« Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer. »
Théophile Gautier
Esquivant la poigne du vampire sanguinaire, Roland enfonça son arme jusqu'à sa garde dans l'abdomen du monstre. Il répéta silencieusement l'enseignement de son maître dans sa tête. Plante. Il tourna l'arme. Maintient. Et il l'a ressortit quand son adversaire s'effondra au sol. Tue. Il essuya presque sans regarder sa dague sur la tunique du mort, dans un geste habituel et précis. Empoignant les éléments intéressants sur le corps de sa victime, le jeune chasseur retomba dans son sanctuaire.
Sa vision du monde avait été bouleversé depuis presque un an. Entraîné depuis toujours à tuer le mal pour la société, il n'arrêtait pas de se dire que ses victimes n'étaient pas toutes mauvaises. La rencontre du jeune humain Vanitas lui avait laissé une drôle d'impression. Il ne tuait pas les vampires, il les sauvait : comme si le mal avait besoin de bien. Il n'attaquait pas ces monstres, il devenait ami avec l'un deux. C'était un personnage vraiment intriguant, préférer les vampires aux humains ! Quelle idée fantastique !
Mais chaque jour, il se devait d'accomplir sa mission, il se devait de sauver Paris, il se devait de croire en ses idéaux. Ces derniers avaient pourtant changés depuis quelques temps. Et infliger du mal à un vampire semblait allait à l'encontre de ce que défendait le chasseur : comment être certain que ce dernier était un monstre, et pas un être capable de rédemption ?
Les pensées tournaient sans fin dans sa tête, un tourbillon avec aucune issue. La voix d'Astolphe lui remis les pieds sur terre, alors qu'il l'invitait à revenir à la base pour "montrer tout ce qu'Olivier a manqué, et lui dire qu'ils n'avaient même pas besoin de l'aide d'un vieux grincheux !". Le sourire de Roland commença peu à peu à revenir sur se lèvres à la simple mention du nom de son ami. De plus, le blond avait une certaine mission à accomplir pour protéger les rues de Paris.
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Les archives étaient un lieu exigu où peu de chasseurs décidaient de se rendre. L'humidité transportait une faible odeur de moisissure provenant des livres abimés. Les premiers jours de l'entrée de Roland en tant que chasseur avait suivi d'une exploration complète de son nouvel environnement (il s'était rapidement enfui du lieu qui n'était pas assez lumineux pour faire une expédition vers la cathédrale de Notre Dame). Sa petite expédition lui avait permis de repérer toutes les pièces du repaire, et de se dresser un carte mentale (il n'avait quand même pas réussi à trouver le tortionnaire qui se cachait dans ces murs, et il ne pouvait se le pardonner).
Olivier se tenait dans l'entrebâillement de la porte, la faible lumière du lieu venait caresser son visage comme s'il était béni de Dieu; si l'on avait demandé à Roland de savoir ce qu'il pensait des prophètes, il aurait répondu sans hésitations, qu'Olivier avait été choisi. Ses longs cheveux descendaient avec grâce jusqu'à sa taille, ses yeux lisaient avec attention un document, et un petit plis était apparu entre ses sourcils. Roland connaissait cette expression sur son ami, c'était celle qui indiquait qu'un nouveau mystère était présent, et que les chasseurs n'avaient aucunes solutions pour le résoudre. Même son rire semblait provenir du ciel.
Un soupir sortit brusquement le chasseur de sa transe, son ami le transperçait du regard, un air embêté sur le visage. Le blond l'avait en effet observé plus que de nécessaire, mais de son côté, l'homme aux cheveux d'ébènes avait pris son temps avant de prévenir l'autre qu'il était conscient de son examen. Une légère rougeur tachait ses joues, Roland fit semblant de l'ignorer alors que son sourire s'agrandit.
Leurs yeux se rencontrèrent et un accord tacite et secret passa entre eux : ils ne parlera pas de ce que l'autre ne voulait pas évoquer. Olivier avança le document vers son ami, en murmurant Chronos. Le choc s'imprégna sur les pupilles du premier chasseur alors qu'il récupérait le dossier, et parcourait avidement toutes les informations dessus.
Sur le rapport était écrit en noir sur blanc, qu'un nouveau vampire avait fait son apparition, un nouveau tueur. Il semblait posséder une signature vampirique particulière. Et en regardant de plus près le sceau, on pouvait clairement identifier le symbole des Archivistes. Cependant, ce dossier datait d'il y a plus de 100 ans. Les méthodes étaient les mêmes pourtant pour tuer ses victimes.
Ces vampires étaient une véritable légende auprès de la communauté humaine. Sans doute parce que c'était les seuls à avoir été capturés et exterminés jusqu'à la fin. Des livres, des comptes-rendus sur les expériences menées sur ces vampires étaient présents dans la bibliothèque. L'horreur envahissait parfois Roland lorsqu'il croisait le sourire amicale de Noé, en pensant à tout ce que les siens avaient fait.
"- Roland, pourquoi tu t'intéresses autant à cette histoire ? Pourquoi tu l'as fait traînée ? On sait qui est le coupable, un Archiviste. Et on sait aussi qui est le seul Archiviste !
- On n'en est pas encore certains ! Les registres n'ont pas consigné son existence, alors pourquoi n'existerait il pas un autre survivant de ce clan !
- Tu n'as aucune preuve ! Comment peux-tu encore l'affirmer ?" les dossiers commençaient à voler alors que les deux hommes se rapprochaient et que leur colère s'agrandissait.
"Moi, au moins j'affirme ce que je pense et ce que je suis." S'écria Roland, son cœur martelait si fort sa poitrine qu'il s'étonnait qu'Olivier n'entende rien. Le silence était pensant dans l'air. Une expression profondément blessée habitait le visage de son ami, ses mains s'étaient rapprochées de sa poitrine comme pour se protéger, ses yeux étaient baissés incapables de croiser le regard du blond.
Roland voulait retirer ce qu'il avait dit et se rapprocher d'Olivier pour le consoler, mais ce dernier c'était déjà enfui du lieu. Une chaise renversée seule témoin de son passage aux archives.
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Soudain, un dernier rappel de sa leçon lui revint en mémoire. Vérifie. Muni d'un mauvais pressentiment Roland s'élança vers le monstre qu'il avait tué. Un haut-le-cœur souleva sa poitrine au moment où il arriva, la scène était devenu un véritable carnage. Au milieu de la ruelle insalubre gisait le corps décapité, le sang frais tombant encore des murs.
Au sol en face du jeune chasseur, une signature avait été laissé. Chronos scintillait en lettre écarlate sur le parvis de de l'église. Un rire cruel fut la dernier chose que Roland entendit avant de s'effondrer, et de perdre le sens de la réalité pour se plonger dans son passé.
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Les souvenirs d'un Archiviste
FanfictionUn monstre sévit avec violence dans les rues de Paris. Personne ne semble échapper à son piège quand il vous tient. Pourtant, Mikhaïl semble s'en être sorti, et a réussi à se réfugier à l'hôtel occupé par son frère. Accompagné de son équipe et de No...
