Quinn
Cet homme revient lentement à lui, comme si son cerveau remontait des profondeurs. D’abord un frémissement dans ses doigts, puis un souffle rauque. Sa tête oscille, lourde, avant que la panique ne grimpe en flèche dans ses veines. Je vois exactement le moment où son esprit se reconnecte : ses cuisses se crispent, il tire d’un bloc sur les liens, et ses yeux s’ouvrent d’un coup, vitreux de peur.
— Tu es enfin réveillé, dis-je en m’avançant. J’avais peur de t’avoir tué avant même qu’on commence à s’amuser.
Il cligne des yeux.
— Espèce de malade ! dit-il en regardant ses mains attachées. Où je suis ? T’es… t’es le type du bar. Le taré qui a planté ce mec !
— C'est bien moi. Il a poussé mon petit chat. J'étais hyper énervé. Aujourd'hui c'est toi mon jouet.
Je glisse sur la bâche noire tendue sous nos pieds, le froissement plastique résonne dans le silence. Le son suffit à le faire blêmir davantage. Je m’approche, attrape une poignée de ses cheveux et l’oblige à lever le regard.
— Ouvre la bouche.
Il serre les lèvres, résiste, un reste de fierté vissée dans les dents. Je soupire, exaspéré.
— Écoute, mon pote. Tu vas ouvrir ta putain de bouche avant que les choses deviennent vraiment désagréables pour toi. Par exemple, te couper la bite.
Cette fois, il cède. Lentement. Tremblant. Je le félicite en tapotant sa joue, comme un chien qui exécute enfin un ordre. Puis je me détourne vers l’établi où sont rangés mes « jeux ». Le métal, le verre, les outils… tout est impeccablement aligné. Je prends simplement un sucre. Son front se plisse, incrédule.
— On va jouer à un truc très simple, dis-je en revenant vers lui. Tu vas tenir un morceau entre tes dents. Si tu le casses alors je te brise un doigt. Pigé ?
Je glisse le sucre dans sa bouche. Ses dents se referment tout doucement dessus. Il me fixe comme s’il espérait y lire une échappatoire.
— J’ai rien fait… qui es-tu ? murmure-t-il sans le casser.
Toujours la même rengaine. Comme s’ils croyaient que connaître mon nom changerait la suite.
— On commence.
Je lui adresse un sourire lent, presque tendre, juste avant de lui envoyer un coup de poing au visage. Sa tête bascule, un grognement rauque s’échappe de sa gorge… et j’entends le petit crac du sucre qui cède.
Je secoue la tête, faussement déçu.
— Franchement… c’était pas compliqué.
Il commence à protester, mais sa voix se brise aussitôt sous la peur.
— Non, attends...
Je lui attrape la main, ferme, assuré. Sa respiration s’emballe, ses yeux s’écarquillent, il comprend très bien ce qui va suivre. D'un coup sec je lui brise le doigt. Le craquement de ses os est vite recouvert par son hurlement de douleur.
— Tu as perdu, mec. C'était la règle.
Il halète, secoué de spasmes, des restes de sucre collés à ses lèvres avec la salive.
— Putain… connard…
Je souris doucement.
— Et c’est seulement la première manche. Fallait pas cogner ta femme, ni l’envoyer à l’hôpital. On recommence, cette fois tu vas y arriver, c’est pas compliqué. Fais un effort.
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SECRET LIES
RomanceLa vie paisible d'Ella prend un tournant sinistre du jour au lendemain, lorsque sa mère disparaît et que son beau-père sombre dans les vices de l'alcool et des jeux. Pour payer les dettes qui s'accumulent et protéger sa famille, Ella se retrouve con...
