Chapitre 17

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Les filles sorties, je vais me chercher à manger puis je rentre pour les attendre. Je ne sais pas combien de jours nous allons rester ici, mais quand Hayley ira mieux nous poursuivrons, faisant un détour de quelques milliers de kilomètres pour retourner à Chicago. Qui aurait cru que Barnes était là. J'espère qui tient des registres et sait qui m'a pris ma sœur, c'est ma dernière chance. Tous ceux que j'ai pris en photographie n'ont été qu'un exutoire à ma douleur, j'ai tué aveuglement par pure vengeance. Que ferais-je s'il n'a aucune information à me donner. Je ne peux pas tuer tous les loups-garous, tous ne sont pas mauvais, Jessee ne l'est pas, Hayley est fragile et pourrait basculer en un claquement de doigt. Comme les filles ne reviennent pas, je commence à étudier le terrain, à faire du repérage sur les adresses que Fratelli m'a donné, sur la réserve pour que les filles se nourrissent. Une truffe s'insère sous mon coude, soulevant mon bras.

« Salut beauté », murmuré-je en la caressant. « Viens, on va te laver. »

Comme avec un chien, je l'entraîne dans la salle de bain, remplissant la baignoire d'eau tiède. Je la mouille avec le jet avant de mettre du gel douche dans ma main pour la savonner.

« C'est nouveau ça ? » demande Jessee, nue, entrant dans la salle de bain.

« Il n'y a pas de place pour deux, mais tu passes après. »

Jessee éclate de rire avant de déposer une bise sur ma joue.

« D'accord » dit-elle en s'asseyant sur le couvercle baisser des toilettes, regardant Hayley toute maigre une fois sa fourrure trempée.

Je la savonne, la frotte, en profite pour lui laver les crocs, avant de la rincer. Elle se secoue comme un chien avant que je n'ai le temps de l'essuyer, éclaboussant toute la salle de bain. À moitié sèche, elle a le comportement d'un chien, partant en courant, sautant sur les lits, se roulant dedans. Jessee change de peau et s'installe dans la baignoire, se laissant laver, et frictionner elle aussi, mais elle reste sage, se laissant sécher, posant sa tête sur mon épaule pendant que je la frictionne avant de reprendre sa peau humaine et de m'embrasser tendrement.

« C'était agréable, merci. »

La baignoire est un champ de ruine, l'eau est sale, le drain bouché à cause des poils, le sol et les murs de la salle de bain sont trempés. Une fois que j'ai fini de nettoyer, je les trouve allongées sur les matelas qu'elles ont déposés au sol, préparés pour que l'on finisse notre soirée. Hayley a le nez plongé dans ses livres, me regardant en souriant.

« C'était drôle. Merci. Je vais lire, je vous laisse tous les deux. Je me sens bien, pas de chaleur. » Elle pose son casque sur ses oreilles et reprend sa lecture, pendant que je m'allonge, exténué, aux côtés de Jessee. Je lui explique mon programme une fois que nous repartirons, l'itinéraire pour faire une boucle jusqu'à Chicago, la réserve de nourriture et mon plan d'attaque. La discussion bifurque sur l'après. Je ne sais pas quoi lui répondre, je n'ai aucune idée de ce que sera l'après. Après l'armée, j'avais du mal à me projeter, jusqu'à trouver un travail qui corresponde à mon état d'esprit, mais avec elles, ma vie a changé et va changer. Je ne sais pas ce que je vais faire, mais je ne peux pas rester habiter où je suis, Hayley a été repérée. Je dois déménager ou tuer les témoins. Jessee m'apporte des suggestions d'endroits où elles peuvent vivre et se nourrir, toutes impliquent des lieux isolés, comme Santa Corona. Reste le travail. Jessee n'a qu'un diplôme du secondaire, elle n'a pas fait d'étude, c'est impossible. Hayley n'a commencé l'école qu'à neuf ans, de force, pour réellement s'y mettre après la mort de ses parents, à distance, par correspondance. Elle n'a mis les pieds à l'école que pendant quelques semaines, moins de deux mois. La foule, les odeurs de tout ce monde autour d'elle, elle n'y était pas préparée. Malgré le fait que son éducation était quasi inexistante, elle avait pris goût à la lecture, notamment la philosophie, les sciences. Ses champs d'intérêt ramenaient cependant systématiquement à sa nature. Elle lisait Nietzsche pour ne s'intéresser qu'au concept sur surhomme. Les sciences l'intéressent pour les recherches sur l'ADN et la transgénèse. Hayley cherchait à se comprendre. Elle avait un discours articulé, mature, profond. Sa nature de loup lui donnait des perspectives de compréhension du monde très différentes de celles de l'humain de base de son âge. Hayley était unique.

Mon AlphaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant