"Et si je ris de toutes ses choses en bas, c'est afin de n'en pas pleurer."
Lord Byron
Depuis quelques jours déjà l'escroc semblait nerveux. Ses actions étaient désordonnées, et réalisées avec plus de précautions : il y avait un truc qui n'allait pas avec lui, et il n'arrivait pas à mettre le doigt sur cette fichue chose. Les évènements allaient vraiment mal en ce moment, et il ne pouvait rien y faire.
Il avait entendu des rumeurs qui courraient à propos de ses voisins vampires, rumeur étayé par un article dans un journal réputé de l'Altus, et, il n'avait jamais été aussi effrayé qu'à ce moment. Le monde humain était déjà assez déstabilisée par ces successions de gouvernements incessantes (il était jeune, et pourtant il avait plus de coups d'état, et de prises de pouvoir qu'il ne fallait en deux vies), une simple menace de la part des vampires et tout tomberait comme un château de cartes.
Et, il ne voulait pas voir son monde s'écrouler maintenant, pas quand il était aussi magnifique qu'à l'instant. Les gens pouvaient bien haïr les vampires en raison de leur nature, ils ne pouvaient nier les progrès qu'ils avaient obtenus depuis leur arrivée. La mentalité d'un Parisien lambda avait considérablement évoluée grâce au passage vers l'Altus. Les échanges fréquents avec l'autre côté avaient permis de faire évoluer les mœurs de la société. L'amour avait notamment changé.
Le recueil de poèmes Les Fleurs du mal de Baudelaire avait ainsi gagné son procès en 1857, les poèmes n'étant plus jugés comme outrageux aux bonnes mœurs. S'il était toujours mal vu par ses paires de voir deux jeunes filles se tenir le bras pour décider, ou s'-échanger un baiser secret derrière un éventail de soie, cet amour était désormais autorisé par le gouvernement et la société (on ne risquait plus l'emprisonnement, voir l'exécution).
Dante sourit de nouveau en imaginant les progrès à venir pour les prochaines générations. Il se reprit rapidement, en se rendant compte qu'il s'était arrêté au beau milieu de la rue, les poings sur les hanches et le regard vers l'immense ciel bleu de Paris. Tout les passants commençaient à le dévisager bizarrement, et à cacher leurs enfants de lui.
Et alors qu'il ramena sa tête vers le sol pavé, il se remémora la raison de sa venue à l'hôtel Chouchou : une visite bien peu plaisante selon lui.
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L'hôtel Chouchou était toujours, et bien, l'hôtel Chouchou était toujours le même ouvert pour tout les vampires ayant besoin d'un abris, et fermé pour tout les ennemis d'Orlock. Le dhampire ne fut pas étonné de voir Vanitas lire un magazine sur un des immenses canapés à l'entrée du lieu, près des couloirs conduisant aux chambres. Ses yeux épluchaient avec véracité chacun des articles. Murr se trouvait en bas du canapé, assis confortablement tel une sorte de roi, ou comme s'il était le maître du domaine. Aux côtés de l'humain reposait le vampire aux yeux violets, il prenait l'autre espace du canapé, et avait posé sa tête négligemment sur les épaules de Vanitas dans l'espoir de lire un bout du journal.
L'héritier du vampire de la Lune bleue n'avait même pas bronché à cela et avait juste continué à lire tranquillement. Et Dante parvenait même à distinguer un soupçon de sourire sur ses lèvres. Se mettant de dos à la scène paisible qui se déroulait, l'humain exerça rapidement un signe de victoire avant de se remettre dans une position normale et de signaler sa présence.
À peine l'avait-il fait qu'il aperçut de nouveaux visiteurs : la sorcière incendiaire, l'héritière des Sade, et le gamin qui avait faillit causer leur mort à tous au Gévaudan. Il s'en voulut un instant de perturber leur bonheur, avant de se décider à accomplir sa mission.
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"- Comment ça vous n'en savez rien ? L'escroc, toi qui es toujours dans les mauvais coup, tu n'essayerais pas de me faire marcher ?
- Le chauve, j'aurai été plus drôle dans ma blague que ça ! Mais, c'est quoi cette histoire ?
- Vous n'êtes pas au courant ? C'est pas possible ! Les vampires que je connais ne cessent d'en parler pourtant ! On est à l'aube d'une guerre, vous êtes les seuls à pouvoir enquêter dessus, et vous ne possédez pas toutes les informations ! Le Chronos que vous cherchez, il semblerait que ce ne soit pas un vampire. C'est la Gazette du vampire qui l'a annoncée depuis quelques jours, suite au compte-rendu du Sénat.
- C'est un vampire et on le sait très bien. intervint la voix à peine maîtrisée de Mikhaïl, ses yeux brûlaient de colère.
- Et bien parlez en à Lord Rutheven ! Il semble qu'il pense différemment. Demandez à son bourreau, comme vous l'avez sous le bras, pour vérifier ! la jeune vampire aux cheveux roses s'approcha immédiatement de Dominique et prenant ses mains dans les siennes se mit à jurer qu'elle ignorait tout de cette histoire, et que Rutheven n'en avait jamais fait mention.
- Vous ne m'écoutez pas ! J'ai gardé de notre entrevue des morsures, et Chloé des souvenirs malheureux ! Même les chasseurs savent qui est le responsable de cet acte !" ajouta-t-il en pointant du doigt Noé. Soudain le petit garçon couvrit sa bouche en regrettant amèrement ses paroles lorsqu'il vit le visage de son frère se décomposer.
Les yeux de Dominique s'écarquillèrent en apprenant la nouvelle, ses jambes ne la portaient plus, et elle se laissa tomber dans les bras de Jeanne. La bourreau semblait profondément inquiète, mais ne savait pas quoi faire en même temps. Une jeune femme s'approcha de la vampire évanouie, un verre d'eau à la main. Ses cheveux blancs s'agitaient merveilleusement grâce à la légère brise au sein de l'hôtel, on aurait dit un ange. Le visage de Jeanne s'illumina en la voyant, et elle la remercia chaleureusement en récupérant la boisson.
De son côté, Dante n'avait jamais vu une telle expression sur le visage de Noé : il paraissait être ravagé par le plus grand des chagrins. Il n'arrêtait pas de trembler, et de regarder ses mains dans l'espoir de trouver un indice prouvant le contraire des affirmations de Mikhaïl. Mais il n'y avait rien sur ses paumes qui ne puisse prouver son innocence. Et il parut aux yeux du dhampire, que le jeune homme tentait de trouver un alibi; mais il ne connaissait que trop bien la réponse à ses tourments : il n'avait aucun élément prouvant sa non culpabilité.
Et il lui parut, que le vampire avait atteint la même conclusion, si l'on croyait son regard perdu. S'il devait être honnête, Dante aurait avoué avoir été sous le choc, il pensait Noé incapable d'une telle chose. Mais après tout, il ne connaissait le vampire que depuis quelques mois.
Alors que Vanitas sortait de sa transe, se levait avec brusquerie, se mettant devant l'Archiviste (une main placée entre lui et l'espace vide à ses côtés, l'autre reposant sur son cœur), et commençait à défendre son ami, une voix se fit entendre depuis le couloir. Ses échos résonnaient dans tout l'étage, elle était ombrageuse et remplie de colère, ce n'était qu'en entendant les paroles que l'on pouvait comprendre que ces accents étaient dû à des chagrins inexprimés.
"Où se trouve le vampire Noé Archiviste, propriété du comte de Saint Germain ? alors que le gérant de l'établissement tentait d'expliquer à Olivier qu'il ne pouvait pas dévoiler l'identité de ses clients, le chasseur reprit.
Même si votre client se trouve être un dangereux criminel, au nom de Chronos ? Noé Archiviste est en état d'arrestation pour le meurtre de 114 individus humains, voici mon ordre de mission de la préfecture de Paris, et, cet homme est aussi accusé d'être -sa voix se brisa en cet instant- le responsable, pour la disparition et la présomption de meurtre en la personne du chasseur Roland Fortis."
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Les souvenirs d'un Archiviste
FanfictionUn monstre sévit avec violence dans les rues de Paris. Personne ne semble échapper à son piège quand il vous tient. Pourtant, Mikhaïl semble s'en être sorti, et a réussi à se réfugier à l'hôtel occupé par son frère. Accompagné de son équipe et de No...
