Capitulum 5

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L'étoile guide avait terminé de s'embraser, laissant derrière elle quelques derniers nuages colorés s'évaporant à l'horizon. Je devais certainement avoir déjà vu cela dans mon enfance. J'avais raté tant de choses en passant une partie de ma vie enfermée et j'en avais oublié tant d'autres.

Le froid glacial et le vide qui m'étreignaient depuis mon réveil étaient toujours présents. J'avais réussi à les oublier un peu avec cette vue merveilleuse ainsi que lors de nos activités et notre visite du château pendant la journée. Mais à mesure que le temps s'écoulait, je ressentais de plus en plus ce manque en moi.

Lorsque c'était trop prenant, j'essayai alors de me concentrer sur les conversations et les bruits de fond autour de moi afin de faire abstraction de tout cela. Cela finissait par me rendre nerveux, néanmoins. Je n'avais pas l'habitude d'avoir autant d'agitation et même si il ne s'agissait que d'une vingtaine de personnes.

La salle n'était pas pleine, mais il y avait plus de personnes que lorsque nous étions arrivés. Beaucoup s'étaient arrêtés comme moi, pour regarder la scène majestueuse du coucher de l'étoile guide.

Une ambiance chaleureuse, pleine de rires et de joie s'élevait entre les murs. Mon estomac s'était contracté de crainte en voyant le nombre de personnes arriver petit à petit, mais cela avait fini par se calmer doucement lorsque la plupart s'étaient arrêtées pour regarder le ciel.

Je me sentais encore dans l'inquiétude lorsqu'une personne non humaine venait à nous, même si elle commençait lentement à se tapir au fond de mon être. J'arrivais encore maladroitement à comprendre qu'aucun ne nous voulait de mal ici. Je ne me trouvais pas non plus dans une expérience sordide d'Handeïs.

La vue fantastique des mets dans mon assiette m'avait aussi beaucoup aidé à penser à autre chose. J'avais toujours été gourmand et la découverte de plats que nous n'avions jamais goûtés avait pris le dessus. Allen n'avait pas hésité à aller chercher autant de nourriture que nos estomacs pouvaient se permettre de digérer.

Il était bien le plus courageux d'entre nous. Lorsqu'une personne nous regardait un peu trop, il n'hésitait pas à faire comprendre d'un regard qu'il fallait s'arrêter.

Malgré ses airs angéliques, Dëizna n'était pas en reste non plus. Ses taches jolies de rousseur pouvaient peut-être le rendre plus adorable comme il le disait, mais nous le connaissions trop bien pour y croire. Il avait un fort caractère et arrivait presque en terrain conquis partout où nous passions. Cela nous inquiétait vraiment avec Neveïn. Nous ne voulions pas attirer les problèmes.

Je laissais mes pensées de côté et me concentrais plutôt sur mon repas. Quelque temps après avoir terminé un délicieux dessert à base de choux et de crème chocolatée, un homme fascinant arriva et s'assit à côté de Neveïn en l'enlaçant. Celui-ci ne manqua pas de piquer un fard à cette action d'ailleurs. Je fus en premier lieu dépité, mais les émotions lisibles de mon ami m'avaient permis de comprendre qu'il le connaissait.

Il était plutôt grand, brun avec un peu de barbe et possédait lui aussi ce regard perçant que j'avais aussi vu chez les vampires de mon rêve. Il avait l'air légèrement fatigué, mais soulagé. Le regard qu'il portait sur mon ami était chargé d'une tendresse infinie et j'avais l'impression d'y voir de l'admiration aussi.

— Je suis Maïden, enchanté petite créature, se présenta-t-il à moi.

— Je m'appelle Sinaïh, enchanté... également, bégayai-je.

L'homme me faisait forte impression. À son œillade, il était évident qu'il l'avait senti et il s'en moquait presque de ses yeux malicieux. Son attention était essentiellement portée sur mon ami et je n'eus pas vraiment besoin de me faire tout petit pour paraître oubliable. Je supposais qu'il s'agissait du vampire dont Neveïn était le saklim. Je ne voyais pas pourquoi ils seraient aussi proches sinon.

Calix HiemisOù les histoires vivent. Découvrez maintenant