Chapitre 25

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Je ne sais pas qui est le plus curieux, elles ou moi ?

Jessee conduit tranquillement depuis que nous avons quitté le motel. Hayley est habillée d'un legging, d'un top moulant, rien qui ne gêne ses mouvements. Ses gants aux mains, le regard déterminé. Lorsque nous avons pris la route ce matin, tout le monde était étonnement calme. Tout ce qui devait être dit l'avait été, j'étais prêt comme elles l'étaient.

Quand Jessee quitta la route à la sortie de Louisville, je savais que j'entrais sur une terre peuplée de loups-garous, je serais le seul humain parmi des dizaines de monstres. La sécurité était retirée de mes armes, j'étais prêt à faire feu à tout instant. Jessee roulait lentement sur la route bordée de maisons tout ce qu'il y a de classiques, à un ou deux étages, certaines arborant le drapeau américain. En fait je ne sais pas vraiment à quoi je m'attendais. Peut-être que l'on nous observe derrière des rideaux tirés ou que l'on nous bloque la rue. Quand Jessee ralenti en voyant une femme nous saluer qui pourrait être ma grand-mère avec son gilet en laine, je pose mon bras le long de ma cuisse, glock en main et réducteur de son vissé. Je la regarde s'approcher et regarde aux alentours s'il s'agit d'une embuscade.

« Ça alors, regardez ce que le vent nous amène. Jessee Woodward !

— Bonjour, Madame Doyle.

— Que fais-tu avec un humain armé et... Hayley ? Comme tu as grandi. Tu es devenues une très belle jeune femme.

— Il est là ? » demande seulement cette dernière, sans autre forme de politesse.

« Si par « il », tu parles de notre Alpha, oui, il est là, dans votre ancienne maison. Il sait déjà que vous êtes là, il a été prévenu par les voisins.

— Forcément, votre rôle étant de nous retenir ici » grogne Hayley.

« Cela m'attriste que tu crois que j'ai quelque chose à voir dans cette obsession que l'Alpha a de vouloir te posséder. De toute façon, il va bien sentir l'odeur de l'humain sur vous deux. Je veux simplement que tu souviennes qu'il y a des lois millénaires que nous devons suivre au risque d'être rejetés par la meute ou pire. N'importe quel loup peut défier l'Alpha et nous suivons celui qui l'emporte, c'est comme ça, tu comprends, Hayley ?

— Oui » dit-elle sans détacher son regard de la grand-mère. Celle-ci l'a encore plus motivée, je n'aimerai pas à la place de l'autre. La raclée qu'il va prendre va entrer dans l'histoire de la meute. Nous avançons, roulant doucement. Des gens sortent de chez eux et nous regardent, jusqu'à ce que Jesse se gare devant une maison sur deux étages.

« C'était notre maison » dit-elle simplement.

Le comité d'accueil ne tarde pas et se dirige droit sur moi, mais Jessee sort et s'interpose dans un grognement rauque. Hayley ne bouge pas et attend son moment. Je sors de la voiture, glock dans le dos, ainsi que ma lame et mon fusil. Je ne réponds pas aux provocations, je souris même quand je vois celui que je suppose être l'Alpha sortir.

« Il paraît que tu nous cherches ? » demande Jessee en le fixant d'un regard mauvais. L'Alpha a l'air surpris que nous soyons au courant et surtout qu'elle ne soit pas intimidée.

« Quand tu t'adresses à moi, c'est avec respect » dit-il enfin, en essayant de montrer son autorité.

« Qu'est-ce que tu fous dans ma maison ? » reprend-elle sur le même ton.

« C'est la maison de l'Alpha, c'est ma maison.

— Tu avais une maison. La maison de l'Alpha est sa maison. Celle-ci ne t'appartient pas, alors tu vas dégager ton cul de chez moi.

— Je t'ai demandé de me parler avec respect ! » crie-t-il, faisant taire tous ceux présents autour de nous. C'est ce moment que choisit Hayley pour sortir de la voiture.

Mon AlphaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant