Chapitre 7

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Bakugo soupire et rallume la lampe à côté de lui. Il est inquiet, le blond s'est déjà retrouvé dans cette situation, sa cousine est sujette à des crises de ce genre et il a eu à la calmer à plusieurs reprises, il prend une voix calme, beaucoup plus calme que d'habitude, ce qui étonne beaucoup Kirishima.

- Tu veux en parler ou qu'on essaie de te changer les idées ?

- Je sais pas...

Kirishima prend son visage dans ses mains, honteux et désemparé. Bakugo pose presque instantanément ses mains sur les épaules de son ami pour le tourner vers lui. Ce geste donne des frissons au rouge, qui n'est pas habitué à ce que Bakugo entame un contact physique autre que pour le pousser ou retirer le bras du rouge de ses épaules.

- Oi calme toi, on en parlera plus tard, d'abord, on respire.

Étonné par la douceur de son ami, Kirishima l'écoute. Ses mains se retirent de son visage pendant qu'il essaie de se concentrer pour retrouver une respiration normale. Sa proximité avec le blond n'aide pas à le calmer, mais le force à se concentrer sur autre chose que sa crise d'angoisse. Celle-ci finit par enfin passer, le rouge soupire quand il sent qu'il a enfin repris le contrôle de son corps et baisse la tête. Savoir que Bakugo l'a vu dans cet état, le même soir où il a découvert qu'il s'auto-mutilait, le font se sentir honteux. Son ami d'ailleurs ne dit rien, ses mains toujours fermement posées sur les épaules de Kirishima. Le rouge réfléchit à tout ce qu'il vient de se passer et se sent mal d'avoir fait subir ça à Bakugo, qui n'avait absolument rien demandé. Et maintenant qu'il va mieux, il veut laisser le blond tranquille et ne plus penser à cette fin de soirée. Il prend une inspiration pour se donner du courage et reprendre contenance avant de relever son visage vers Bakugo, un sourire aux lèvres.

- Ça va mieux, merci beaucoup. Et désolé que t'ai assisté à ça, je vais te laisser.

Il tente de se relever, mais une pression sur ses épaules l'en empêche, Bakugo le retient et le regarde droit dans les yeux.

- Si tu crois que je vais te laisser tout seul après ça c'est que t'es vraiment stupide.

- Mais... Je t'ai déjà assez embêté, je vais te laisser dormir maintenant.

- Tch, tu m'embêtes pas, tête d'orties. Tu peux rester là pour dormir.

Ça se fait ça, entre amis ? Mille questions se bousculent dans la tête du rouge qui tente de comprendre pourquoi Bakugo lui propose ça. D'un côté, il est encore très gêné de la scène qu'il vient de lui faire, de l'autre, il sait pertinemment que ses angoisses vont reprendre s'il se retrouve à nouveau seul ce soir, et puis il a bien envie de rester avec Bakugo. Le blond, lui, a simplement retiré ses bras des épaules d'Eijiro pour lui laisser le choix de partir s'il le veut. Ce dernier, après quelques secondes d'hésitation, se replace correctement dans le lit, étalant ses jambes en longueur, des rougeurs sont apparues sur ses joues tandis que Bakugo essaie de cacher le petit sourire qui se forme malgré lui sur son visage. Il se penche vers la table de chevet près de lui pour éteindre la seule lampe encore allumée dans la pièce, plongeant la chambre dans le noir. Dans l'obscurité, Kirishima s'allonge sur le côté, le visage vers l'intérieur du lit, posant sa tête sur le coussin. Le rouge sent une masse s'installer près de lui, Bakugo s'installe sur le dos et pose une de ses mains derrière sa tête. Le silence règne à présent dans la pièce, Bakugo regarde le plafond, laissant ses yeux s'habituer à l'obscurité. Chacun est dans ses pensées, Kirishima a encore du mal à réaliser qu'il est dans le même lit que Katsuki, est-ce qu'il doit tenter quelque chose ? Non, plutôt, est-ce qu'il veut tenter quelque chose ? Après tout, il s'est toujours persuadé qu'il ne se passerait rien avec le blond, d'autant plus que leur relation n'a jamais dépassé le stade de l'amitié, et Bakugo n'a jamais montré qu'il voulait plus qu'être amis. Il sort de sa réflexion lorsqu'il sent quelque chose toucher sa main, celle de Bakugo l'a effleuré avant que celui-ci ne la dégage pour la poser à côté, d'un geste assez vif, comme s'il s'était brûlé. Il ne sait pas pourquoi, mais Kirishima est pris d'une pulsion, se sentant protégé par l'obscurité ambiante, qui lui donne sûrement plus de courage que quand il est visible. Il approche doucement sa main de celle du blond et la pose dessus, avec tendresse, comme s'il ne voulait pas l'effrayer. Le rouge s'attend à entendre un cri de rage ou à ce que sa main lui revienne dans la tête, après tout, il tente un contact physique avec Bakugo. Mais contre toute attente, l'autre garçon ne fait rien, ne se dégage pas. Au contraire, il referme sa main sur celle de Kirishima, qui frissonne. Qu'est-ce qu'il se passe ? Se demande le rouge, de plus en plus étonné de la tournure des événements. Aucun des deux n'ose plus rien faire, les mains toujours enlacées. Comme pour essayer de ne plus penser à leur rapprochement, le rouge prit la parole.

- Désolé pour tout à l'heure, c'était pas du tout viril ce que j'ai fait.

Katsuki tourne vivement la tête vers son ami, qui tente de le regarder dans les yeux, les sourcils froncés.

- Qu'est-ce que tu racontes encore tête d'orties ?!

- Je... Je veux dire que ce qu'il s'est passé, c'est quasiment tous les soirs la même chose, et c'est de la faiblesse. Je sais que pleurer ou autre, ça ne fait pas de moi quelqu'un de moins masculin, mais me laisser submerger par mes émotions et ne pas savoir les contrôler, ça c'est pas viril...

Le blond ne répond pas tout de suite, essayant de comprendre le mal-être de son ami qui se confie à lui. Non seulement Kirishima a des problèmes en lien avec sa santé mentale, mais en plus, il se rabaisse car selon lui, ça l'éloigne de son objectif et de la personne qu'il veut être. Ou plutôt qu'il est, car aux yeux de Bakugo, tout ce discours n'a aucun sens, Kirishima est courageux, loyal, sympathique et toujours là pour les autres. Il est fort, drôle et sait se remettre en question. Il est le seul, avec Deku et Camille à ne jamais avoir peur de lui, à ne jamais vraiment lui reprocher son caractère, à l'accepter tel qu'il est. Quelques secondes se sont écoulées depuis la prise de parole du rouge, ce dernier commence à se dire qu'il est en train de le soûler avec ses problèmes, qu'il lui a déjà assez fait subir tout ça depuis qu'ils sont rentrés de la soirée et que le blond doit en avoir marre. Au moment où il allait s'excuser, la pression des doigts de Bakugo sur sa main se resserre. Ne comprenant pas ce qu'il se passe, Kirishima reste silencieux, la bouche entrouverte, les yeux rivés sur Katsuki.

- T'as tort, Eijiro. C'est loin d'être de la faiblesse. Tu penses que ce que te fais subir ta tête te rend moins viril, mais c'est faux. La preuve, tu continues d'avancer et de te surpasser malgré tout, et ça, c'est de la force.

Le rouge en reste bouche bée, il n'arrive pas à croire que c'est Katsuki Bakugo qui vient de lui tenir ce discours. Ses joues commencent à chauffer tandis qu'il essaie d'assimiler ce qu'il vient d'entendre. En plus, il l'a appelé par son prénom, ce qui est assez rare avec le blond.

- Bakugo...

- Tais-toi, tu vas encore dire de la merde.

Le rouge n'a pas le temps de faire quoi que ce soit qu'il sent Bakugo se relever pour s'approcher de lui. Il tient encore plus fermement sa main et met la deuxième près du visage du rouge, de l'autre côté, se plaçant presque au-dessus de lui. Une vague de chaleur se propage dans le corps de Kirishima qui a vraiment du mal à comprendre pourquoi Bakugo agit comme ça. Non pas que ça lui déplaise, mais il a l'habitude que ce dernier garde ses distances, ponctue ses phrases par des injures et qu'il ne parle que quand c'est nécessaire et jamais trop longtemps. Le visage du blond se rapproche encore un peu, pour que les deux garçons puissent enfin vraiment se voir, Kirishima rougit de plus belle tellement cette proximité le perturbe. Bakugo lui, à l'air énervé, mais pas comme d'habitude, plus une colère protectrice, bienveillante, comme s'il s'inquiétait. Il finit par reprendre la parole.

- T'es un homme vraiment viril, un futur héros, alors ne te rabaisse plus comme ça. 

KiriBaku : Accepter ces sentimentsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant