Chapitre 40

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Ella

La musique vibre jusque dans mes os, une pulsation chaude qui me traverse de la tête aux pieds. Je suis en sueur, les cheveux collés à la nuque, mais je m’éclate comme jamais. Je lève les bras, tourne sur moi-même, hurle les paroles même si je les connais à moitié. Julie, Flo et Ad sont avec moi, complètement déchaînés. L’ambiance est électrique, délicieusement chaotique. Julie m’attrape par le bras, littéralement me kidnappe, pour m'entraîner vers le bar.
Elle lève la main pour commander.

— Deux Gin Tonic !

Le barman acquiesce, rapide, efficace, probablement habitué. Je commence à être déchirée, mais j’ai une soif de désertique, alors c’est pas maintenant que je vais lever le pied. Je souffle, j’essuie mon front du revers de la main. Mes cuisses collent à ma robe. J’ai chaud. J’ai tellement chaud. Un type se colle à moi. Sans prévenir. Sans demander.  Sa main glisse sur mon avant-bras.

— Tu m’as l’air d’être une sacrée coquine.

Je tourne la tête vers lui. Il a un sourire qui se veut sexy, mais qui crie surtout : bonjour, je cherche à me vider les couilles.

— Possible,  dis-je en enlevant sa main comme si c’était un mouchoir usagé.

Il insiste.

— Ouais, ça se voit. T’as déjà fait quoi de chaud dans ta vie ?

Je le regarde droit dans les yeux, parfaitement sérieuse.

— Du café. Parfois du chocolat chaud aussi. J’aime bien, ça change.

Julie explose de rire à côté. Elle se plie presque en deux avant de s’éclipser avec son verre. Le mec me fixe, mi-amusé, mi-perdu dans son propre cerveau. Il remet sa main sur moi. Il veut mourir, c’est pas possible autrement.

— Tu me plais. Je t’offre un verre ?

Je ferme les yeux une seconde. Si Quinn était là… Mon Dieu. Je vois déjà sa tête se fracasser sur le comptoir. Le bruit. Les dents. Le sang. La totale.

— Oublie le verre. Tu veux pas aller chez toi directement ?

Il cligne des yeux.  Deux fois. Comme si c'était trop facile.

— Euh… ouais. D’accord.

— Parfait. Alors rentre bien.

Je lui fais un petit signe de la main, façon ciao loser, puis je récupère mon verre fraîchement servi. Et je repars danser comme si rien ne s’était passé. J’espère qu’il a compris le message : si tu veux du sexe, choisis une autre femme.  Je me remets au centre de la piste. Flo est déjà en mode diva avec deux mecs qui dansent autour de nous comme s’ils tournaient dans un clip. Je bois mon Gin Tonic en bougeant mes hanches, les lumières rouges et violettes glissent sur ma peau. Julie, elle, est collée à Ad.
Genre collée. Il la tient par les hanches, ses mains glissent dangereusement bas. Il l’embrasse dans le cou, lentement, sensuellement, comme s’ils étaient seuls au monde. Et elle… elle fond littéralement entre ses bras. Ils sont magnifiques. Parfaits. En fusion. Je souris en les regardant. Moi aussi je pourrais faire ça. Danser contre un mec, me laisser toucher, embrasser. Mais mon corps refuse. Parce que dans ma tête, il n’y a qu’une seule personne qui a le droit de me toucher. Mon connard.

Un mec se rapproche. Trop près. Beaucoup trop près. Je recule d’un pas, mais il insiste, se colle presque à moi. Je m’apprête à l’envoyer valser quand deux bras énormes surgissent de nulle part et le projettent sur le côté comme une merde.

— Dégage, elle est à moi.

La voix. Ce putain de rugissement. Mon ventre se retourne. Quinn. Avant que j’aie le temps d’ouvrir la bouche, il m’attrape par la taille et me plaque contre lui comme si je lui appartenais. Sa bouche s’abat sur la mienne. Un baiser sauvage, possessif, dévorant. Je manque de lâcher mon verre, qui bouge dangereusement entre mes doigts, et mes jambes tremblent comme si elles venaient de lâcher l’affaire. Putain, ce mec va me tuer. Littéralement. Il m’embrasse comme si ça faisait des semaines qu’il mourait d’envie de me bouffer. Je me laisse faire deux secondes, deux secondes trop longues, puis je le mords, fort, juste pour lui rappeler que je suis énervée.

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