Chapitre 44

4.4K 294 10
                                        

Ella

Je reprends connaissance comme si je remontais d’un puits rempli de boue. Mes yeux s’ouvrent à moitié et la première chose que je sens, c’est… la douleur dans mes poignets. Je tente de bouger et tout mon corps proteste.
Et là, je comprends. Je suis attachée. Putain. Attachée. Mes bras sont tirés derrière moi, coincés autour d’une énorme poutre en bois. Sol froid. Corde épaisse. Ça gratte. Ça brûle. Ça me donne envie de hurler. Le sale enfoiré. Je tourne la tête partout autour, le cœur qui déraille. L’endroit est gigantesque, sale, poussiéreux. Des piles de cartons éventrés, des machines rouillées dans des coins, un néon qui pend comme s’il allait me tomber sur la gueule. On dirait une usine ou un entrepôt abandonné. L’ambiance parfaite pour se faire découper comme un jambon.

Combien de temps je suis ici ?
Est-ce que Quinn est rentré ?
Est-ce qu’il a vu que j’étais plus dans le salon ? Kate. Mon frère. Ils ont dû arriver et se demander où j’étais. Kate va paniquer. Quinn va devenir fou. Liam… mon dieu, heureusement qu’il n’était pas là.

Ok. Respire. Ne PANIQUE pas.

Si je panique, comment ils vont me trouver ?
Je prends une longue inspiration. Je tire sur mes liens, le plus fort possible. La corde grince. Bouge à peine. Merde. Je recommence. Rien. J’en ai MARRE de me faire enlever, attaquer, ligoter, anesthésier, menacer, putain de vie de merde !
Je finis par frotter mes poignets contre la corde, juste assez pour peut-être gruger un nœud. Mes doigts picotent. Je sens du sang. J’accélère quand même. C’est ça ou crever ici. Un bruit. Je m’arrête immédiatement, le souffle coupé. David entre dans la pièce. Il remet calmement ses lunettes, comme si je l’avais réveillé d’une sieste. Ce connard a l’air… normal. Trop calme. Trop plat. Le genre de calme qui tue.

— Déjà réveillée, dit-il d’un ton tranquille, comme s’il me demandait si je voulais un café.

— Tu vas me faire quoi ? dis-je, la voix qui tremble juste assez pour m’énerver encore plus.

Il descend accroupi juste devant moi, et son sourire me donne envie de lui planter mes dents dans la gorge.

— Tu vas disparaître comme Brandon, répond-il. Mais je sais que Quinn et ton père ne lâcheront jamais, alors tu vas gentiment les appeler. Tu vas leur dire que tu veux plus les voir. Que tu pars. Que tu quittes tout. Et tu diras à Quinn que tu le quittes. Que tu l’as jamais aimé.

Je lâche un rire nerveux. Un vrai rire. Le genre de rire "oh putain t’es sérieux, toi ?"

— Dans tes rêves, bouffon. Je ferai jamais ça. Et Quinn m’écoutera même pas, il sait quand je mens.

Son regard change d’un coup. Ses yeux se rétrécissent. Il serre la mâchoire comme s’il avait envie de me cogner jusqu’à m’aplatir.

— Bien sûr que si, reprend-il en se penchant encore plus. Sinon… je m’occuperai de ton petit frère. Il rentre aujourd’hui, non ?

Un frisson glacé descend dans ma colonne.
L’enfoiré.
L’ENFOIRÉ.

— Arrête, c’est un enfant ! j Il a déjà eu assez de merde dans sa vie, pourquoi tu fais ça ?

Ses yeux brillent d’un truc malsain.

— Ça devait pas se passer comme ça. Wills a compris que tu existais. Ta mère a essayé de disparaître mais il l’a retrouvée. Il a voulu la faire parler. Trois mois. Trois mois à la torturer. Elle n’a rien lâché. Alors un de ses hommes m’a contacté. Une belle somme d’argent contre ton adresse.

Je sens mon cœur s’arrêter. Je n’arrive plus à respirer. Ma mère… putain…

— Mary était au courant, continue-t-il, mais elle s’est tirée. Je savais qu’elle allait essayer de te contacter, mais pas par Charly. Alors j’ai suivi Kate. J’avais raison. Elle t’a donné un rendez-vous. Ensuite j’ai juste eu besoin de te suivre. Je pouvais pas laisser Mary parler. Ni Taylor quand elle a tout compris.

SECRET LIESDes histoires addictives. Découvrez maintenant