la poudre vole partout, et son nez s’enfonce dans les rails comme un putain de missile. Il gémit, un son aigu et pathétique. Je me penche, tout contre son oreille.
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SECRET LIES
RomansaLa vie paisible d'Ella prend un tournant sinistre du jour au lendemain, lorsque sa mère disparaît et que son beau-père sombre dans les vices de l'alcool et des jeux. Pour payer les dettes qui s'accumulent et protéger sa famille, Ella se retrouve con...
