Quinn
— Putain, elle ferme jamais sa grande gueule ! râle Jay en se garant. Je commence à regretter de pas l’avoir égorgée.
Je serre la mâchoire. Oui, elle gueule trop. Non, Jay n’a pas intérêt à me rappeler qu’il avait sa lame sur sa gorge y’a deux heures. Ça me fout en rogne rien que d’y penser. Je descends, je contourne la bagnole sous les insultes qui fusent encore dans le coffre. Sérieux, on dirait qu’on a kidnappé une sirène sous acide. J’ouvre le coffre… son pied manque de m’éclater la tronche. Je referme vite en me marrant quand je vois son regard meurtrier.
— Je te la laisse, dis-je à Jay en lui tapotant l’épaule.
Il roule des yeux mais il y va. Le coffre se rouvre : la furie est de retour. Jay attrape ses jambes en mode bûcheron et lui dit de se calmer. Elle hurle encore plus fort, bien sûr, et s’agrippe au coffre comme si elle allait tomber dans un volcan. Il finit par la soulever par la taille et la balance sur son épaule.
— Lâche-moi, espèce de barbare !
Je m’avance et je lève mon bras pour scanner mon bracelet. Les portes de l’entrepôt s’ouvrent et j’entre… avec une migraine qui veut me perforer le crâne. Jay lâche Ella dans la salle principale, juste devant Charly. Son père se dresse direct en nous voyant.
— Mais qu’est-ce que vous lui avez fait ?! demande Charly en la détaillant.
Okay, ouais, elle a une sale gueule. Entre les égratignures, les bleus, et le fait que Jay lui est tombé dessus comme un ours…
— Trois fois rien, répond Jay en se servant un verre. On a juste dû l’enfermer dans le coffre. Disons qu’elle est… pas très coopérative.
Ella regarde autour d’elle, fronce les sourcils, et sans prévenir, elle recule et chope TOUT ce qui lui passe sous la main. Crayons, verres, dossiers.
Elle nous bombarde comme si elle entrait en guerre. Charly ouvre la bouche pour tenter… quelque chose, mais elle lui coupe la parole pour nous réciter mot pour mot le code pénal, les articles, les peines, le nombre d’années qu’on va se prendre quand elle ira porter plainte. Jay lève son verre vers son père avec un regard du genre : « tu vois POURQUOI le coffre était nécessaire ».
— Bande de tarés ! Et toi, là ! s’exclame Ella en me lançant sa chaussure. Je t’emmerde !
Grinder, qui vient de me rejoindre, se met à aboyer en montrant les dents. Le genre d’aboiement qui dit « je vais t’arracher un bout ».
— Bordel ! Maintenant je vais me faire bouffer par un chien enragé ! s’étrangle Ella en se figeant.
— Évite de m’insulter, il est protecteur. Grinder, c’est bon, calme-toi.
Mon chien se couche direct. Obéissant, mais avec un regard qui dit clairement : « Donne-moi le feu vert et je la découpe ».
— Putain, même son nom fait flipper ! peste Ella.
Grinder. Le broyeur. Son nom lui va comme un gant. Sa mâchoire est puissante, il peut broyer n'importe quel membre.
Charly avance enfin.
— Bon. Ella, écoute-moi. Ici tu ne risques rien. Où est ton frère ?
Elle éclate de rire, un rire nerveux et agressif en même temps.
— Comme si j’allais vous le dire ! Sérieux, j’ai l’air débile ? ajoute-t-elle en croisant les bras. On est où ? Et pourquoi je suis là ?
Je la regarde. Son frère ? Intéressant.
— Sérieux, on aurait pu te tuer depuis longtemps, surtout avec ta grande gueule. J’en pouvais plus sur le trajet. J’aurais pu t’égorger et te jeter dans un fossé. On te fera rien, putain ! grogne Jay en lui servant un verre. Maintenant bois et détends-toi.
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SECRET LIES
RomanceLa vie paisible d'Ella prend un tournant sinistre du jour au lendemain, lorsque sa mère disparaît et que son beau-père sombre dans les vices de l'alcool et des jeux. Pour payer les dettes qui s'accumulent et protéger sa famille, Ella se retrouve con...
