38 Quinn

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Quinn

Je passe la serviette dans mes cheveux en restant complètement à poil. J’ai le sang qui pulse dans ma queue rien qu’en pensant à elle.
Cinq putains de jours sans Ella. Cinq jours à devenir dingue, à imaginer cent fois comment j’allais la prendre, comment j’allais la garder contre moi jusqu’à ce qu’elle n’ait plus la force de gueuler. Elle est enfin là. Et ce soir, je la laisse plus repartir. Elle pourrait essayer, elle pourrait m’insulter, me mordre, je m’en branle. Je vais la garder, point.

C'est moi qu'elle veut...

Je traverse le salon, prêt à la coller contre n’importe quel mur, mais il n’y a personne. Je souris en avançant vers la chambre.

— J’espère que t’es déjà à poil, mon ange. Parce que vais te bouffer. T'imagines pas.

J’ouvre la porte… Et je reste figé. Le lit est couvert de fringues de meufs. Toute ma merde que je n’ai jamais rangée, jamais jetée. Les culottes, les soutifs, les strings, les robes, les petites tenues. Même le putain de tiroir de capotes est renversé.

— Merde… putain, fais chier !

Elle a tout compris de travers. Elle a dû croire que je l’avais traînée ici comme une autre. Comme si elle comptait pas. Comme si je voulais juste ajouter son odeur à la collection.

Putain mais je suis con..Je suis vraiment le roi des abrutis.

Je sprinte jusqu’au salon : plus de chaussures. La porte entrouverte. Elle s’est barrée. Putain de bordel de merde. Je m’habille à l’arrache, n’importe quoi, juste pour sortir. Elle ne peut pas être loin. Et si quelqu’un la voit en larmes, je bute le premier qui l’approche.

Dehors, je cours. Elle m’a déjà rendu dingue en montant avec Parker. J’ai failli crever en voyant ses mains sur elle, son rire, son corps contre un autre que moi. Rien à foutre de cette course, j'ai pas pu me contrôler. Attendre. C'était trop douloureux. Elle voulait me faire mal, et elle a réussie. 

Je vois Ella. Elle marche le long de la route, les épaules tremblantes, la gueule ravagée par les larmes. Mon cœur s’arrache de ma poitrine.
Putain, mon ange.

Je freine devant elle, descends en deux secondes, me plante devant elle.

— Ella ! Arrête tes conneries. Ce n’est pas ce que tu crois.

Elle s’essuie une larme d’un revers sec, croise les bras, et me transperce de tristesse.

— Ah ouais ? Tu ne m’as pas amenée dans TA garçonnière ? Là où tu baises tout ce qui bouge ?
Tu croyais quoi ? Que j’allais attendre mon tour dans la file ? Je refuse d’être comme toutes les autres.

Chaque mot me gifle. Fort. Parce qu’elle a mal. Et parce qu’elle croit vraiment ça.

— Oui, j’y amenais des nanas, OK ? Mais toi… putain… toi, c’est pas pareil.

Elle arque un sourcil, venimeuse.

— Ah ? Et pourquoi, Quinn ? Explique-moi. Ça m’intéresse.

Je sens ma mâchoire craquer. Elle comprend pas ? Elle voit pas ? Je la veux au point d'en crever. Au point de la tuer si elle fuit encore. Au point de tuer n’importe qui qui la touche. Je m’avance d’un pas, mes yeux dans les siens.

— Parce que je t’aime comme un taré. Parce que je dors plus, je mange plus, j’arrive plus à respirer quand t’es pas là. Parce que quand je t’ai vue sur la moto d’un autre, j'ai perdu le contrôle. Parce que toi, t’es pas un coup d'un soir. T’es pas un souvenir. T’es pas une culotte que je jette dans un tiroir.

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