Chapitre 26

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« Majesté » m'inclinais-je une fois entré dans la maison avant de jeter un coup d'œil à la maison de leur enfance.

« Arrête, mon amour. Regarde ce qu'il a fait à la maison, Jessee. Je ne veux même pas monter voir ma chambre. Il a tout enlevé, tout changé. Où sont nos photos, celles de papa et maman ?

— Je ne sais pas, Hayley. Il faudra demander aux trois connards qui était à son service. »

Je suis les filles dans la découverte de leur ancienne maison. Elles m'expliquent que les murs étaient jaune pâle, les cadrages des portes et fenêtres étaient blancs. Aujourd'hui les murs sont brun, les cadrages noirs. Le plancher est sale, crasseux, parsemé de tâches. La cuisine n'était que décorative, mais était jolie, tout a été arraché, les électroménagers probablement revendus. La chambre de leurs parents pue. J'ai déjà été dans des endroits crasseux, puants et infectes, là j'ai peur de toucher à quoi que ce soit. Les chambres des filles ont servi de défouloir à sa frustration sexuelle, la salle de bain semble sortir d'un film d'horreur. Je laisse les filles et visite tout seul avant de les appeler depuis le sous-sol. Comme moi, elles sont étonnement surprises de découvrir un endroit propre et organisé. Des étagères sont alignées, avec des dizaines de bacs en plastique. Plus surprenant encore en est le contenu.

« C'est marrant, on dirait les mêmes cachets dans le sac que j'ai récupéré à Santa Corona » dit Hayley en ouvrant un bac. « C'est pareil dans celui-ci, et celui-ci.

— L'ancien Alpha donne dans le trafic de drogue.

— Il se sert de notre maison pour vendre ça aux humains ! » s'énerve Jessee.

M'installant au bureau, j'allume l'ordinateur, mais il faut un mot de passe, le téléphone se débloque avec une empreinte digitale. Jessee me prend le téléphone des mains et monte l'escalier en courant pour le descendre quelques instants plus tard. La liste des contacts est longue, mais l'Alpha était organisé, les classant par état. Celui du Nouveau-Mexique est plutôt intéressant. Je modifie le mode de déblocage du téléphone pour le sécuriser et en donne le code aux filles. J'aimerai voir les fichiers que contient cet ordinateur, ça doit être passionnant. Hayley ouvre chaque bac, jusqu'à s'arrêter. « J'ai autre chose dans celui-là ! » crie-t-elle en sortant une liasse de billets qu'elle secoue avant d'ouvrir d'autres bacs. « Les bacs bleus, c'est de la drogue, les bacs verts, de l'argent. C'est à nous cet argent ?

— Je ne sais pas, Hayley. Le reste de la Communauté est peut-être impliqué.

— L'argent est chez nous, il est à nous. Avec ça, on pourra bâtir une belle maison, élever nos enfants, peut-être acheter des terres à côté de la forêt pour empêcher les visiteurs indésirables. »

Là, je suis un peu perdu, je croyais que les terres leur appartenaient déjà.

« Quelles terres ?

— Eh bien, celles à côté de la maison et remonter la forêt jusqu'au terre de la réserve.

— Ahhh, je croyais que tu parlais des terres d'ici.

— Mais non, celles chez nous.

— Tu ne veux pas rester ici ?

— Certainement pas. Mon territoire est là haut, chez nous.

— Mais, Hayley, tu es l'Alpha désormais » lui rappelle Jessee.

« Ouais, mais non. Tu vas accoucher ici, on va voir ce qu'il se passe avec ton bébé. Ensuite on repart. Ici, je vais désigner un Alpha qui s'occupera bien de la meute, comme papa. Moi, je ne suis venue que pour deux raisons. L'une d'elle sert de pissotière dans la rue, l'autre pousse dans ton ventre. Ma maison n'est plus ici, elle est au Nebraska. Moi, je ne peux pas vivre dans cette maison, tout ce que je vois, touche, pue cette ordure.

Mon AlphaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant