Chapitre 3 - Réveil amer.

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Le réveil est brutal. À l'ouverture de mes paupières, je redécouvre quelques éclats de la lumière du jour qui ne m'enchante pas. En plus d'avoir la tête dans un étau, j'ai du mal à comprendre où je me trouve. Une chose est sûre, c'est que je ne suis pas dans mon pieu. L'autre truc, c'est que je n'y suis pas seul. Et, merde... Sans bouger dans tous les sens, j'analyse ce qui m'entoure. Lorsque mon regard se braque sur le sol, je remarque des vêtements en vrac. En me concentrant davantage, j'identifie mes fringues avant de bloquer sur ces sous-vêtements rouges. Et, malheureusement, ce ne sont pas ceux de Clara.

Dès l'instant où j'essaie de me décaler au bord du lit afin de me rafraîchir la mémoire, un poids se fait sentir sur le haut de mon épaule. Tout de suite, je me sens soulagé à la vision de ma meilleure amie. Au moins, je n'aurais pas fait n'importe quoi avec n'importe qui. Enfin, j'espère ?

— Isaac : Bien dormi, la belle au bois dormant ? la questionné-je en appuyant ma tête contre la sienne.

— Jill : Mmmh... C'est plutôt à toi qu'il faut poser la question, je crois.

Les battements de mon cœur se font plus intenses à l'entente de sa réponse. Avec ces putains de trous noirs, j'ai tendance à m'attendre au pire. Je ne suis pas réputé pour être le plus sage en soirée. Disons que la voix du démon prend les rênes sans que je l'y autorise. Et, ça, c'est problématique.

— Isaac : Bon... J'imagine que j'ai passé une bonne soirée... Dis-moi, DJ, vu tes fringues qui traînent sur le sol, est-ce qu'on a ba—.

— Jill : T'as déjà baisé ta brune aux yeux vairons, alors, n'abuse pas. me coupe-t-elle avec assurance.

— Isaac : Ouais... Ben, ouais... C'est bien ce que je me disais.

Mes souvenirs se redessinent au fur et à mesure. Avec Clara, c'était plutôt rapide, mais assez intense. En guise d'endroit tranquille, nous avons opté pour les toilettes du Paradox. Ce n'est pas le meilleur lieu, pourtant, on devait faire avec les moyens du bord. D'ailleurs, toute la clique est venue s'en foutre plein le nez pendant que je soulevais la brune aux yeux vairons. Je n'avais pas d'autre choix que de plaquer ma main contre ses lèvres pour minimiser ses couinements. Bref. Après nos petites affaires, je me rappelle qu'elle m'a invité chez elle. J'ai refusé. Pourquoi ? Bonne question. En tout cas, je dois impérativement retrouver mon tél.

— Jill : Si tu cherches ton tél. il est dans la poche de ton jean. Avec tes dix-huit grammes dans chaque œil, tu m'as demandé de te le rappeler au réveil.

— Isaac : Apte à réfléchir même dans les pires états, merci DJ. répondis-je en sortant du lit.

Avec sa dégaine actuelle, mon rire éclate. Jill est à l'aise avec son corps en toutes circonstances. Alors, quand elle me dévisage de haut en bas, nue comme un ver, je prends plaisir à lui rendre la pareille. Ceci dit, c'est un joli tableau, toujours aussi agréable à contempler.

— Jill : Qu'est-ce que t'as à te marrer encore ?

— Isaac : Rien... C'est ta façon d'être, j'aime bien.

— Jill : De toute façon, que t'aimes ou non, c'est le même tarif. me sort-elle en jetant son coussin à mes pieds.

J'attrape mon falzar et retire mon portable de la poche. Effectivement, les quelques appels manqués datent du moment où je suis parti sans prévenir qui que ce soit. Ils ont l'habitude, ils connaissent mon dégoût sans nom quand il s'agit de se justifier. Maintenant, je n'ai plus qu'à lire les "bonnes surprises" de la veille...

Sasha [2:13] : T'es où ? T'es relou.

Sasha [3:37] : Putain, t'as toujours pas fini de t'faire sucer ?

ALCHIMIE.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant